‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 41 sur 112 · Lettre do Mer d'IIulst à Mer Panicci, 3 décembre · texte numérisé non relu

Lettre do Mer d'IIulst à Mer Panicci, 3 décembre

l'école de théologie F7

Mais les matières de l'enseignement de l'Ecole théologique seraient distribuées de telle façon que les clercs qui y viendraient avec la permission de leur évèque ou de leur supérieur pour y faire leur cours complet, pussent voir l'ensemble de la théologie dans l'espace de quatre ans.

LL. EE. les cardinaux Guibert et de Bonnechose furent priés de faire parvenir à Rome les observations de l'assemblée. Ils s'acquittèrent de leur mission par une lettre du 10 février suivant.

Ils établissaient devant la sacrée Congrégation des Etudes que la solution donnée clans l'affaire de la Faculté théologique de Lille ne pourrait, sans de très graves inconvénients, se généraliser, les conditions des autres Universités n'étant point les mêmes que celles de l'Université de Lille, qui ne compte que deux diocèses dans sa circonscription. Ils se prononçaient ouvertement, au nom de leurs collègues, pour le système déjà pratiqué, de l'enseignement supérieur à deux degrés, et ils suppliaient la Congrégation de laisser faire l'expérience des deux systèmes, et de ne point modifier celui qu'ils avaient adopté pour Paris (1).

La Congrégation des Etudes ne trouva rien à redire à cette façon d'agir et elle laissa faire l'expérience demandée.

Nous verronsplus tard ({d'elle consacrera le système parisien dans le texte des nouveaux statuts qu'elle rédigera en 1895, lorsque l'Ecole de théologie, ayant grandi, fera place à une triple Faculté.

Leurs Eminences avaient profité de cette lettre au cardinal di Luca pour justifier les séminaires français des reproches exagérés et immérités qui leur avaient été

1. Lettre do LL. EE. les cardinaux Guibert et de Bonnechose au Préfet de la S. Congrégation dos Études, 10 février 1883.

faits dans un des documents soumis à la Congrégation des Etudes à propos de l'affaire de Lille. Les reproches, dont l'allégation avait été réputée fondée, avaient laissé en effet dans l'esprit des cardinaux, membres de la Congrégation, une impression fâcheuse sur l'état de nos séminaires français, et il était important de la combattre et de la détruire (1).

La principale raison de la préférence des évoques pour renseignement à deux degrés était leur désir de ne pas toucher à l'organisation de leurs séminaires diocésains, et de ne modifier en rien, même pour un petit nombre de clercs, les conditions traditionnelles de la préparation aux saints ordres.

A Lille, le système d'un enseignement supérieur à un seul degré s'imposait. Jamais, en effet, la Faculté ne pouvait réunir un contingent suffisant d'élèves, si chacun des deux séminaires diocésains se bornait à lui envoyer quelques sujets après le cours ordinaire de leurs études. Or, une Faculté sans auditeurs, comme l'écrivait le secrétaire de la Congrégation des Etudes à l'évêque d'Arras, ne serait qu'un simulacre : facultas theologica remous auditoribus non slt nisi nudum simulacrum. D'où la nécessité d'envoyer de chaque diocèse à la Faculté un nombre suffisant et régulier d'étudiants pris dans les séminaires.

Mais pour Angers, Toulouse, Lyon, qui comptaient respectivement douze, quinze et vingt-six diocèses, et surtout pour Paris, qui en comptait trente-deux, il en allait tout autrement.

Ce fut donc au système de l'enseignement à deux degrés que s'arrêtèrent définitivement les Ecoles ou Facultés de théologie fondées à Paris, à Lyon, à Angers, et à Toulouse.

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