‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 42 sur 112 · Assemblée générale, séance du 24 janvier · texte numérisé non relu

Assemblée générale, séance du 24 janvier

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Les étudiants, déjà prêtres ou sur le point de le devenir, ayant parcouru, dans leurs séminaires respect ifs, le cycle des éludes ordinaires, iraient ensuite à l'Université passer deux ans pendant lesquels ils reverraient plus à fond une partie des matières déjà vues par eux, et seraienl inities à des méthodes de travail plus scientifiques et plus personnelles.

La distribution de l'ensemble des études théologiques l'ut cependant maintenue pour une durée de quatre ans, conformément aux statuts édictés par Rome. Les étudiants qui fréquenteraient les cours avec la permission de leur évêque ou de leur supérieur et l'autorisation du recteur (1), sans avoir fait d'études préalables dans un séminaire, pourraient donc parcourir, en ce laps de temps, le cycle complet des questions théologiques.

Il s'est trouvé, en effet, à l'Institut de Paris, quelques élèves de cette dernière catégorie, mais c'est le très petit nombre, et l'enseignement h deux degrés, sans être exclusif, reste la règle commune.

Aux raisons qui avaient dicté ce choix aux fondateurs, et auxquelles les traditions suivies à Rome avaient peine à se plier, vinrent bientôt s'ajouter les encouragements d'hommes éminents de la France et de l'étranger. Ils se trouvèrent d'accord pour louer dans cette conception un caractère d'opportunité répondant aux nécessités du temps et du pays.

Enfin une dernière confirmation vint du concert spontané des premiers professeurs de l'Ecole, qui, choisis dans des milieux fort différents, furent néanmoins, dès les premiers jours, unanimes sur le plan à suivre (2).

1. De speciali licentia sui Ejiisrn^i et expressa venia Rectoris Univer-

sitati*.

2. Extrait d'un rapport du P. Jovene à la séance solennelle du 1er juillet 1882.

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« Ce système d'ailleurs est-il si nouveau ? Nous ne le croyons pas. Il parait bien que c'était celui de l'ancienne Sorbonne. On n'arrivait à la Faculté de théologie qu'après trois années d'études préliminaires faites dans les collèges particuliers (1). »

Son champ d'action une fois bien délimité, l'École théologique se mit à l'œuvre avec ardeur et confiance. Elle venait bien à son heure. Elle répondait à un besoin urgent, et elle avait conscience de sa mission.

Elle comprit quel rôle important la science sacrée est appelée à remplir dans une société où la science profane exerce sur les esprits un prestige fascinateur; et elle s'appliqua, dès le début, à accommoder ses méthodes de recherche el d'exposition aux besoins de la pensée contemporaine .

Elle chercha à fondre dans une juste mesure la méthode scolastique, léguée parles anciennes Universités, dont la rigueur et la précision ne laissent pas de faux-fuyant aux subtilités de l'hérésie, et la méthode positive, enrichie de toutes les découvertes des sciences de la nature, des langues et de l'histoire, qu'elle fit servir à l'ornement et à la défense de la vérité chrétienne.

Elle s'attacha h établir que les Abrités religieuses et les principes de la philosophie s'accordent avec les données positives de la science expérimentale.

Sur tous les terrains scientifiques elle se porta audevant des objections, afin de les démasquer et de soustraire la jeunesse à la dangereuse fascination qu'elles exercent sur elle.

Sans négliger l'histoire et la critique des vieilles erreurs, elle réserva la plus large place aux erreurs modernes, persuadée que les ennemis les plus à craindre

1. Paroles de Mgr Richard, archevêque de Larisse. Assemblée générale du 24 janvier 1883.

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sont les ennemis vivants, et disposée àimiteren cela les Pères et les docteurs de l'Eglise, dont les éerits portent l'empreinte visible des luttes doctrinales particulières à leur temps.

Elle reprit l'étude de tout le dogme et de toute la morale, les examinant par leurs sommets, et en approfondissant les sources.

Pour former les étudiants à des habitudes de travail personnel, elle les mit en contact direct avec les grands théologiens et leur apprit à chercher dans les saints Pères l'équivalent anticipé des formules scolastiques.

L'École de Paris fut la première, en France, à rédiger un programme proprement dit pour la maîtrise en théologie. Les professeurs chargés de ce soin, le R. P. JoAene, l'abbé Martin, l'abbé Duchesne et l'abbé d'Hulst, apporlèrcnt à cette rédaction l'attention la plus ATigilante. Aussi recueillirent-ils tout de suite des témoignages de haute sympathie en Italie et en Allemagne, de la part des personnes les plus compétentes et des revues théologiques les plus estimées, celle de Tubingue, par exemple, et celle d'Insprûck (1).

Cependant l'expérience amena peu à peu à reconnaître que leur programme, conçu dans un généreux élan pour le relèvement des études théologiques, Avisait trop haut, et qu'il était de nature, par ses difficultés mêmes, à décourager et à éloigner les candidats.

Et de fait, dans la première période qui s'écoula de 1878 à 1895. l'Ecole ne reçut (pie trois docteurs : M. l'abbé Tixeront, prêtre de Saini-Sulpice, qui présenta une thèse sur les origines de l'Eglise d'Edesse et la légende d'Agbar ; M, l'abbé Loisy, et M. l'abbé Ermoni, prêtre de la Congrégation de la Mission.

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