‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 46 sur 112 · Il était de 39 en 1890, de 31 on 1892. de 22 en · texte numérisé non relu

Il était de 39 en 1890, de 31 on 1892. de 22 en

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réunions mensuelles et qui est fréquentée surtout par des philosophes étrangers.

Dès 1881, l'Institut installa une bibliothèque spéciale de théologie. Grâce à un premier fonds d'ouvrages qui provenait des débris de la bibliothèque de l'archevêché sauvés du sac de 1830, et à une assez importante dépense faite à cette occasion, la bibliothèque offrit tout de suite un outillage scientifique aux travailleurs qui s'y donnèrent rendez-vous soit de l'Institut, soit du dehors.

L'École établit aussi de bonne heure entre ses élèves des concours sur la théologie dogmatique et l'Ecriture sainte, puis sur l'histoire ecclésiastique et les langues orientales ; et elle les obligea à participer, sinon à tous, du moins à quelques-uns d'entre eux.

Elle voulait accoutumer par là les étudiants à la composition personnelle, exercer leur intelligence sur les notions accumulées dans leur mémoire et leur faire acquérir plus de clarté et de précision dans les idées.

Les efforts tentés pour répondre aux besoins de la situation attirèrent bien vite sur l'Ecole l'attention et la bienveillance du public. Ses premiers succès, en donnanl satisfaction aux évoques, les engagèrent à compléter le personnel enseignant et à créer de nouvelles chaires.

Elle avait débuté, comme nous l'avons déjà dit, avec quatre cours : le cours de théologie dogmatique, professé par le P. Jovcne ; le cours d'histoire ecclésiastique, par M. l'abbé Duchesne ; le cours d'Écriture sainte, par M. l'abbé Martin, qui donnait aussi aux étudiants des notions de syriaque et d'hébreu ; et le cours de philosophie, par le P. Bayonne.

Nous pourrions y rattacher le cours d'apologétique, fait par l'abbé de Broglie, qui était alors compris parmi les cours de l'enseignement littéraire.

Dans leur réunion générale du 2 avril 1880, les évoques

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fondateurs avaient décidé la création d'une deuxième chaire d'Ecriture sainte, création qui fut cependant ajournée, faute de maitre compétent, et celle d'une chaire de droit canonique. A la rentrée d'octobre, ce dernier enseignement était inauguré par M. l'abbé Gasparri, jeune prêtre romain, docteur en théologie, en droit canonique et en droit civil, ancien professeur de théologie sacramentairc à l'Apollinaire et de droit canonique à la Propagande. Il allait rester titulaire de cette chaire, et y professer, avec une rare distinction, pendant dixsept ans, pour être ensuite appelé aux situations les plus éminentes que lui vaudrait son mérite.

En octobre 1881, le R. P. Largent, de l'Oratoire, aussi bon théologien qu'érudit et fin lettré, oiwrait un cours de patrologie ; et M. l'abbé d'Hulst, recteur, inaugurait un cours libre de philosophie destiné aux étudiants de toute catégorie et aux hommes du monde.

On Aroyait donc déjà, dans cette Ecole naissante, poindre, comme sous une poussée naturelle, tous les éléments embryonnaires, qui devaient se transformer, avec le temps, en un enseignement complet dans toutes les branches de la philosophie, de la théologie et du droit canonique.

Après la démission du R. P. Bayonne (1879) et le court passage de son successeur, M. l'abbé Galtier, le Aaillant P. Jovene partagea avec son confrère, leR. P. Le Tallec, l'enseignement de la théologie dogmatique, qui se trouva ainsi dédoublé, et lorsqu'il succomba sous le poids du travail (1882), il fut remplacé sur la brèche par un autre membre de sa Compagnie, le R. P. Baudier. Le R. P. Le Tallec fut lui-même relevé en 1886, par son confrère, le savant P. Auriault ; et le R. P. Baudier céda sa chaire, en 1891, au R. P. Terrien. En de telles mains l'orthodoxie était en sûreté.

Tandis que la théologie prenait son essor clans des cours aussi brillants que solides, le besoin d'un enseignement canonique se faisait de plus en plus sentir, et Rome n'omettait aucune occasion de le réclamer. Le recteur demanda donc au conseil des évêques, au mois de juillet 1881, de constituer une Ecole de droit canonique distincte et détachée de l'Ecole de théologie.

Cette demande ne put être accueillie à ce moment : mais, dès le mois de novembre 1882, les évoques autorisèrent dans la section de droit l'ouverture d'un cours mixte de droit romain et français, à l'usage des étudiants en droit canonique. Ce cours fut confié à M. Connelly, doyen de la Faculté de droit.

L'enseignement canonique se rapprochait ainsi du type traditionnel des Universités romaines, où l'on a toujours enseigné la législation Justinienne, et prenait en môme temps un caractère spécial, approprié aux besoins de la France du xixe siècle (1).

Si la section de droit canonique continuait à n'avoir qu'un seul maître, la pensée de constituer une école distincte n'était pourtant pas abandonnée.

On préparait à Rome un second professeur, M. l'abbé Boudinhon. français, docteur en théologie et en droit canonique, qui s'adonnait aux recherches de l'érudition et à la pratique des affaires au Studio de la Congrégation du Concile (2).

M. l'abbé Loisy, hébraïsant précoce, qui. étant encore lui-même assis sur les bancs, avait fait en 1881 à ses confrères, à défaut de professeur, le cours d'hébreu, et l'avait continué comme maître de conférences, commença en 1883 un cours d'exégèse de l'Ancien Testament, sur

1. Rappori do Mgr dTïulst, juillet 1882. ± Rapport do .Mgr d'Hulst, janvier 18S3.

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le texte hébreu, et y ajouta, en 1886, un cours d'assy— riologie.

M. l'abbé Martin, dont la santé fléchissait sous le poids des fatigues, dut renoncer en 1 S8G à son cours de syriaque. L'Ecole de théologie s'attacha, pour le remplacer dans cet enseignement, M. l'ahhé Graffrn, docteur en philosophie et en théologie, diplômé de l'Université d'Insprûck pour les langues orientales. Le jeune maître soutint la réputation de son prédécesseur, en donnant au puhlic, quelques années plus tard, le premier volume d'une patrologic syriaque qui fit grand honneur à la science française.

Enfin l'histoire ecclésiastique, déjà si brillamment représentée par M. l'abbé Duchesne, qui tournait le fort de son activité vers l'étude des antiquités chrétiennes, s'était encore accrue, depuis 1882, d'un second cours, professé par le R. P. Largcnt, en remplacement de son cours de patrologic.

Ainsi l'enseignement s'était rapidement développé, sur un plan méthodique, et, en moins de dix ans, il formait un tout assez complet pour que l'Ecole pût, sans présomption, se présenter à Rome et solliciter sa consécration officielle.

En raison du trouble profond apporté à l' Universiténaissante par la loi du 18 mars 1880, les évoques avaient dû abandonner, pour un temps, la poursuite de son institution canonique, et même celle de l'École de théologie. Mais en attendant qu'on pût reprendre la question, ils avaient sollicité de la Congrégation des Éludes plusieurs permissions relatives h la collation des grades.

Pour la théologie, ils avaient obtenu deux rescrits datés du 9 juin 1870 et du 15 avril 1880, qui permettaient, pour un an. de conférer le baccalauréat et la licence; puis un autre resent, du 7 juin 1881, qui re-

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nouvelait la même permission pour dix ans et y ajoutait celle de conférer le doctorat ;

Poiu' le droit canon, un décret du 7 juin 1881, qui accordait, pour deux ans, la permission de conférer le baccalauréat et la licence ; puis un rescrit du 21 juin 1884, renouvelant la même permission pour dix ans avec la faculté de conférer même le doctorat.

Quant aux grades de philosophie, l'Ecole, aATant d'obtenir le pouvoir de les conférer, rencontra à Rome beaucoup de résistance.

Le conseil des évoques avait décidé, dans sa session de juillet 1882, de solliciter du Saint-Siège, en sa faveur, la permission de conférerai! moins le baccalauréat en philosophie. L'Ecole ne comprenant encore aucun enseignement philosophique selon l'esprit et les principes scolastiques, la demande n'aboutit pas. En novembre 1887, les évoques la renouvelèrent, mais sans plus de succès, et toujours pour le même motif. Ce fut seulement en 1889, après la création d'une chaire spéciale de philosophie, que la Congrégation des Etudes consentit à accorder cette permission, et, comme nous le dirons plus tard, en 1890 que furent conférés les premiers diplômes d'auditeur en philosophie.

Ces induits de Rome pour la collation des grades ne pouvaient s'appliquer qu'aux étudiants résidants et sui- ATant assidûment les cours.

Sur les instances de plusieurs de ses membres, l'assemblée des évoques, en vue de favoriser le travail individuel d'un certain nombre de prêtres laborieux, qui désiraient occuper leurs loisirs a de sérieuses études. avait adopté, en 1881, le principe de la dispense de l'assiduité au cours, et, comme conséquence, l'admissibilité aux grades sans autre condition que l'examen. Une commission prise dans son sein avait été chargée de pré-

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