‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 47 sur 112 · I. 'ÉCOLE DE THÉOLOGIE · texte numérisé non relu

I. 'ÉCOLE DE THÉOLOGIE

parer un programme. Elle y fit entrer, pour le grade de lectorat, deux examens et une série de compositions écrites, faites à, l'avance et de distance en distance, sur des sujets dogmatiques, scripturaires ou historiques désignés par l'Ecole.

Mais jamais Rome ne se prêta à ce genre de combinaisons et elle exigea invariablement l'assiduité aux cours pour la licence et le doctorat.

A mesure que renseignement s'organisait et que les chaires se complétaient, le désir d'obtenir l'institution canonique renaissait toujours plus vif.

Lorsque les évoques, au début de l'Ecole, avaient sollicité cette institution, Home avait répondu que la théologie ne devait pas être séparée des autres Facultés, et que c'était à l'Université tout entière que devait s'adresser l'institution canonique. Un peu plus tard, en face de la difficulté des temps, Rome consentit à séparer pour Lyon le sort de la Faculté de théologie de celui des autres Facultés. C'est alors que les évoques fondateurs de l'Institut de Paris songèrent à solliciter de leur côté la même faveur.

On était en novembre 1886. La Faculté officielle de la Sorbonnc n'existait plus. Elle avait été supprimée sinon en droit, du moins en fait, par voie budgétaire. Au mois de janvier 1887, les évoques s'adressèrent donc à Rome par le ministère de .Mgr Richard, archevêque de Paris. Ce prélat remit aux mains du Préfet de la Congrégation des Etudes la demande d'institution canonique, avec un mémoire latin, où étaient résumés l'histoire de la création de l'Ecole, ses statuts, son organisation actuelle et la statistique des grades déjà conférés par elle.

On ne doutait pas du succès. Cependant la réponse envoyée le 2 juillet suivant fut encore négative.

Le secrétaire de la Congrégation s'exprimait d'ailleurs

en termes très flatteurs pour l'Ecole. Il était persuadé qu'elle était appelée à devenir la grande Ecole théologique de France ; mais pour la mettre à même de rendre les services qu'on en attendait, il formulait une série de desiderata, qui semblaient moins des amendements aux statuts qu'une conception toute différente de celle qui avait présidé à son organisation, et qui aurait eu comme type les études philosophiques telles qu'on les fait à la Minerve avec Aristote et saint Thomas pour textes. La principale préoccupation du Saint-Siège, à ce moment, paraissait se tourner du côté de l'enseignement de la philosophie, envisagée comme base de l'enseignement théologique.

Toutefois le système de renseignement à deux degrés n'était plus combattu comme dans les documents antérieurs venus de la même source, et l'on pouvait dès lors le considérer comme accepté (1).

Sans se rallier entièrement aux vues du secrétaire de la Congrégation, l'assemblée des évèques décida que les études philosophiques seraient poussées avec vigueur à l'Institut, qu'on établirait tout d'abord un baccalauréat de philosophie et qu'on y créerait ensuite une Faculté spéciale ; puis elle renouvela sa demande d'institution 2).

Les négociations entamées avec le cardinal Zigliara, préfet de la Congrégation des Eludes, se poursuivirent pendant toute l'année 1888.

En janvier, Son Eminence le cardinal Richard et le recteur, Mgr d'Hulst. se rendirent à Rome.

Les évèques persistaient à demander le maintien de l'École en la forme primitivement adoptée : la Congrégation, au contraire, revenant sur la concession faite à

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