‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 48 sur 112 · Assemblée des évèques, 16 novembre · texte numérisé non relu

Assemblée des évèques, 16 novembre

l'école de théologie 103

Lyon, insistait pour que renseignement du dogme eût la forme d'un commentaire de saint Thomas, comme h la Minerve.

Pour donner satisfaction à certaines observations de la Congrégation, les évoques acceptèrent de créer une chaire de philosophie scolastique ; et, en effet, à la rentrée d'octobre, le cours fut inauguré par le R. P. Bulliot, de la Société de Marie, dont Mgr d'Hulst avait constaté les remarquables aptitudes.

Us décidèrent aussi qu'un programme de philosophie serait rédigé, qui permettrait aux élèves des grands séminaires de prendre le grade de bachelier et les initierait à l'étude de la philosophie thomiste.

Ils firent de nouveau représenter à la Congrégation par Son Emincnce le cardinal Richard, qui se rendait encore à Rome au printemps de 1889, que les statuts généraux de l'Ecole de théologie comprenaient un ensemble dont la réalisation ne pouvait être que successive ; que la Faculté de philosophie était à peine ébauchée, que l'établissement du baccalauréat en marquait le premier degré, que la création d'une chaire de philosophie était un acheminement vers le second degré, ou la licence ; et que le troisième degré, ou le doctorat, viendrait pins tard ; et qu'un jour, qui n'était pas éloigné, l'École comprendrait, suivant les désirs de Rome, une Faculté de philosophie, une de théologie et une de droit canon.

Cette fois, les objections tombèrent d'elles-mêmes et l'institution canonique fut concédée.

L'érection de l'Ecole en Faculté eut lieu sans modification appréciable des statuts. Le décret, préparé en assemblée générale de la Congrégation des Evêques et Réguliers, le 30 septembre 1889, fut sanctionné par le Saint-Père le 15 octobre et suivi, le 18 décembre, d'un

bref pontifical. C'est la forme la plus solennelle que puisse revêtir une approbation de ce genre.

Cette résurrection d'une Faculté catholique de théologie à Paris était l'inauguration d'une ère nouA^elle. « Ce que le clergé de France désirait depuis longtemps, ce que les pouvoirs publics, à différentes époques et sous les régimes les plus divers, avaient essayé d'obtenir, une renaissance de l'ancienne Sorbonne, rajeunie et vivifiée au souffle du pur esprit catholique, voilà ce que désormais on pourra trouver à Paris, pourvu qu'on vienne le chercher dans cette enceinte (l). »

Animée par une si flatteuse récompense de ses premiers efforts et par les encouragements partis de si haut, la jeune Faculté se remit donc à l'œuvre avec une ardeur toute nouvelle.

La perte douloureuse qu'elle éprouva en 1890, en la personne de son très savant professeur d'Ecriture sainte, l'abbé Martin, fut heureusement adoucie par la nomination à cette même chaire de M. l'abbé Algouroux, prêtre de Saint-Sulpice, déjà fort connu par ses publications exégétiques et dont la réputation n'allait cesser de grandir, grâce à des travaux toujours plus considérables.

La position de la Faculté, au point de vue strictement scientifique, était, il faut le reconnaître, fort délicate. Elle se trouvait placée entre deux courants opposés l'un à l'autre.

D'une part, des habitudes routinières et une insuffisance d'esprit critique qui étaient de nature à jeter le discrédit sur la science catholique ; d'autre part, une

Page 1