‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 49 sur 112 · I.'ÉCOI.E DE THÉOLOGIE · texte numérisé non relu

I.'ÉCOI.E DE THÉOLOGIE

passion d'innover que rien n'arrêtait et qui semblait

prendre toute agitation pour un progrès.

Entre deux tendances si contraires, il fallait procéder avec un prudent éclectisme, pour arriver à s'établir en équilibre dans un juste milieu également distant de tous les excès. La tentative, si nécessaire qu'elle fût, n'en restait ni moins difficile, ni moins périlleuse.

Ne risquait-on pas, en se tenant dans la plus sage mesure, de s'attirer des critiques des deux côtés? N'allaiton pas effaroucher les partisans de l'immobilité, tout en ne marchant pas assez vite au gré des impatients ?

Quoi d'étonnant si les premiers coureurs touchèrent parfois la borne du stade? Vix deum nunquam insanirc lice t.

Ce furent d'abord certaines hardiesses de critique historique, relatives à l'apostolicité des Eglises de France, qui heurtèrent douloureusement d'antiques et vénérables traditions locales.

L'émotion fut vive, les polémiques passionnées, et un instant, la Faculté put craindre que le zèle de quelquesuns de ses membres à fouiller les origines ne tarit les sources de son recrutement ecclésiastique.

Ensuite la préoccupation, fort louable en soi, de trouver, pour l'exégèse biblique, un terrain d'opération solide et suffisamment large, en face des dénégations et des démolitions croissantes du naturalisme, entraîna certains maîtres à des concessions sur la valeur historique de nos saints Livres et sur la nature de l'inspiration, qui furent à bon droit, jugées excessives et jetèrent l'inquiétude dans l'esprit du clergé et dans la conscience des fidèles.

L'autorité épiscopale crut le moment venu d'intervenir, et prit les mesures nécesaircs pour écarter tout danger de l'enseignement de la Faculté.

À la suite de la retraite de M. l'abbé Loisy (1893), la chaire d'hébreu fut attribuée à M. l'abbé Graffin, qui professait déjà le syriaque ; et il fut créé un nouveau cours d'exégèse qui fut confié à M. l'abbé Fillion, prêtre de Saint-Sulpice, avantageusement connu dans le monde savant par ses doctes et pieux Commentaires sur la Bible.

Le R. P. de la Barre, de la Compagnie de Jésus, jeune docteur, qui avait éié lui-même l'élève de la Faculté, monta, pour y enseigner à son tour, dans une des chaires de dogme, où il remplaça son confrère, le R. P. Terrien.

Sur des terrains mouvants et pleins de chaussestrapcs, où l'on voyait les mieux intentionnés faire de faux pas, d'où viendrait la direction éclairée et ferme dont avaient besoin des esprits ardents, encore peu habitués aux luttes de la controAcrse ? Le Saint-Siège y pourvut par la publication de l'encyclique Providentissimus Deus. Sa Sainteté Léon XIII cherchait à couper court aux controverses en déterminant, d'une façon nette et précise, les règles qui doivent diriger l'exégèse sacrée.

Dès que cet acte de l'autorité suprême eut paru, la Faculté de théologie n'eut rien de plus pressé que de déposer aux pieds du Souverain Pontife l'expression de sa parfaite et filiale adhésion à ses enseignements (1).

En demandant l'érection de l'Ecole théologique en Faculté, les évêques fondateurs avaient fait connaître clairement leur volonté d'en pousser l'organisation plus loin et d'y faire à la philosophie et au droit canon une plus large place. Rome, de son côté, n'avait fait le premier pas qu'en vue d'autres développements ultérieurs.

La réalisation de ces intentions s'accomplit beaucoup plus tôt qu'on ne l'avait espéré; car, dès l'année 1895,

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