Procès-verbal de la réunion du 11 août
Mais chaque fois qu'ils croyaient le saisir, le projet glissait entre leurs mains ; à mesure qu'ils tentaient de s'approcher du but poursuivi, il fuyait devant eux comme un mirage, et chaque nouvelle étude faisait apparaître des difficultés jusque-là inaperçues.
Après quelques années de tâtonnement infructueux, les fondateurs de l'Université demeurèrent convaincus de l'impossibilité, faute de ressources suffisantes, de réaliser, pour le présent, l'idée qui avait été l'inspiratrice de la revendication de la liberté d'enseignement.
Mais s'ils renoncèrent à la réalisation immédiate de ce grand projet, ils n'en abandonnèrent jamais l'espérance et s'occupèrent sans cesse des moyens d'en assurer le succès pour une époque ultérieure.
Le 25 janvier 1877, ils avaient décidé la constitution d'un comité spécial, chargé de poursuivre l'étude de la question. Un instant, ce comité eut de magnifiques espérances. Des libéralités extraordinaires en perspective allaient lui permettre de commencer tout à la fois un hôpital et une Faculté.
Bientôt la vision s'évanouit et le comité, réduit à ses seules ressources, se décida à procéder méthodiquement et à concentrer d'abord toutes ses vues sur la création d'un hôpital; car aussi longtemps qu'il n'aurait pas à son service un hôpital indépendant, l'enseignement libre de la médecine devait être tenu pour impossible.
« Un jour, raconte le docteur Le Bec, en juillet J87S, .Mgr d'Hulst apprit que 20.000 mètres de terrain étaient à vendre dans le quartier de Plaisance. Aussitôt il réunit douze hommes de bonne volonté, je pourrais dire douze apôtres. Je n'ai pas besoin, Messieurs, de vous les nommer, ce sont ceux qui sont toujours à la tète des grandes œuvres de la charité à Paris.
« La réunion eut lieu dans son cabinet. Il leur