‹ L'Institut de beauté, comédie en 3 actesChapitre 37 sur 45 · ADRIENNE, LEOPOLD, BOMBEL, CELINA · texte numérisé non relu

ADRIENNE, LEOPOLD, BOMBEL, CELINA

Adrienne. — Ma pièce vous a-t-elle intéressée, Célina?

CÉLiNA. — J'étais tordue ! A la fin, surtout, quand elle attire son amant... On croit que c'est pour des choses... et puis, pas du tout, elle meurt. Ça, c'est épatant.

Adrieiixe. — C'est neuf, en tous cas... Et vous, mon oncle t

BoMBEL. — Moi, j'ai vibré, je n'ai fait que \dbrer !

LÉOPOLD. — Comme moi! comme moi! Quant à M. Brochin et ce directeur, ils n'y ont pas compris un mot, vous entendez, pas un! Ne vous faites pas d'illusions !

Adrienne. — Vous croyez?

Léopold. — 11 n'y avait qu'à les regarder pendant la lecture... Ils avaient beau s'appliquer, ils n'y arrivaient pas... Il y a même un passage où cet imbécile a souri...

Adrienne. — Quel imbécile?

LÉOPOLD. — Le directeur. Et savez-vous ce que ça prouve, ça? C'est que votre public n'est pas sur le boulevard... Il est sur la rive gauche, parmi la jeunesse des écoles... J'y ai des relations, moi... et je vous présenterai à des gens qui vous introduiront dans le monde du travail et de la pensée... à Qranvalliers, par exemple... (A Bombei.) Granvalliers, c'est mon nouveau patron... un savant qui est en même temps un philosophe.

Bombel. — Ah! vous n'êtes plus à l'Institut de beauté ?

LÉOPOLD. — Non, je l'ai quitté... Depuis le départ de M°* Lagraine la maison avait perdu complètement le caractère scientifique.

Bombel. — Dites-moi, monsieur Léopold, est-ce que vous me trouvez aussi bonne mine que lorsque vous m'avez vu à l'Institut de beauté?

LÉOPOLD. — Meilleure, monsieur Bombel !... Quand vous veniez à la maison vous aviez une beauté factice !

CÉLINA. — C'est ce que je lui dis tous les jours... il ne veut pas me croire...

LÉOPOLD. — Vous aviez l'air travaillé... Vous ne paraissiez pas votre âge.

Bombel. — C'est que je n'ai pas mon âge... Je vous assure, Célina, que je n'ai pas mon âge.

CÉLINA. — C'est un tort... Il faut avoir son âge... il faut vieillir loyalement, petit à petit.

LÉOPOLD. — Et maintenant, monsieur Bombel, je me retire... Tous mes respects.

Bombel. — Au revoir, monsieur Léopold, et venez me voir de temps en temps, ça me fera plaisir.

LÉOPOLD. — Et à moi aussi.

Adrienne, à LéopoW. — Et quand me présenterezvous à Granvalliers?

LÉOPOLD. — Aujourd'hui, si vous voulez, à cinq heures... En voilà un qui l'aimera, voti-e pièce! A tout à l'heure, ma petite patronne. (Bas.) Laissezmoi toujours vous appeler ma petite patronne... Vous voulez bien?

Adrienne. — Oui, Léopold, oui. '

LÉOPOLD. — Ça me rappelle les moments où j'étais près de vous... où vous veniez me voir de temps eu temps au laboratoire... où nous nous entretenions de science... de la société future... Vous savez que j'ai une passion pour vous, moi! Et que je suis le seul à avoir deviné ce qu'il y a dans cette petite tête.

Entre Léon.

LÉON. — Bonjour, mon oncle... bonjour, Célina. Bombel. — Bonjour, mon garçon.

CÉLINA. — M'sieu Léon.

LÉOPOLD, s'approchant de Léon. — Boujour, pa...

(Se reprenant,) Au rcvoir, monsieur Lagraine.

LÉON, à part. — S'il m'avait appelé patron, œ qu'il recevait une paire de gifles! (Haut.) Bonjour, mon oncle; bonjour, Célina!

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