‹ L'institut de FranceChapitre 16 sur 23 · SCIENCES PHYSIQUES · texte numérisé non relu

SCIENCES PHYSIQUES

Chimie.

Minéralogie.

|{()l;uii(|tie.

Economie rurale et art vétérinaire.

Analomie et zoologie.

Médecine et chirurgie.

Toiilr'S les sections comptaient six membres, sauf celle de géographie qui n'en avait que trois. Le nouvel arrêté rendait perpétuels les deux secrétaires annuels prévus par l'orgaiiisation primitive, et 1rs plar.iil «M dehors des sections.

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11 ne devait plus rien être changé jusqu'à nos jours à cette distribution. Disons tout de suite, pour n'avoir plus à y revenir, qu'un décret rendu sous le second Empire, le 3 janvier 1866, a "porté à six le nombre des membres de la section de géographie et navigation.

On sait que l'organisation de Fan XI supprimait les associés nationaux. Pour la première Classe, ils furent remplacés par cent correspondants, auxquels il fut interdit de porter le titre de membres de l'Institut, et qui furent choisis comme auparavant parmi les étrangers aussi bien que parmi les nationaux.

Le nombre dos correspondants a été porté à 116 par un décret récent, qur date du 24 juin 1899. L'Académie, ne voulant rien changer à la situation privilégiée de la section d'astronomie qui comptait antérieurement seize correspondants, en a attribué dix à chacune des dix autres sections.

C'est ici le lieu de parler d'un des signataires de l'arrêté de l'an XI, d'un membre de la section de mécanique qui a fait quelque bruit dans le monde, en dehors de l'Institut. Au retour de la campagne d'Italie, quelques mois après la signature des préliminaires de Leoben, le 11 novembre 1797, Bonaparte se présentait à. la première classe de l'Institut, pour y occuper la place laissée vacante dans la section de mécanique par la radiation de Carnot, que condamnaient à l'exil les décrets de fructidor. 11 fut élu définitivement par l'Institut le 23 novembre 1797 et devint ainsi le confrère de Lagrange, de Laplace, de Cuvier, de Monge, de Jussieu, de Delambre, de Berthollet. Sa lettre de remerciement existe encore dans nos archives, écrite par Bourrienne et simplement signée de lui. Elle dut flatter l'Institut. « Les vraies conquêtes, y disait-il, sont celles que l'on fait sur l'ignorance. »

Bonaparte prit peu de part aux travaux de Tlnstitut, mais on sait (ju'il fut toujours très fier de son titre et que, devenu empereur, il lie cessa de couvrir l'Institut de sa protection.

•«•/iv^ f^^// Çnf^

*//0ti.

Lettre de Uonaparte lernoreianl rin.slilut de son élection (6 nivôse an VI).

On sait aussi qu*il eut toujours le sentiment le plus vif de Timportance et de l'intérêt (jue présente la culture des sciences. Le 17 prairial an XIII, il écrivait à Laplace qui lui avait envoyé son ^rand ouvrage : « La Mécanique Céleste me siMiiMe appelée à donniM* un nouvel éclat au siècle où nous vivons. »

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La Restauration no devait pour ainsi dire rien changer à Forganisation de la première classe de l'Institut. Elle se borna à lui rendre

Jérôme de La Lande (1732-1807).

Astronome.

(Gravé par Sainl-Aubin, d'après J. Ély. )

son ancien nom et à la replacer au troisième rang de préséance, d'après la date de sa fondation. L'ordonnance du 21 mars 1816, qui rayait de la section de mécanique les noms de Monge et de Carnot, en les remplaçant par ceux de Cauchy et de Bréguet, instituait aussi

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une section nouvelle de dix académiciens libres, et elle disposait que les anciens membres de' TAcadémie des Sciences deviendraient de droit académiciens libres de la nouvelle. Il n'y eut que deux personnes pouvant invoquer le bénéfice de cette disposition, le duc de Lauraguais, ancien associé vétéran, et le duc de Noailles, ancien honoraire. La radiation de Mon^^e et de Carnot ne fut pas la seule mesure d'exception prise contre l'Académie. L'élection qu'elle fit de Fourier comme membre libre, le 21 mai 1816, celle qu'elle fît plus tard, le 10 novembre 1823, dans la section de mécanique, de Hachette, l'élève et l'ami de Mong^e, ne furent, ni l'une ni l'autre, confirmées par le pouvoir royal. Il convient d'ajouter que Fourier, élu le \2 mai 1817 dans la section de physique, vit son élection approuvée, et entra à l'Académie dont il devait, à la mort de Delambre, devenir secrétaire perpétuel. Hachette dut attendre la monarchie de Juillet pour devenir, en 1831, membre de la section d'où il avait été une preiiiiî're fois écarté. Nous ne connaissons aucun autre exemple dans lequel le gouvernement ait refusé de ratifier les choix de la nouvelle Académie^

S'il se trouve un jour parmi nous quehju'un qui veuine consacrer sa vie h écrire l'histoire complète (U^ notre Compagnie, c'est avec une joie patriotique qu'il s'arrêtera sur la période qui comprend la j)iriiiii'rc moitié du xix" siècle. L'Académie recueillit alors, en môme trmps (|ue les savants formés par le lent travail de la monarchie, tous ceux (ju'avaient fait surgir les agitations fécondes de la Révolution et d(; l'Empire: Lagrange,Laplace, Monge,Legendre, Gauchy, Poinsot, Sturin en mathématiques ; Dupin, de Prony, Poncelet, (lambey, Séguier en mécanique ; Messier, Arago, IJouvard, Lalande, Delanihro en astronomie; Buache, Beautemps-Beaupré, de Freyciiiel en géo-

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graphie; Biot, Ampère, Fourier, Poisson, Malus, Fresnel, Bec- (juorol, Regnault en physique; BerthoUet, Gay-Lussac, Vauquelin, Dulong, Dumas, Boussingauh, Proust, Chevreul, Tliénard, Hahird

François Arago (1786-1853).

(D'après une lithographie de Boilly.

en chimie; Haiiy, Brongniart, Ramon en minéralogie; Cuvier, de Jussieu, Lamarck, Mirhel, Lacépède, Geoffroy Saint-Hilaire, Miine- Edwards en histoire naturelle ; Larrey, Portai, Dupuytren, Pinel, Corvisart, Flourens, Magendie, Pelletan en médecine et chirurgie, et tant d'autres qui seront l'éternel honneur du nom français. Tous

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ces hommes, devant lesquels l'Europe s'inclinait avec respect, devaient se préparer à eux-mêmes de dignes successeurs : mais ici, nous touchons au temps présent. Il convient de s'arrêter et de réserver le reste de cette notice pour l'état et le fonctionnement actuels de l'Académie.

L'Académie des Sciences tient maintenant ses séances le lundi dans l'après-midi. Elle commence la semaine académique. Ce privilège, si c'en est un, est le seul qui lui reste du temps où elle formait la première classe de l'Institut. La salle qu'elle occupe a déjà été décrite dans cet ouvrage ; elle ne contient pas assez de places pour les 78 membres de l'Académie. Les critiques ne lui ont pas été ménagées ; elle est mal éclairée, mal ventilée, mal chauffée. Boussingault prétendait que c'était une salle excellente... pour les candidats ; en tous cas ceux-ci n'ont rien à se reprocher ; car c'est sur les [indications des académiciens qu'elle a été aménagée.

Les séances de l'Académie sont publiques ; les dames seules ne soiil [IMS admises, à moins qu'elles ne demandent au président une aiil()ii>iili()ii, (jui n'est jamais refusée.

Lors de la création de l'Institut, Dupuis, ïaulauv ihVU/'i(/uic de /(Hfs les cultes, avait demandé que les séances ordinaires fussent publiques. « Les citoyens, disait-il, y trouveront un grand avantage pour leur instruction, et les membres de l'Institut, placés sous leurs \< ii\. II. s'endormiront plus dans leurs fauteuils académiques.» Celte I rn|.(.>iii()ii M riii (|ii nu su( ces momentané, et la loi du 1) lloréal au IV (It'ci.lii (|ii(' les s(aii<'«'s ordinaires seraient privées et iiii' ii« III. >. l'ilies le roi.iviii pendant longtemps. Pour l'Académie d«;s Sciences, quelques savants seulement, en principe ceux dont les

travaux avaient été approuvés par une commission, étaient seuls admis à écouter les discussions académiques. Ce fut le ])hïv (\r Joseph Bertrand, le D' Alexandre Bertrand, qui, vers 1823, voulut supprimer ces barrières et faire connaître au public dans le journal le Globe ce qui se passait à FAcadémie. Il y réussit, malgré les edorts etThostilité de Cuvier, qui dominait alors à l'Académie; d'ailb'urs

Georges Cuvier (1769-1832).

(Médcaillc de Bovy.)

Arago, devenu secrétaire perpétuel en 1830, ne tarda pas à ouvrir les portes à deux battants et réserva, dans la salle des séances, une banquette aux représentants de la presse. « Il alla même, nous dit Joseph Bertrand, après la mort de Cuvier, jusqu'à leur livrer après la séance, dans une salle éclairée et chauffée pour eux, tous les manuscrits sans exception, qu'ils pouvaient copier et commenter avant qu'ils entrassent aux Archives de l'Académie. »

Dans un milieu aussi respectueux des traditions que l'est par nature une Académie, de telles innovations ne s'introduisent pas sans soulever bien des critiques. Biot, qui fut l'adversaire acharné de la publicité, faisait, en 1837, le récit suivant :

« Lagrange tira un jour de sa poche un papier qu'il lut à rAcadémie, et qui contenait une démonstration du fameux postulatum d'Euclide relatif à la théorie des parallèles . Cette démonstration leposait sur un paralogisme évident, qui parut tel à tout le monde ;

Flourcns (1 794-1 8G7).

(D'après une lilliogia|»lii(> de F.omoino.)

et probablement Lagrange le reconnut pour tel pendant sa lecture, < Ml . 1(11 s(|ii il <!ut lini, il mit son papier dans sa poche et n'en parhi pins. Un instant de siIcik «■ imiNcrsel suivit, et Ton passa à d'autres siij. is. » « Que sei-.iil-ii miivé, ajoutait Hiot, s'il y eut eu, présentes il II s(';iiice, dix ù douze personnes, chargées de recueillir celte « în'iii d'un grand homme, pour la transmettre au public et l'en

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occuper ? C'est que, sans doute, Lagrange n'aurait plus ouvert la bouche à l'Académie ; et nous n'auiions pas vu, peut-être même n'aurait-il pas fait, ces admirables mémoires sur les plus grands phénomènes des corps célestes qu'il commença de produire deux ans plus tard, qu'il continua, dans toute la plénitude de son génie, jusqu'à l'âge de soixante- quatorze ans, et qu'il venait nous lire alors, avec toute la passion d'un jeune homme pour qui une découverte serait une nouveauté et un bonheur. »

Ces regrets deBiot étaient-ils bien sincères? Je n'oserais l'affirmer. En tous cas ses récriminations restèrent sans écho, et ceux mêmes de ses confrères qui auraient été disposés à partager son opinion s'accordèrent à penser que les mesures prises par Arago étaient de celles sur lesquelles il ne pouvait être question de revenir. Pour répondre à ce besoin d'information qui caractérise notre époque, l'Académie fit plus encore. Ces comptes rendus des séances que, malgré l'opposition de Cuvier, le D'" Bertrand avait inaugurés dans le Globe, avaient été continués, après sa mort survenue en 1831, dans le journal le Temps, par le D'' Louis Roulin, qui devait devenir plus tard membre libre de l'Académie et bibliothécaire de l'Institut. Les analyses du D'' Roulin, ayant paru sous forme de volumes à la fin de l'année, furent très favorablement appréciées. L'Académie décida donc, sur la proposition de ses deux secrétaires perpétuels, de s'en charger elle-même et de les publier dorénavant, en leur donnant l'ampleur et les développements nécessaires. Telle est l'origine des Comptes reiidus hebdomadaires des Séances de F Académie des Sciences, dont les secrétaires perpétuels, Arago etFlourens, commencèrent la publication en 1835, imposante collection de 142 volumes in-4% de 1.600 pages en moyenne, qui constitue aujourd'hui le principal moyen d'action de l'Académie.

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Comme la publicité donnée aux séances, l'institution des Cotiiptes rendus souleva les critiques de Biot. La preuve qu'ils répondaient à un besoin réel, c'est qu'ils furent partout imités. La Société Royale de Londres, l'Académie des Lincei, l'Académie de Berlin, la plupart des Sociétés étrangères, publient maintenant des procès-verbaux réguliers de leurs séances ordinaires. Aucune ne le fait avec la môme ampleur, la même rapidité que notre Académie. Le soir même de la séance, les notes présentées par les membres ou par leurs auteurs sont, de la part des secrétaires perpétuels, l'objet d'un examen et d'une revision rapides. Elles dépassent souvent la soixantaine, ce qui n'empêcbe pas l'habile éditeur, M. Gauthier-Villars, de les imprimer dans le délai de deux jours, de les soumettre à la correction des auteurs et de trouver moyen d'envoyer aux abonnés dès le samedi le cahier de 60 à 100 pages d'étendue, qui contientle compte rendu de la séance tenue le lundi, et quelquefois le mardi précédent. Il est impossible de désirer mieux, surtout quand cette rapidité n'exclut pas les soins artistiques que l'éditeur a l'habitude de donner à ses publications.

Les Comptes rendus ne sont pas d'ailleurs la seuh» collection publiée par l'Académie. Il y a aussi les Mémoires présentés par les savants /'tranfjers, qui comj)rennent déjàSi volumes in-4^, et les Mtv^^om'i' des membres eux-mêmes, (jui forment 63 volumes de même format. Nous négligeons les publications exceptionnelles : Mission du cap Ilorn^ Passage de Vénus, Phylloxéra, œuvres de LaplacCy de Cauchy, etc. Sous ce rapport, on le voit, la nouvelle Académie s'esl montrée tout à fuit digne d(; son aînée.

Les séances de rAcadémie sont aujourd'hui suivies par un public nombreux qui, en dehors des journalistes, comprend surtout les assistants ou les élèves des Académiciens, ceux qu'aux premiers temps de l'Académie, on aurait choisis pour élèves ou pour adjoints. Ils viennent causer avec leurs maîtres, présenter une note, se recommander pour un prix ou pour une candidature, trouvant ainsi moyen de s'épargner, en quelques minutes, bien des démarches ou bien des visites. Il y a aussi des auditeurs désintéressés, venus pour suivre la séance et pour écouter les communications. Avouons-le; leur curiositéetleur désir de s'instruire sont souventbien mal récompensés. Certes, quand une communication d'un intérêt exceptionnel est faite à l'Académie, elle est écoutée avec un silence religieux; mais ces moments de silence sont trop rares, au gré surtout des journalistes, désireux de pouvoir préparer leur compte rendu pour le journal du soir ou du lendemain. Il arrive le plus souvent que chacun parle à voix haute, sans se préoccuper de ce qu'il faudrait écouter. Le mal hélas î est invétéré. J'ai lu, je ne sais plus.oii, que lorsqu'en 1699, on assigna des places aux académiciens dans leur nouvelle salle du Louvre, on mit un géomètre à côté d'un anatomiste, a et comme ils ne parlèrent pas la même langue, les conversations particulières en furent moins à craindre ». C'est en vain que nos présidents essaient d'obtenir le silence. En quittant le fauteuil de la présidence, M. d'iVbbadie nous engageait à nous écouter les uns les autres. Son conseil a suivi les neiges d'antan ; et, dans son discours de bienvenue, le président actuel, M. Poincaré, a dû se borner à constater que, si l'Académie est une de celles oii l'on écoute le moins, elle est aussi une de celles oii l'on travaille le plus. Sur ce point, nul ne le contredira. Souvent, dans le court espace de trois quarts d'heure, ont été déposées sur le

bureau, avec de brèves explications, plus de 50 notes, dont plusieurs contiennent des découvertes appelées à susciter, partout où Ton travaille, des réflexions profondes ou des recbercbes étendues. J'ai vu le temps où des discussions intéressantes et prolongées sfngageaient à FAcadémie : j'ai assisté aux luttes épiques de Leveiiici et de Delaunay, aux discussions de Pasteur avec ses adversaires

Pasteur (1822-1895).

(riaf|uolto f^ravce par Holy.)

de tout ordre, à celles du D' IJouillaud et du comte du Moncel, k propos du pbonograpbe d'Edison, bien injustement accusé de supercbejie. Ces temps béroïques sont passés; jamais le mouvement des recberches n'a été plus intense qu'aujourd'iiui, et cependant les savanls paraiss<'iit avoir perdu le goût des discussions, des exposés généraux. Il est aisé (r«'.\|>li(jU(M' («'Me contradiction.

Lm Irrups ii'«st plus où un Laplace, un Cuvier, un Arago pouvaient j)nrl«'r un juLirinml sur loulc r'ccbercluî scienlifi((ue. Les différentes disciplines se sonl constitué des métbodes propres, et surtout un langage s[)écial ; il est devenu aussi diflicile de suivre un cbiinisle

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exposant une réaction de chimie organique, un zoologiste expli- ((uant les lois complexes de Fliérédité, (ju'il l'était autrefois de comprendre une page de calcul intégral. Depuis longtemps, les géomètres avaient renoncé à donner une idée nette de leurs recherches ;

Globe construit par Jean Lhoste, conservé à la Bibliothèque de l'Institut.

presque tout le monde, aujourd'hui, est devenu géomètre^sur ce point. Il y a une autre raison, celle-là heureusement est passagère, pour laquelle les discussions et les polémiques se font de plus en plus rares à FAcadémie. A cette ardeur pour Fétude, qui est restée plus vive que jamais, les chercheurs allient aujourd'hui un scepticisme outré vis-à-vis de toute théorie, de toute explication générale des

phénomènes. La découverte de l'unité des forces physiques, qui sera le véritahle titre de gloire scientifique du xix^ siècle, est venue mettre en question les théories qui paraissaient les plus plausibles et les plus fécondes. On ne prend plus parti aujourd'hui, ni pour la théorie de l'émission ni pour celle des ondulations, ni pour la continuité, ni pour la discontinuité de la matière. Ce sont là des hypothèses que l'on admet tour à tour, et quelquefois simultanément. On ne les envisage nullement comme nous donnant une idée des choses, ou une approximation de la réalité. Ce sont des outils, que l'on emploie successivement ou simultanément, suivant les circonstances. La vérité est qu'après la brillante synthèse que les philosophes anciensavaient étayée sur des faits insuffisants et recueillis sans méthode, après celle qui a été inaugurée au xvn^ siècle par les travaux de Newton, nous abordons aujourd'hui, avec des moyens d'ailleurs plus puissants, une tentative nouvelle d'explication des phénomènes du monde physique. Nous sommes donc dans une période de transition, et les époques de transition ne se caractérisent ni parles luttes, ni par la foi.

.h' ne saurais terminer cette rapide notice sans dire au moins quebjucs mois des fondations si nombreuses, si variées, que des pcisoiiiics généreuses et d'esprit élevé ont instituées auprès deTAcailt'niic des Sciences. Depuis r.iiiiKM" 17:21. où, après avoir soutenu devant h' Pailement de Paris un long et diflicile procès, elle put décerner poiii- la première fois un prix institué par Rouillé de Meslay, conseiller au Parlement, le nombre des fondations de toute nature dont l'exécution lui est confiée s'est accru singulièrement. Cliacjue année, les secrétaires perpétuels ont l'habitude de prononcer dans les séances publi(|ues l'éloge d'un de leurs confrères-

disparus. Il conviendra sans doute que l'un de nous consacre une de ces séances à célébrer la mémoire de ceux qui, en confiant à l'Académie le soin de réaliser leurs intentions généreuses, l'ont aidée par cela même à mieux remplir sa mission. Ce jour-là, il y aura lieu de placer tm première ligne M. de Montyon, le bienfaiteur des hôpitaux de Paris et de deux de nos Académies. Ses libéralités ont permis à l'Académie des Sciences d'instituer onze prix annuels ; six récompensent les travaux de médecine et de chirurgie ; deux sont

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