SCIENCES MORALES ET POLITKJLES
L'Académie des Scinicrs morales el polilicjues csl la plus jciim' (les «'iiKj Académies (jui coiiiposciil riiisliliil, Tamiis (|iu' les autres on! (les soiixeniis (|iii remoiileiil à plus d»' deux siècles, celle-ci n'a «'•h' (N'Iinilivemeiil coiisliluée comme Académie (ju'cii 1832^
Il est vr'ai <jue lors de la ci'j'alion de riiislilul. la si'coiidt» classi» II. 8
114 L * 1 N S T i r U T 1) !•: 1-' R A IS C l^
portait le nom de « Classe des Sciences morales et politiques ». Fondée en 1795, elle disparut en 1803, ayant vécu pendant huit années d'une vie qui devait être éphémère.
On ne peut donc retracer l'histoire de l'Académie, sans rappeler, comme en une sorte de prologue, ce que furent ses déhuts sous le Directoire et le Consulat.
Bien avant 1795, l'idée d'une Académie philosophique hantait les esprits ; on peut dire qu'elle était le fruit naturel des conceptions de tout un temps. Le XYin*^ siècle « aspirait à fonder les 'sciences morales. Il eut la belle prétention, dit M. Mignet, de tout juger selon la raison et de tout arranger selon la justice ^ ». Les réflexions sur l'homme dans ses rapports avec la vie sociale, l'étude approfondie des lois non plus dans leur texte, mais dans l'inspiration d'où elles procédaient, les observations sur l'origine et le développement des richesses, tout le mouvement des intelligences s'appliquant à tant d'objets nouveaux, avait créé entre les écrivains, les penseurs, les savants, ^des relations que resserrait une curiosité sans cesse en éveil, non moins que l'émulation des recherches, et qui se trouvaient d'ailleurs entretenues par un besoin de vie commune qui était alors le trait saillant de la société franc; aise. Des tentatives avaient été faites, des réunions d'études s'étaient tenues ; on rappelait « la petite Académie » formée en 1692 au Luxembourg pour traiter de droit public et de philosophie -, on citait les hardiesses du Club de l'Entresol^ où toutes les questions avaient été débattues, non en une assemblée publique devancière des clubs de la Révolution, mais en un rendezvous périodique et grave de savants qui auraient fondé une Académie
Mignet. Notice sur Rœderer.
* Voir ce qu'en dit le marquis d'Argenson dans ses Easah dans le fjoût de Monlaujne. Amsterdam, sans nom d'auteur. 1785, p. 295.
si les sujets traités en mettant en question la politique des États, n'avaient inspiré autant d'alarme aux gouvernants que d'inquiétudes aux associés \ Il fallait une révolution pour vaincre ces scrupules.
(..-Th. UavMiil (I7i;;-17!)i.'.
(iru\é |)ai- de LauiiuN , d'a|Mi> ( ,ocli
Di'S la (loiisliluaiih'. a riinirc on h'S .\ca<l('iiiies n'étalout pas riicoïc ilissdiilcs. .Miialtraii |»r('paraiil mie réorg'anisation de l'InsliiKtion |»nl)li(|ue, av. ni r<ni
le iilaii d'une Académie national*»
' « CiM \c,i.;r,i,ir |„,iiih|nr MM- !■ ^MiMinal (le Fleury », par l'aul Janet. Séances el
Irnrnn, ,lr Vum.lmnr ,lrs <r,rn.r. M . . , , , I rs el. PolHiqUeS, t. LXXVI. |». 107.
divisée en trois sections, la première étant la section philosophique, la seconde la section littéraire, la troisième scientifique. Le projet de Talleyrand et celui de Condorcet consacraient une section à la philosophie.
L'expression de « Sciences morales et politiques, » qui a eu pour parrains sous l'Ancien régime les plus hautes autorités^ réapparaît pour la première fois dans le décret de la Convention -,
Nul n'en fut surpris ; le rapporteur n'éprouve pas le hesoin de l'expliquer. Ce n'était une nouveauté pour personne.
Comnrent s'étonner de voir, au sommet des études humaines et comme leur complément, les sciences qui embrassent l'homme et cherchent à définir ses relations avec les sociétés humaines dans le passé et dans le présent?
Sur le rapport de Daunou, la loi qui créait l'institut était votée le 25 octobre 1793; la seconde classe de l'Institut consacrée aux Sciences morales et politiques était divisée en six sections dont voici les titres : 1° Analyse des sensations et des idées ; — 2° Morale ; — 3" Science sociale et Législation; — 4° Economie politique; — 5'' Histoire; — 6'' Géographie.
La classe des Scieiices morales qui devait être composée de 30 membres, en reçut 12 des mains du Gouvernement. La liste préparée par Lakanal avait été dressée par le Comité d'Instruction publique \ C'est le sort commun des célébrités contemporaines d'être effacées par le temps : sur les douze, la postérité en connaît cinq : Volney qui représentait la philosophie; Bernardin de Saint-Pierre la morale, le rapporteur de la convention Daunou qui personnifiait
* L'accouplement de ces deux épithètès plaisait' à nos pères : nous l'avons trouvé, dès le xvie siècle, aux Etats d'Orléans, et Corneille dans la préface de son admirable traduction de y Imitation ne dédaigne pas d'en faire usage.
* Voir les observations de M. J. Simon regrettant que la classe n'eût pas été appelée : Classe des Sciences pbilosophiques. Académie sous le Directoire, page 181.
^ Mignet. Notice sur Lakanal. Voir Jules Simon, p. 169.
avec Cambacérès la Science sociale et la législation ; enfin Sieyës qui figurait dans la section crÉconomie politique.
L'arrêté du Directoire \ qui nommait les premiers membres, près-
F. Daunou (1761-184[)).
(U'apri'S une lilliograpliic de (Jrrgoire.
crivait Tinstallation de l'Institut au Louvre. Quinze jours plus lard (15 frimaire : C) décembre) avait lieu la réunion solennelle tant de fois décrite. Des quinze lectures de cette interminable séance, la seule (jui ait triomphé de l'oubli est celle de Daunou, rappelant les
Date du 2U biumaiiu un IV (20 novembre 1795).
118 I/INSTIÏUT DE FKANGl':
espérances qu'a\ait fait naître la Révolution à son début, puis le règne delà liberté devenant la pire des oppressions, les écoles fermées, les académies proscrites, les musées et les bibliothèques saccagées, les églises abattues ou bien transformées en salles de clubs ou en casernes. 11 montrait cette invasion de la barbarie se prolongeant pendant deux années et après avoir saisi ses auditeurs en évoquant les horreurs de la veille, il relevait les âmes en faisant appel à l'avenir : « A ces désastres dont le souvenir doit être interdit à la vengeance et ne doit pas être perdu pour Tinstruction, succédera un grand siècle, comme un beau jour succède à une nuit d'orage. L'histoire nous montre que les plus éclatants chefs-d'œuvre de l'esprit ont paru au lendemain des grandes commotions politiques. Nous gardons l'émotion de la bataille, avec cette espèce d'héroïsme sauvage qu'elle fait naître dans les âmes; et maintenant, en pleine possession de la liberté, la République nous appelle pour rassembler et raccorder toutes les branches de l'instruction, reculer les limites des connaissances, rendre leurs éléments moins obscurs et plus accessibles, provoquer les efforts des talents, récompenser leurs succès, recueillir et manifester les découvertes, recevoir, renvoyer, répandje toutes les lumières de la pensée, tous les trésors du génie. » .
Voilà en quel langage le membre de la classe des Sciences morales et politiques, parlant au nom de l'Institut, s'exprimait au lendemain de la Terreur. Pour comprendre son succès, il faut se représenter un auditoire d'hommes encore tremblants d'avoir échappé au tribunal révolutionnaire et acclamant tous ceux qui, au lendemain d'événements où ils avaient vu de si près la mort, leur laissaient entrevoir les- horizons inespérés d'une ère nouvelle.
Tout ce qui pensait en France, étonné de vivre, ayant besoin d'espérer, avait les yeux dirigés vers ce groupe de savants qui, à peine réunis, parlaient de paix et de travail, dans ce pays ravagé par la guerre et les haines.
Dès le 18 frimaire (9 décembre), trois jours après rinstallatioii, commençaient les élections : les douze membres choisis furent Gingiiené et Deleyre pour la philosophie, Grégoire et La Réveillère- Lepeaux pour la morale, Merlin et Pastoret pour la science sociale et la législation, Dupont «le Nemours et Lacuée de Gessac pour Téconomie politique, Raynal et Anquetil pour l'histoire, Reinliard et de Fleurieu pour la géographie.
b^nliii, le 24 frimaire (15 décembre), Flnstitut achevait les élections en nommant les 12 membres complémentaires. Cabanis faisait partie de la section de philosophie, Lakanal, auquel on devait l'organisation de rinstruction publique, qui avait dressé les premières listes de l'Institut sans songer à se proposer, entrait dans la section de morale, Talleyrand et Rœderer rejoignaient les économistes, Dacier les historiens, Bougainville prenait place parmi les géographes pour r<*présenter la navigation.
La composition de la seconde classe était remarquable. Ni les 12 nu'iiibres nomniés par le Directoire, ni les 24 élus par l'Institut n'appartenaient à un seul parti. Nulle préoccupation des opinions, mais la i-echeiche du talent, de la puissance de l'esprit. Après la tournuMilr «|ui avait bouleversé la France, on ne pouvait, en 1795, réunir d<;s compétences plus incontestables.
La plupart avaient vécu dans une étroite intimité, appartenant à cette célèbre société d'Auteuil dont les débris s'étaient reconstiliiés après la Terreur, autour de M""' Helvétius. Ëcrivains, penseurs «1 poèhs, ils s'étaient retrouvés décimés et meurtris; Destutt de Tnicy, avîmt la destruction des Académies, avait exprimé le regret (jii'il n'y »'n rùl j)as une spécialement consacrée aux Sciences morales et politiques. H aurait dû min r le premier dans la section «le jdiildsopliic : iiiiiis il habilait Auteuil et non Paris ; le règlement était formel ; il ne pouvait être nommé membre titulaire ; il lut élu associé ; peu après, La Romiguière fut nommé en la môme
qualité. Tous les deux apporlî'ieiil h l'Inslilul une active eollaho-
ration.
La section n'eut à décernei' que deux prix, mais elle eut la main heureuse. Elle avait demandé aux concurrents de déterminer « lin-
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Le baron J.-M. de Gérando (177M842).
(D'après une lithographie de Boilly.)
fluence des signes sur la formation des idées ». Un simple soldat, engagé volontaire à l'armée du Rhin, concourut; la section n'hésita pas h lui décerner le prix. De Gerando avait vingt-cinq ans ; il ht la route à pied, vint à Paris chercher sa récompense. Deux ans après, il était associé de l'Institut, secrétaire général d'un ministère et maître
des Requêtes au Conseil d'État dont il devait être jusqu'à un Age avancé une des lumières.
L'autre lauréat fut plus célèbre encore. « L'influence de l'habitude sur la faculté de penser » provoqua une étude remarquable à laquelle le prix fut décerné en l'an X. L'auteur était Maine de Biran.
La section de morale comptait des noms éclatants. Bernardin de Saint-Pierre les dominait tous; nul auteur n'avait causé plus d'admiration et fait verser plus de larmes ; il avait su demeurer étranger à la politique qui avait fait sortir de l'obscurité ses autres confrères : auprès de lui siégeait Grégoire, humble curé des marches de Lorraine, envoyé aux États généraux, un des auteurs de la Constitution civile du clergé, évêque de Blois, membre très actif du Comité d'InstiiK'tion publique, l'âme des Conciles de 1797 et de 1800, ayant cru sincèrement que l'État pouvait faire une Église catholique sans chef; il remplissait de son activité les assemblées ecclésiastiques, les Cinq-Cents, puis le Sénat et les Commissions de toutes sortes, jusiju'au jour, où, exclu de tout, il ne lui resta que l'Institut. La même section comprenait Lakanal, transporté du fond d'un colh'ge de province sur les bancs de la Convention, croyant, avec l'enthousiasnic <riiii rénovateur, à la transformation de la société par la science, rapporteur et président du Comilé «l'Instruction pu])li(iue, n'ayant «'chappé à la guillotine qu'à la faveui' de missions lointaines dans lesquelles le conventionnel, ennemi des violences, s'élait api)li(jiH' ;i Faire bénir son nom, et lorsqu'il ivnlia à la Convention aj)ais(''c. ayani ru la gloire (h; prendre par! anx gi'ainb's l'ondations qui furent «mi ces anniMs hrribles la seul«' «en\ r«' durable.
(^«nnineiil «•eux «|uia\ait'nl lia\aill«' «b'puis ciiKi ans à rédiger les lois n'ani airiii-ils pas r\r ;t[)|)»'l(''s à siéger dans la nouvelle Compagnie? Assureiniiii. de|)nis l'Assemblée Constituante, les rangs s'«'lai<iil iM l.iiins ; Miiabeau et La Rocliefoucauld étaient morts. I) nilr. > a\ ii.nl |h ri \i«liin«'s «!«' hi Terreur ou étaient proscrits :
122 L'INSTITUT I)K KRANGl-:
mais il y avait des noms <|ui s'imposaient au respect public. Le sage Daunou, inébranlable dans sa foi républicaine, comme dans son amour de la liberté et de la justice, était un des rares conventionnels qui, ayant eu le courage de voter contre la mort de Louis XVI; de protester après le 31 mai contre la violation de la représentation nationale, était encore vivant en 1795. La prison Tavait sauvé de Téchafaud. Apres le 9 thermidor, il était rentré à la Convention pour y jouer un des premiers rôles comme orateur, comme membre du Comité de Salut Public, comme rapporteur de la Constitution et de la grande loi sur Flnstructiou publique qui fut le testament de la Convention.
Cambacérës, nommé après lui par le Directoire, n'avait aucune de ses vertus; il n'était pas de ceux qui conduisent les majorités, mais qui leur obéissent; d'autre part comment l'exclure? Sa science de jurisconsulte était de premier ordre ; il était un des instruments nécessaires de la rédaction des Codes que la France appelait de tous ses vœux; on prévoyait ce qu'il serait pour nos lois civiles. Il en était ainsi de Merlin de Douai : le l'ôle qu'il avait joué dans la Constituante, les services qu'il avait rendus à la Convention effaçaientjusqu'à ses crimes. En élisant celui qui était alors ministre de la Justice, l'Institut voulait oublier la loi des suspects pour ne penser qu'à la profondeur du juriste et du philosophe.
Au nom de Merlin^ l'Institut joignit, dans la même élection, celui de Pastoret, membre de l'ancienne Académie, auteur d'un traité célèbre sur les « Lois pénales », proscrit pour avoir demandé à défendre le Roi et revenu récemment en France, rappelé par son élection au Conseil des Cinq-Cents.
Garreau-Coulon et Baudin des Ardennes sont peu connus et leurs œuvres sont ignorées ; mais ils faisaient partie de la Convention oii l'un et l'autre avaient voté contre la mort du Roi, de telle sorte ({ue sur les six membres de la section, Merlin était le seul régicide.
ACADÉMll:: DlilS SCIKNCKS MORALIOS ET POLITIQUES 123
La section d'Économie politique était non moins brillante. Siey es ouvrait la liste. A la veille de la convocation des États généraux, Sieyès avait prononcé des mots décisifs, el dès les premièies heures
K.-.I. Sieyrs (1748-IS36).
(irav»- par li(îsiiinor. dapivs J. (im'-riii.)
de la Constituante, il a\nil inonlii'. à riieiire des tâtonnements, une priisér sûre d'elle-mônn' ; il allait ilroil au hiil avec une logi(iue inl1e.\il)l(;, mais sa plume avait pins «le force que sa parole. Les évém-ments rayaient dépassé et il s'était elFacé, se contentant «le vivre et attendant pour re|)araître l'heure où la France aurait besoin d'uiu^ (lonstitniion : il anrail «In rnlriT dans la section de Science sociale.
\n L'INSTITUT DE FHANGE
Il en était ainsi de Talleyrand qui était alors, pour tous ses contemporains, Tauteur du célèbre mémoire sur l'Instruction publique, mais on se souvenait qu'il avait acquis dans les aflaires du Clergé, comme agent général avant la Révolution, une connaissance approfondie des questions de finances; on rappelait les lois qu'il avait rédigées; on oubliait aisément qu'il avait été jadis évéque d'Autun; on voyait en lui une de ces grandes espérances qu'avait données la Constituante et qui, heureusement préservées par un séjour en Amérique, reparaissait à l'heure de la paix, prêt à offrir ses services à ce qui survivait de la France.
Dans cette section d'Économie politique, il n'y avait, à vrai dire, que deux économistes , Dupont de Nemours et Rœderer ; mais Dupont de Nemours était à lui seul la personnification de la Section. Disciple de Quesnay, ami de Turgot, dévoué à la science, courageux, plein d'illusions sur l'avenir, il n'eut pas une heure de faiblesse à Fégard des crimes ; proscrit sous la Terreur, détenu dans les prisons, il avait dû la vie au 9 thermidor et reparaissait prêt à apporter à ses amis et à ses convictions un dévouement dont tous ses contemporains s'accordaient à rendre témoignage.
Rœderer était de la même école; le plus jeune conseiller du Parlement de Metz, imbu des doctrines de Turgot et d'Adam Smith, il avait apporté à la Constituante une activité prodigieuse au service d'une science consommée ; il fut l'âme du Comité des Contributions et rédigea la plupart des lois qui organisaient le nouveau système d'impôts. Proscrit pendant la Terreur, il venait d'échapper à la mort, comme les autres membres de la Section : tous les six menacés, en fuite, ou en prison, avaient failli être victimes du régime dont la France était délivrée.
L'ancienne Académie des Inscriptions contenait beaucoup d'érudits. La section d'histoire les recueillit. La plupart étaient des reli-
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gieux ; ils n'étaient pas tous sortis de Tordre de Saint-Benoît, mais ils étaient de la race des Bénédictins.
Anquetil, entré à dix-sept ans dans la Cong-régation de Sainte- Geneviève, curé de la Yillette, jeté à Saint-Lazare à soixante-treize ans, continuait à écrire son Histoire universelle, en attendant de jour en jour l'appel des condamnés. Legrand d'Aussy vivait au milieu des manuscrits du \\f et du xin'^ siècles. Dom Poirier, bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, demeuré seul au milieu des ruines <le rAbl)aye de Saint-Germain des Prés, se consacrait au XP volume <ki Recueil des Historiens de France. Dacier, secrétaire perpétuel de l'ancienne Académie des inscriptions, était lui aussi un érudit, de telle sorte que Raynal et Delisle de Sales représentaient seuls Thistoii-e pliilosopliique.
Aucun n'avait joué de rôle politique; presque tous avaient été menacés ou proscrits.
La section de géographie était la seule qui n'eut aucun lien avec les sciences philosophiques. La postérité ignorerait les noms, fort roiiiius alors, des savants voyageurs qui la composaient, si elle n axait compris un diplomate ami de Talleyrand, Reinhard, et un marin qui avait été l'honneur de notre marine et un véritable litTos, liougainville. Au Canada, sous les ordres de Alontcalm, il s'était couvert de gloire et le récit de son graml voyage autour du monde a\ait répandu son nom.
Des Iraxanx inh'i'icurs de l;i classe des Sciences morales el polili(|ues. nous n'a\(tns pas la prétention de donner ici un apeicu. Uien n'e^l |)|ii^ iiisii:niliaiil (ju'une liste, et n'est plus vide (ju'nn loiiini' indiijnanl h; sujet des nn-moires qui onl li-a\('i'S(' sans [m'iii' ICpicuNe du temps. .Malheureusement, ce n't'-laieiil pas les iiH'niJH'es les plus iiiiiiiii> (jiii lia\ aillaieiil le plus : la p()lili(|ue. les a8Senil)lées, les grandes allaires dispiilaieiil à riiislilul Daunou et Merlin, Sie\ es el ( lanil)a((''ic^. I allex land et |{(edei'ei".
126 LIiNSTITUT DK Fil ANC M
Dans la vie inti'vricun' de la Compagnie, les secousses du dehors ne se firent sentir ((u'une fois : le coup d'Etat de fructidor avait rouvert les listes de pioscription : Une lettre du ministre de