NOAILLES
Les malheurs et les calamités qui affligent la France, pèsent sur tout l'Institut et ont un douloureux retentissement dans le cœur de tous les enfants du Vénérable de la Salle. C'est ainsi que les Frères des pays étrangers envoient à leurs frères de France, le témoignage de leurs douloureuses sympathies^ et de leur fraternelle charité ; au Canada, les élèves font généreusement le sacrifice de leurs prix ; aux Etats, des collectes sont organisées, et l'Amérique est heureuse d'offrir 40,000 francs en faveur des victimes de la guerre. •
Terminons ce paragraphe par le témoignage d'un homme que personne n'accusera de favoritisme envers les communautés religieuses, Mr Jules Ferry. A l'occasion de la mort du frère Néthelme, tué au Bourget, le trop célèbre ministre écrivait au frère Philippe ; " Monsieur, je vous suis recon-^
naissant de cette pieuse pensée d'associer l'adminisration municipale à l'hommage que vous rendrez demain au très digne et très courageux [frère Néthelme, qui a payé de sa vie son dévoijment pour nos blessés. S'il y a des degrés dans l'héroïsme, les plus beaux sacrifices sont les plus obscurs, et bien assurément le frère Néthelme a accompli le sien sans aucun espoir de gloire. C'est pour nous un devoir d'autant plus étroit de lui rendre des honneurs auxquels il n'aspirait pas, mais qui lui témoigneront une fois de plus de ^, l'union intime de toutes les âmes françaises dans l'amour et la foi de la patrie. "
Cette lettre fut insérée au Journal Officiel, comme pour donner plus d'autorité à son témoignage, ou protéger son authenticité contre toute velléité de dénégation." (Keller).
lies Frères a l'Ecole. -^ , ,^,./- '•, ;, ' vy :• .;
'■'■"" 1° EN FRANCE. v^ -,::■"',....: ^ ■■„::.•-=:•■,:•,
" Les Frères des Ecoles chrétiennes ont conquis parmi nous une très grande place, que leur garde le sentiment public. Comment en serait-il autrement ? Ce que l'on appelle l'école est devenu sous leurs mains une création nouvelle, avec un perfectionnement inconnu jusqu'à eux, avec une puissance d'action intérieure et de transformation morale que l'on peut leur envier, mais qu'on n'a jamais égalée. Pour s'en rendre compte, il faudrait voir ce qu'est un pauvre enfcxnt du peuple quand, pour la première fois, il met le pied dans une de ces écoles, et ce qu'il est quand il en sort, le lendemain de sa première communion. Nous ne connaissons rien de plus frappant que la différence de ces deux états. Le cœur, l'intelligence et la tenue ne se ressemblent plus. Mais à douze
ou treize an?, l'enfant n'est pas délaissé par ses maîtres ; il trouve l'Œuvre du Patronage des Apprentis. Les écoliers de la veille sont les jeunes ouvriers du lendemain.
" Une admirable vigilance s'étend sur la route par où passent ceux qu'on appelle les deshérités. Dans toute la France, les orphelinats, les colonies agricoles, les sociétés de Saint-François-Xavier, les classes d'adultes, à Paris, les écoles du soir, l'école commerciale dite de Saint-Paul, le Cercle de 'a jeunesse sont autant d'institutions bienfaisantes pour des conditions et des desseins divers. L'œuvre de Saint-Nicolas, avec son double caractère d'école et d'atelier qui en fait l'originalité providentielle, est connue de toute l'Europe. L'Institut du Vénérable de la Salle représente parmi nous le génie du bien dans la variété de ses voies, dans son inépuisable fécondité qui se renouvelle aux sources éternelles ; il est l'ami actif de ceux qui ont le plus besoin d'être soutenus ; est-ce pour cela que la Révolution le tient en défiance ? Pour être écarté, suffit-il de mieux faire que d'autres ? Les exclusions pour cause de dévoûment entreront-elles désormais dans la jurisprudence révolutionnaire ? " (PoujoULAT.)
" Dans un temps moins troublé que celui que nous traversons, la supériorité de l'enseignement des Frères des Ecoles chrétiennes ou autres institutions congréganistes, ne serait pas même discutée ; car cet enseignement offre sur celui des laïques un double avantage, tant au point de vue de rintétêt budgétaire o^ au point de vue des intérêts de V Instruetion.
"1° L'enseignement des Frères est moins elter ; c'est une question de chiffres : prenons, par exemple, les écoles des Frères à Paris. Avant les dernières suppressions, elles coûtaient annuellement à la ville 321,100 fr. ; quand elles seront toutes transformées en écoles laïques, elles coûteront 739,- 710 fr., soit 418,610 fr. de plus; c'est-à-dire plus du double.
Pour les écoles de sœurs, le résultat est le même : les écoles qui coûtaient hier encore 418,500 fr. par an, coijteront bientôt de par le caprice et la tyrannie du conseil municipal de Paris, 940,210 fr., soit 521,100 fr. de plus. C'est donc une somme de 940,320 fr. qu'il va falloir tout d'abord ajouter annuellement au budget de Paris, en attendant que les avancements auxquels les instituteurs et les institutrices laïques auront droit, fassent monter cette somme à deux millions de francs," (Keller.) •'" ' '•■^-'''
" De plus, il ne Hiut pas oublier que les parents qui voudront une éducation religieuse pour leurs enfants devront entretenir des écoles libres à leurs frais. Comme contribuables, ils apportent leur contingent au budget, sans que d'ailleurs on tienne aucun compte de leurs intérêts et de leurs vœux dans l'organisation de l'enseignement public. Ils payent à la fois leurs écoles et celle des autres. C'est ainsi qu'on pratique aujourd'hui l'égalité et la justice.
- " 2°. Renseignement des frères est supérieur à renseignement laïque ; les faits le prouvent péremptoirement. Deux sortes de concours sont établis entre les élèves des diverses écoles de Paris : l'un pour l'obtention des certificats d' étude ; l'autre, pour l'admission aux écoles de V enseigmment supérieur primaire.
" Laissons aux chiffres la parole sur les résultats de ce double concours, .
Certificats d'étude.
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Ecoles