AU CANADA
Le Canada a été de tous temps l'objet des plus vives sollicitudes de la part de l'Institut. En 1718, c'est-à-dire du vivant même du St Fondateur, M. Charon, homme d'un grand 7.clc et un des fondateurs de l'hôpital de Montréal, vint à Paris solliciter des disciples du Vénérable de la Salle, Toutefois, cette tentative n'aboutit point ; elle fut reprise quinze ans plus tard, sous le généralat du Frère Timothée, Deux frères, les frères Denis et Pacifique, furent envoyés, pour voir par cnx-incincs rétat des cJioses. La position ne leur paraissant pas assez conforme au but de l'Institut, ils dirent rentrer en F'rance, quittant Montréal avec peine, sans doute parce qu'ils entrevoyaient les fruits abondants que pouvaient produire les écoles chrétiennes dans cette belle et religieuse contrée.
Le projet de M. Charon fut repris cent ans plus tard, mais amendé de telle sorte qu'il ne mettait en péril aucune des règles de l'Institut. Disons de suite que nous ne saurions trop admirer la sagesse d'une Congrégation qui préfère renoncer à une riche colonie, plutôt que de sacrifier I4 plus petite de ses constitutions. Pour une communauté la règle c'est la vie ; y faire brèche, c'est ouvrir une porte à tous les abus, et, finalement, à une ruine totale. // est, dit l'Esprit- Saint, U7ie voie qui paraît droite, mais elle mène à la mort. Cette petite concession n'est rien, dit-on, le bien de la localité l'exige. Admettons que de cette concession résulte un bien particulier, local ; mais ce bien local ne causera-t-îl pas un préjudice au corps entier ? Il suffit d'une petite pierre détachée pour déparer le plus beau frontispice, d'une légère fracture pour troubler toute l'économie du corps le plijs robuste, d'iinc goutelctte de venin pour altérer
la plus foi te constitution. Hélas! combien d'ordres doivent leur destruction à un point de règle cbréchc par faiblesse ou complaisance! Aussi tous les Fondateurs, d'ordinaire doux comme des agneaux, s'animaient-ils comme des lions pour défendre leurs règles et les garder intactes. " Partout où le Vénérable portait la sienne, dit M. Ravelet, il se heurtait à des idées particulières, à des traditions ou à des préjugés qui prétendaient s'imposer à lui, et qui, tantôt avec obstination et dureté, tantôt avec amitié et par insinuation, voulaient modifier ses propres règlements. " Mais jamais il ne transigea sur cette question : ni avec M. Baudran (i), qui prétendait modifier l'habit des frères en lui donnant une forme plus élégante ; ni avec M. de la Chétardie, (i) qui s'efforçait de faire prévaloir l'organisation hiérarchique que sa propre sagesse avait inventée ;— ni avec M. le Curé de St. Roch, qui voulait imposer aux frères la fonction de catéchistes à l'Eglise ;— ni avec M. le Curé de Darnetal, qui voulait leur confier la direction du chant ;— ni même avec Mgr de Chartres, son ami intime, qui, pour l'édification de ses diocésains, demandait au Vénérable de répartir ses disciples dans les diverses paroisses de la ville.
Nous recommandons ces réflexions aux personnes qui seraient tentées de taxer d'opiniâtreté les Supérieurs de nos Communautés, lorsqu'ils s'opposent à toute innovation dans leurs Règles. C'est certainement une grande erreur que d'accuser nos Congrégations religieuses de ne point comprendre leur siècle, quand elles refusent de livrer aux caprices d'âmes plus pieuses qu'éclairées leurs saintes constitutions, ces monuments de haute sagesse qu'on élevés les Fondateurs d'ordres et que l'Eglise a couronnés de sa suprême autorité.
(I ) Tous deux cuvc« «lo la paroisse do St. Sulpicc, ù Taris,
M. Quiblicr, supérieur du séminaire do l;i congrégation de Saint-Sulpice h Montréal, comprit mieux ces vérités que M. Charon. Douloureusement frappé du délaissement de.<. enfants pauvres autour de lui, il demanda des frères au frère Anaclct, supérieur général ; Mgr. Lartigue, évêque de Montréal, joignit ses instances aux siennes. Le lO octobre 1837. le paquebot Louis-Philippe, partant du Havre, emportait quatre frères des Ecoles chrétiennes : le frère Aidant, directeur, les frères Adclbcrtas, Rombaud et Euvcrte. Ils a ent pour compagnon.v de route trois prêtres de Saint-Sulpice : MM. Billaudèl.% Chalbos et Raymond. Ils arrivèrent à New- York le 3 novembre, et le lendemain ils i)artaient pour le Canada. Trois jours après, ils étaient à Montréal, après avoir remonté le fleuve Hudson jusqu'il Troy. Le-; Sulpiciens leur offrirent l'hospitalité dans leur séminaire. Ee curé de Montréal annonça au prône que ceux qui voudraient confier aux Frères l'éducation de leurs enfants pourraient les présenter au frère directeur le 2 1 décembre. Ce jour-là, deux cents enfants furent admis; les classes ne tardèrent pas à s'ouvrir ; une messe solennelle du Saint-Esprit les inaugura le 22 janvier 1838; Mgr, Bourget, évêque coadjuteur de Montréal, y assistait. M. Ouiblier prononça un discours sur les avantages d'une bonne éducation ; l'évêque coadjuteur bénit les classes ; une quête fut faite pour fournir aux enfants, pauvres les objets nécessaires, et la charité des assistants fut généreuse. Le 6 juin 1838, les Frères quittaient le sémi re pour .s'établir dans une maison attenante à leurs classes, rue Saint-François-Xavier : le nom de cet admirable apôtre s'offrait à eux comme un encourageant souvenir. Ils durent faire passagèrement le sacrifice de leur chapeau tricorne ; maintenant ce chapeau est universellement respecti. Les quatre frères étaient à l'œuvre depuis quatre mois à peine»
"lorsqu'un singulier témoignage d'estime leur fut donné par les prêtres et les marguillers de Montréal. Dans une assem- ^^ blée annoncée au prône de la messe paroissiale et convoquée au son de la cloche, il fut résolu unanimement que les Frères des Écoles chrétiennes qui viendraient à décéder dans la paroisse de Montréal seraient inhumés gratuitement sous les voûtes du chœur de l'église paroissiale, et qu'un " service à deux cloches " serait célébré au jour de leur sépulture aux frais de la fabrique : " l'une et l'autre faveur, disait la délibération, en témoignage de la reconnaissance des parents pour les importants services qu'ils rendent à la jeunesse de cette ville. " M. Quiblier, supérieur du séminaire, curé de Montréal donna aux frères communication de cette résolution.
Le frère Philippe, qui aimait à voir son Institut s'étendre, s'intéressait à ce cher arbre de Saint-Yon transplanté sur le sol américain ; les succès des quatre frères, si utilement soutenus par les pieux Sulpiciens de Montréal, firent partie des premières consolations du successeur du frère Anaclet. Il leur adjoignit volontiers de nouveaux compagnons de travail selon les besoins de l'accroissement des classes. Le nom de M. Quiblier se mêle avec beaucoup d'honneur à ces développements rapides ; par ses soins dévoués, des acquisitions sont faites et des constructions s'élèvent. Douze classes y sont installées. Une chapelle à l'usage des frères et de leurs écoliers fut placée sous le vocable de saint Joseph et bénie par l'évêque coadjuteur de Montréal; elle recevait les dons des catholiques de la ville ; mais les bienfaiteurs généraux des frères étaient surtout les Sulpiciens de Montréal. Patronner les frères des licoles chrétiennes est comme une •tradition parmi les enfants de M. Olier ; les curés de Saint- Sulpice furent, à Paris, les premiers soutiens du Vénérable
de la Salle, et l'on aime à voir, à deux siècles de distance et au delà des occ'ans, les fils de la même maison fidèles aux mêmes sentiments. Vingt-cinq frères firent la classe à dixhuit cents enfants. Ils curent la joie de voir, le jour de la Toussaint de 1840, quatre postulants, leurs anciens élèves de Montréal, prendre l'habit : c'était le recrutement sur place. L'année 1840 leur apporta aussi un encouragement important : ils reçurent la visite du gouverneur général du Canadr, lord Sydenham, qui se rendit soigneusement compte de tout et n'eut que des louanges à donner.
Une autre visite, plus précieuse pour des religieux, leur fut très douce l'année suivante: ils firent leurs classes en présence des évêques de Montréal, de Québec, de Kingston et de Boston, accompagnés d'un nombreux clergé ; ils reçurent des félicitations et des bénédictions. Mgr de Forbin- Janson, évêque de Nanc}', vint bientôt y joindre les siennes ; il errait alors loin de son troupeau. En 1843, Québec eut ses écoles chrétiennes, et les frè.ies y obtinrent promptement autant de confiance qu'à Montréal. L'heure était venue pour eux de se porter sur d'autres pomts de la terre américaine , le frère Aidant, sur les instances de l'archevêque de Baltimore, alla fonder dans cette ville une école. Ce fut lui que le frère Philippe autorisa, en 1847, à venir à Paris pour rendre compte de l'œuvre des Parères en Amérique depuis dix ans. Quels touchants et intéresùants récits on entendit alors dans la maison-mère !
Le frère Aidant reprit le chemin de l'Amérique, emmenant cinq frères avec lui. Il y avait toujours plus de moissons que d'ouvriers. En 1844, les frères s'étUolissaijnt à Trois- Rivières. Une heureuse nouveauté avait commencé à Montréal : l'enseignement de la lan.Ljue anglaise en deux classes pour les enfanbi de nation irlandaise installés dans l'ancienne
maison des Récollets. Les frères Laurence et Francis dirigeaient les deux classes. Ces abeilles sorties de la ruche canadienne se présentaient avec le miel de leur pays. Deux nouvelles classes anglaises et une école d'adultes avec centvingt élèves marquaient l'année 1845. A Montréal comme à Paris, comme en tout pays du monde, l'école d'adultes, cette belle création des frères, est un bienfait que le peuple comprend. (Vie du frère Philippe, par Poujoulat.)
Depuis près de quarante-cinq ans, les Frères des Ecoles chrétiennes donnent l'instruction à des milliers d'enfants et l'épandent dans la province entière le bienfait d'une éducation chrétienne. Les cadets de la famille se montrent dignes de leurs aînés et remportent des palmes dont ils peuvent être fiers à juste titre ; aussi ont-ils conquis une large place dans les sympathies du clergé et du peuple canadiens. '
La contradiction du monde est le sceau des œuvres di^vinci ; la vie du saint Fondateur en est Une preuve convaincante. Nous savons comment, en France, la révolution traite les disciples du Vénérable. Grâces a Dieu, nous sommes, en Canada, loin de pareilles extravagances ; néanmoins, nous avons entendu çà et là quelques notes discordantes. Ici, oli accuse les Frères de viser trop haut, et de sortir du cadre de leur programme primitif; là, on les taxe d'incapacité et on déclare qu'ils doivent se restreindre à enseigner le B A Baux jeunes enfants et laisser à de plus doctes la direction des Pensionnats, des Académie... et des Collèges commerciaux. C'est toujours la même histoire : Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant ; il est, disent les pharisiens, possédé dli démon ; Jésus vient^ qui mange et qui boit: c'est, reprennent les saintes gens, un homme de bonne chère.
A ces propos, inspirés sans doute par l'ignorance, nous pourrions faire une réponse soillmaife en citant lés milliers
d'élèves qui encombrent leurs écoles et les nombreuses demandes d'établissements qu'ils reçoivent chaque jour : mais nous préférons céder la parole aux faits et à des témoins qu'on ne suspectera ni d'incompétence ni de partialité.
En 1877, Monsieur le Surintendant fait une exposition scolaire à Québec ; les Frères y prennent part et le jury chargé d'examiner les travaux exposés déclare qu'il n'a que des éloges pour ceux des Frères de la Doc fritte chrétiettttc.
L'annr j suivante, en 1878, le Canada participe à l'Exposition universelle de Paris et y figure avec honneur. Les Frères présentent une série de travaux scolaires remarquables, qui, au témoignage de M. Archambault, député de la province et membre du jury, contribuent puissamment à obtenir la médaille d'or dont fut couronnée l'exhibition canadicrtne. Ce détail, communiqué dans l'intimité, est corroboré par le journal de l'instruction publique. Dans la réception qui lui fut faite au Plateau, lors de son retour en Canada, M. Archambault s'exprime ainsi : " Nous avons eu l'avantage d'avoir dans notre Exposition scolaire les travaux de diverses institutions qui répandent l'instruction dans notre province : collèges classiques... écoles des Frères de la Doctrine chrétienne. L'Institut des Frères de la Doctrine chrétienne a reçu un rappel du diplôme qu'il avait déjà obtenu en 1877, avec mention de "Progrès" pour l'excellente instruction qu'il donne en France, en Belgique, et j'ai eti Vhotiticttr de faire ajotitcr, ati Cattada."
Deux ans plus tard, c'est-à-dire en 1880, une nouvelle: exhibition eut lieu au Palais de cristal du Mile-End ; chacurt put y admirer la richesse et la variété des produits exposés par nos Frères des Ecoles chrétiennes. Parlant de leurs dessins, un ingénieur protestant déclarait qu'ils étaient les plus hcatix de Vexpositiott. " Aussi la Commission de l'Expo-
sition, écho de l'opinion publique et juste appréciatrice du vrai mérite des Frères/ leur dccerna-t-elle un diplôme de première classe. ' :M^f ■>.•-- -^;; -•':.... (r-".-,,..,. ;.,',;■! >i.-fr-,
A l'occasion de la fête du deuxième centenaire de l'Institut, /a Minerve du 20 octobre 1880 publiait sous titre : " Les Frères ycs Ecoles Chrétiennes. " un article de fond des plus élogieux pour les fils du Vénérable de la Salle. Voici comment elle s'exprimait :
" On célèbre cette semaine, dans la Province de Québec, le deuxième centenaire de l'établissement de l'Institut des Frères des Ecoles chrétiennes par le Vénérable Jean-Baptiste de la Salle. Les Frères des Ecoles chrétiennes sont aujourd'hui répandus partout, et cet anniversaire important a été fêté dans tous les pays du monde. ; . —
' " Le Canada catholique, qui doit tant à ces dévoués apôtres de l'enseignement primaire et de l'éducation chrétienne, ne pouvait laisser passer cette circonstance sans leur témoigner sa gratitude. Comme on a pu le voir par le mandement de Mgr l'Archevêque, la célébration a été remise à cette date, parce que la fête se trouvait à tomber en juin, à l'époque même de la Saint-Jean-Baptiste. -■■■■■ ■'
" Les disciples du Vénérable de la Salle sont établis au Canada depuis près d'un demi-siècle, et l'on sait le bien qu'il ont fait parmi nous. La plupart des hommes de la classe instruite ont reçu d'eux leur première éducation» On passe, dans notre pays, de l'école des Frères au collège. Ce sont les Frères qui ont préparé à l'enseignement secondaire presque tous nos hommes de profession. Ils comptent ici, comme partout ailleurs, parmi les meilleurs maîtres de l'enfance* Ce sont des instituteurs irréprochables, qui o^<- de plus le mérite, très appréciable et très apprécié, de coûter peu cher. Et sous le rapport religieux, ils offrent des garanties incontestables»
" Kn ce temps surtout de persécution religieuse, où l'enseignement chrétien est si indignement attaqué dans d'autres pays, nous devons tenir plus particulièrement à témoigner de nos sympathies pour ces dignes et dévoués serviteurs de l'enfance. " . > , . , ■,,
Au mois de janvier de l'année dernière, l'Académie commerciale de Québec exposa dans les salles de l'école ses travaux des quatre premiers mois de l'année scolaire. Mgr. l'archevêque, M. le surintendant, MM. les membres du clergé,. de la magistrature et plus de 4500 personnes honorèrent cette exhibition de leur présence et prodiguèrent aux maîtres et aux élèves les éloges les plus flatteurs, et disons-le, les plus sincères et les mieux mérités. La presse entière s'associa à ce concert, et pendant plusieurs jours, les feuilles québecquoises publièrent aux quatre coins du Canada les succès des humbles disciples du Vénérable de la Salle. Citons quelques extraits choisis parmi les journaux de tous les. partis :
" Nous ne surprendrons personne en disant que les travaux exposés sont tous des modèles dans le genre, car le public connaît déjà les succès que les élèves des Frères ont remportés aux expositions provinciales ; mais nous avons été nous-mêmes surpris que des jeunes gens, encore sur les bancs de l'école, des enfants pour bien dire, soient parvenus à un tel degré de perfection. ,:•';; •, -;; j r .
Les ouvrages exposés ne sont pas seulement des copies serviles de modèles qu'on aurait mis sous les yeux des élèves ; ce sont, on peut dire, des travaux faits par les seules règles de la perspective et do l'architecture, sur des plans cotés proposés par le maître à l'étude des élèves.
Un tel succès n'est pas (' .1 seulement au talent et aux. aptitudes des élève; ; il est du, et pour !a plus grande partie,.
au mode excellent d'enseignement du dessin suivi par les Frères des écoles chrétiennes et aussi aux connaissances hors ligne du maître de dessin. ■
Pendant toute la journée, hier, un grand nombre de citoyens de Québec sont allés visiter cette magnifique exposition. M. le Surintendant a paru prendre un grand intérêt à l'examen de tous les dessins exposés, et il n'a pas ménagé l'expression de son admiration en plusieurs occasions. " (Courrier du Canada.) . ■
" L'Académie comprend deux cours distincts : i° le cours préparatoire, 2° le cours commercial.
Nous avons oublié de mentionner plus haut que les révérends Frères font d'énergiques efforts pour enseigner la langue anglaise, aujourd'hui si utile, pour ne pas dire indispensable, dans les différentes carrières que nous embrassons. Le temps de= classes est également divisé par l'étude de l'anglais et ^elle du français. ;f:^ ': v. ; ■ . , : :>
" Le cours préparatoire est partagé en deux classes : la première se compose d'er!ants âgés de 8^ ans à lO^, et la seconde est fréquentée par des enfants de 6^^;^ ans à S^/^. On y enseigne l'art de lire et d'écrire, quelques notions de la grammaire française, etc. Lesélèves sortant de ce cours sont suffisamment préparés pour entrer dans la grande Académie ou dans les séminaires et les collèges. Nous avons examiné avec soin les travaux exécutés par ces enfants, et nous les avons admirés. Les cahiers sont tenus avec une grande proprêté, et l'on constate, à chaque page, des progrès sensibles. Si jeunes encore, et savoir manier la plume avec une aussi grande facilité ! Mais nous ne nous étonnons pas : les révérends Frères possèdent l'art merveilleux de l'enseignement. Les succès qu'ils ont obtenus dans toutes les expositions provinciales sont là pour attester que nous n'exagérons pas.
'* Le cours commercial renferme quatre classes, et sa durée est gcnéraicment de cinq ans. Comme le titre l'indique ; l'enseignement comprend ce qu'il faut pour qu'un jeune homme puisse figurer avec honneur dans le commerce. Et les révérends Frères parviennent sûrement à leur but, car ces élèves, en quittant leur établissement, occupent presque toujours de magnifiques situations et savent profiter des leçons de leurs dignes professeurs. Plusieurs élèves de cette Académie ont été admis même à l'étude de l'arpentage et du génie civil, après un brillant examen ; ce fait parle éloquemment en faveur de cette institution et des études solides qu'on y fait. Les jeunes gens qui fréquentent la grande Académie viennent des différents quartiers de la ville, de Beauport, de Lorette, de Sillery, de Lévis et d'autres paroisses environnantes."
" Les travaux de dessin d'après nature, faits par les élèves de cette division, sont d'une rare beauté et méritent les plus grands éloges. " (Canadien.)
Ecriture. — " La hardiesse du coup de plume, le fini des ouvrages de calcul, de mensuration appliquée à la géométrie, l'arpentage, la trigonométrie, la correspondance commerciale anglaise et française des élèves des classes supérieures nous ont peu surpris ; car nous sommes habitué à nous laisser dire et à juger par nous-mêmes ce que sont et ce que valent les élèves qui font un cours complet à l'Académie des Frères de Québec. ; . ^^^v * u. . .. ■ .:■
Nous mentionnerons cependant M. H. Falardeau qui tient la palme ; MM. D. Dalaire, L. Laberge, E. Coté, O. Trudelle, E. Batterton, H. Burns, A. de Rousselle, J. Dion, N. Laforcc, G. Rinfret, G. Van Felson, et A. Urouin, qui pourraient à eux seuls former une exposition.
Le grand soin que l'on semblait avoir apporté à l'exécution apparente de? travaux n'a causé aucun préjudice aux
progrès de l'elèvc. En examinant de près nous avons constaté que le fond n'avait rien à envier à la forme.
De nombreuses corrections soulignées par un trait de la main du professeur accusaient que le poli et l'agencement n'étaient plus un truc de métier. Et nous le disons en passant, on ne saurait donner trop d'attention à cet ordre, à cette netteté, à cette sorte de mise en scène de tout ce qu'un jeune homme fait ou dispose et qui l'habitue à ranger tout ce qu'il touche, lui inspire le goût du sérieux et de l'étude, et lui assure souvent une espèce de supériorité sur ceux qui l'entourent.
Mais si le visiteur a lieu d'être satisfait des succès qui correspondent aux efforts du jeune homme de 1 5 à 20 ans, c'est surtout à la vue des pâtes rondement et élégamment faits du petit marmot de 7, 8, et 9 ans, que l'admiration ne connaît plus de bornes ; là se révèlent le tact, la constance et l'habileté de la part du maître qui arrive ainsi à former d'aussi jeunes enfants à un tel degré de perfection, et de la part de l'élève une docilité parfaite aux instructions qu'il reçoit, jointe à ce désir de tout savoir, si naturel à son âge, qui trahit souvent le degré d'intelligence parfois précoce, et toujours susceptible du plus complet épanouissement. ''
Dessin.- Le dessin enseigné à l'Académie est pratique avant tout ; on vise plus à rutile qu'au dnlce. C'est ce genre de dessin, aussi bien que ce système d'éducation pratique que l'on désirerait voir introduit dans les nombreuses écoles dont la plupart des élèves se recrutent dans les familles d'artisans et d'ouvriers. De plus, si l'on se flatte que l'éducation a fait un grand pas dans notre province depuis 25 ans, il est douteux que l'on ait raison de s'enorgueillir du piteux état où sont encore réduites presque tontes nos écoles de campagne. ¥a qui dit un cn^;eignement pratique, mais
méthodique, mais intelligent, mais concient dans ce que l'on fait, ne dit pas un système exclusif dans ce que l'on enseigne ; à preuve, c'est que depuis quatre ans seulement, sur 93 élèves qui ont fait ou complété leur cours commercial, 1 1 sont dans la mécanique, 7 pratiquent l'architecture, 4 ont subi avec distinction leur examen pour l'étude du génie civil, 2 pour l'école militaire, 4 sont cultivateurs et 2 sont voués à l'enseignement ; le reste figure avec avantage dans les premières maisons de commerce de cette ville. Nous tenons ces détails de M. le principal même de l'établissement, qui les a portés au crédit de l'historique de la maison. Or, nous nous demandons après l'évidence de ces faits ce que serait, ce que pourrait être la somme immense de bénifice que retireraient la ville de Québec et la province entière, en possédant une Ecole des Arts et Métiers dirigée avec autant de tact et de discernement que l'est l'Acadéuiio qui remplit un si beau rôle à Québec. Nous laissons ici une marge à la réflexion des honorables ministres qui nous gouvernent. " (Évcnemcnt.)
Industrie. — " Nous ne saurions terminer le compte rendu de notre visite à la très agréable et instructive exhibition offerte au public par les bons Frères de l'Académie, sans mentionner un magnifique pupitre en marqueterie qui est sûr d'attirer l'attention de chaque visiteur à l'exposition. Ce pupitre }st composé d'environ 13,500 pièces provenant de 123 espèces de bois et offrant vraiment une unique et splendide apparence. Ce travail a pris 18 mois et est estimé 300 piastre.;. Son habile et laborieux fabricant est M. G. H. Gignac, de Sillery, élève de cours académique][de dessin en 1879." (Daily Tclegraph.)
" C'est réellement un chcf-d'u:uvre, " dit ie Canadien ; et où, ajoute le Courrier du Canada, " toutes les règles de l'architecture et du dessin ont été scrupuleusement et fidèlement observées. "
Ainsi, les faits le proclament bien haut ; en Canada, comme <lans toutes les contrées, nos Frères des Ecoles chrétiennes sont à la tête de l'éducation ; les expositions, comme les concours, les placent au premier rang. ' . *
' Ne serait-ce point ces brillants succès, ces éclatants témoignages qui leur suscitent tant de contradictions même parmi certaines personnes qui se piquent de bienfaisance et prônent la philanthropie ? ^ ' *' -' ' '' ' ' ' - , ■ ^
Plusieurs fois nous avons entendu louer nos bons Frères, mais d'une manière restrictive ; on avouait la supériorité des méthodes, le dévoûment des maîtres, le succès des élèves. *' F'ort bien, me disait un jour un de ce: pseudo-admirateurs ; les Frères ont des succès dans les Expositions et les concours, mais pour obtenir de tels résultats ne s'urchauffentils pas les élèves ? le zèle et la science des maîtres ne se dirigent-ils pas exclusivement sur quelques points plus en relief?" , ., . .
Nous connaissons trop l'esprit de sagesse qui préside ù la direction de l'Institut pour accorder à cette puérile objection l'honneur d'une minute d'attention ; mais tout le monde n'a pas, comme nous, le bonheur de connaître les disciples du Vénérable de la Salle et nous craignons que cette ineptie inventée par l'esprit de légèreté sur les bords de la Seine n'ait un trop fidèle écho sur les bords du St. Laurent. Pour la réduire à néant, il nous suffira de citer le témoignage d'hommes judicieux, compétents et à l'abri de toute suspicion : Messieurs les Inspecteurs. Nous n'avons qu'à consulter leur notes et leurs rapports annuels à M. le Surintendant ; là, nous prenons les Frères sur le fait, nous les voyons à l'œuvre, nous les suivons pas à pas, au jour le jour, et sur tous les points de la Province. Si ces pièces de conviction laissaient encore chez nos contradicteurs quelques préjugés
contre les bons Frères des Ecoles chrétiennes, nous serions tentés de les croire atteints de ce mal mystérieux dont parle le poète : , . • : '
" Là glt la sombre Envie ù l'o'il tiniido tt louche. "
" Le Canada, disent MM. Giard et Dunn, a des écoles florissantes dirigées par les Frères des Picoles chrétiennes. " (Joutnal de V lustriictioti publique, 1877.J ^
St. Grégoire. — " Dans mon dernier rappoit, je n'ai point fait mention de la nouvelle école des Frères, construite à St. Grégoire, parce qu'elle n'était pas encore en opération. Comme toutes les écoles tenues par les Frères de la Doctrine chrétienne, cette école fait un grand bien. {Laplatitc, Inspr., 1879- 1880).
Ste Marie. — " J'ai visité aujourd'hui le Collège des RR. Frères des Ecoles chrétiennes. J'y ai trouvé de l'ordre et des progrès. L'enseignement du français, de l'anglais, des mathématiques, de la tenue des livres et du dessin a marché de progrès en progrès. Ce m'est un grand bonheur d'exprimci' à ces instituteurs pleins de zèle tout le contentement q>ic m'inspirent de si beaux résultats. (Vie/t, Inspr., 1881.) ,, f St. Henri. — " Il y a ici 2 municipalités et 5 écoles aussi nombreuses que bien fréquentées, savoir : celle des Frères des écoles chrétiennes, remarquable par la bonne discipline qui y règne et par les succès que les élèves obtiennent. " (^M. Valade, Inspr., 1873-1874). ^ r: ï. /-.^
[ " Aussi il y a à St. Henri une Académie de garçons sur le meilleur pied possible tenue par les Frères des Ecoles Chrétiennes. " {McMahou, Iiispr., 1876- 1877).
Laehinc. — " Il y a une bonne Académie de garçons, à Lachine, ouverte depuis un an dans un vaste édifice dû au zèle du digne Messire Fiché. " {McMakojt, Inspr., 1876-77).
" Le collège commercial de Lachine, dirigé par les Frères de la Doctrine chrétienne, est fréquenté par 187 élèves. Outre l'excellente réputation dont il jouit, comme tous les établissements du môme genre, il se trouve avantageusement situé à proximité de Montréal. {Brdult, Inspr., 1877- 1878).
" Cette institution se distingue par l'écriture propre et soignée qu?on y trouve. " (/i5'/</. 1878- 1879). < ■'
Longiiciiil. — " Cette municipalité compte un Collège industriel tenu par les Frères de la Doctrine chrétienne. Cette n titution est fréquentée par un grand nombre d'élèves dont iles progrès rapides attestent l'habileté des maîtres qui ont pour mission de les instruire. " {Archambault. 1871). — " L'Institution supérieure de cette municipalité tenue par Messieurs les Frères des Ecoles chrétiennes continue toujours à attirer dans ses excellentes classes un nombre considérable d'élèves qui attestent toujours de l'enseignement de cette bonne institution. " {Ibid. 1876-1877). . .. ,
Toronto, Dec. ler. 1882. — La visite de la classe supérieure de " De la Salle Institute" m'adonne pleine satisfaction. Les élèves travaillent fort bien. Ils ont répondu avec succès sur toutes les matières enseignées ; mais ils se sont surtout distingués en grammaire et en littérature. Les élèves possèdent d'une manière parfaite les livres qui sont à leur usage. ' ■' .■.■>^':'' '--;.*-,;:••:::-■■-';.'•: J. F. VVhite, ■
' ' ■■ ^''- • '' ■ ' Inspcctoi' of High Schools,
Je]^viens de terminer ma première visite à l'école St. Paul département des garçons. L'ordre est excellent. Les élèves ont répondu d'une manière satisfaisante. Les maîtres se dévouent tout entiers à la tâche de l'enseignement. J'e.^père 4ue sous leur direction, l'école prendra un nouvel essor.
James F. Whiic,
Inspecter of High Schocls.
Toronto, 16 janvier 1883,
J'ai été bien satisfait des élèves de l'école St. Patrice^ sous la direction de^ Frères des E. C. Les maîtres paraissent zélés et dévoués à leur tâche. Les enfants sont propres et se conduisent bien. Une chose m'a particulièrement plu ; çà été de voir les exercices de drill qui s'y font régulièrement sous la direction de l'un des maîtres. Les classes sont propres, bien tenues, bien éclairées, et largement pourvues de tout ce qui a trait à l'enseignement.
y a mes F. Uliiic,
Insp. cf High ScJiocls.
Islet.. — " Nous avons deux écoles de Frères, dont l'une récemment érigée en la paroisse de l'Islet, — l'autre était à St. Thomas - les - Montmagny — desquelles sortent chaque année, des jeunes gens capables de remplir des emplois assez importants dans la société." {Crcpault, Insp., 1853.) — " L'Académie de garçons est tenue par les Frères de la Doctrine chrétienne, qui, là comme ailleurs, savent, tout en formant le cœur de l'enfant, lui enseigner les connaissances nécessaires pour devenir plus tard un sujet utile à la société". {Ibid. 1858.) — " Cet établissement réussit on ne peu^ mieux. Le jeune garçon qui a fait un cours commercial chez les Frères se fait aussi remarquer par sa vertu, par sa bonne conduite et le respect qu'il a vis-à-vis de ses supérieurs et de tout le monde. " {Ibid. 1878.)
La Baie. — " Cette municipalité compte 1 2 écoles élémentaires, une académie indépendante de garçons, une école indépendante de gardons, et un couvent sous la direction des sœurs de l'Assomption. En général, ces écoles sont médiocres, excepté l'école élémentaire de filles, qui est sous les soins des sœurs ainsi que l'école tout récemment établi : Je suis très heureux de pouvoir constater que grâce au zèle et à la générosité du Rév. M. Paradis, l'école des garçons
doit passer cet automne sous l'habile direction des Frères de la Doctrine chrétienne. " (Z. M. Laplante, 1876-77). — " L'académie des garçons est sous l'habile direction des Frères de la Doctrine chrétienne à la Baie du F'ebvre. Inutile de dire que cette institution est à la hauteur de sa position et fait beaucoup d'honneur au Rév. M. Paradis qui en est le Fondateur. " {Ibid, 1878- 1879).
Kingston. — J'ai visité l'Ecole des F"rères des Ecoles Chrétiennes aujourd'hui. Les élèves ont été examinés sur les spécialités suivantes: y\rithmétique, Algèbre, Géographie, Grammaire anglaise, etc. Les réponses sur ces différents sujets, ont été très bonnes, et, selon moi, sont une preuve que l'enseignement de tous les maîtres est donné avec soin, et les élèves y correspondent avec attention et intelligence. L'ordre est très bon. Des méthodes rationnelles sont suivies, et les résultats sont très satisfaisants.
' y. A. McLcllafi,
Inspecior of "High Schools".
J'ai visité la première classe de l'Ecole des F>èresdes Ecoles Chrétiennes aujourd'hui. Les élèves ont été examinés sur les sujets qui suivent : Lecture, Analyse (logique et grammaticale). Syntaxe, Algèbre, Géométrie et Arithmétique, Les cahiers de devoirs et d'écriture appliquée ont été aussi examinées, J'ai le plaisir d'exprimer que l'état de l'Ecole me commande une opinion favorable. Les réponses, en général, ont été correctes et intelligentes, attestant un ^^enseignement profond, sérieux et soigné. Le dessin, linéaire tel qu'enseigné ici, mérite une mention spéciale. L'ordre est excellent.