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COLLECTION DES PRODUITS D'AFRIQUE

Nos possessions de la côte occidentale, Sénégal, Soudan français, Guinée française et Dahomey , sont représentées par de nombreux produits, dont presque tous sont aujourd’hui déjà bien connus, grâce aux travaux de M. Heckel : quelques-uns sont entrés dans le commerce ou dans l’industrie et y tiennent une grande place.

Le Karité (Bassia Parkii), dont les graines fournissent un beurre de bonne qualité, et du tronc duquel s’écoule, en abondance, un latex qui, coagulé, pourra peut-être suppléer dans une certaine mesure la véritable gutta de plus en plus rare ;

Le Maloukang ou Ankalaki dont les graines grasses, d’un grand avenir, fournies par le Polygala butyracea d’Heckel et étudiées avec soin par lui, sont l’objet de l’acclimatation actuelle dans nos colonies tropicales et donnent une graisse comparable pour le goût au beurre de vache.

La noix de Kola ( Cola acuminala), devenue d’un usage courant et dont l’histoire a fait l’objet du premier volume des Annales de l'Institut Colonial de Marseille dû entièrement à M. Heckel ; elle tient actuellement une grande place dans le commerce de l’Europe.

Le Séribéli ( Connarus africanus), dont les graines riches en tannin, ont des propriétés vermifuges signalées à M. Heckel par le Dr Drevon, médecin principal des colonies; elles ont été bien étudiées par le Directeur du Musée Colonial dans les Annales de la faculté des Sciences de Marseille (en 1893).

Le Salikounda ( Copaifera Salikounda ), dont les graines sèches à odeur de coumarine, employées sous forme de pommade par les Sousous, pourraient passer pour un succédané de la Fève Tonka, bien

que, d’après les recherches de M. Heckel, celles-ci contiennent dixsept à dix-huit fois plus de principe aromatique ( coumarine );

Le Dadigogo ou Balancounfa (Ceratanthera Beaumet^i Heckel), Scitaminée du Sénégal, tænifuge et purgatif par ses rhizomes frais et sa tige :

Le Kinkélibah ( Combretum Raimbaulti Heckel), qui, par ses feuilles employées en décoction, est le spécifique le plus en faveur contre la fièvre bilieuse he'maturique, et que M. le Dr Rançon a employé comme tel avec tant de succès, pendant la dernière expédition de Madagascar. Le succès de cette plante mise en honneur scientifique par M. Heckel s’affirme de jour en jour.

Le Néré ou Café du Soudan ( Parkia biglobosa), dont les indigènes consomment, en nature ou en boisson fermentée, la pulpe sucrée des gousses, et dont les graines, torréfiées ou non, servent à faire une infusion théiforme et un condiment apprécié dans le Soudan; aliment spécialisé pour les enfants en France.

Le Doundaké ( Sarcocephalus esculentus ) que les propriétés fébrifuges et astringentes de son écorce ont fait dénommer le Quinquina africain; est dans le commerce de la droguerie française et des spécialités pharmaceutiques, depuis les travaux de M. Heckel.

Le M’Bentamaré ou Fedegosa (Cassia occidentalis ), originaire d’Amérique, et probablement introduit sur la côte d’Afrique, mais qui est maintenant spontané, et donttoutesles parties sont employées, soit comme toniques, soit comme diurétiques, soit comme fébrifuges, — enfin dont les graines, dans le grand commerce, tendent, après torréfaction, à se substituer à notre chicorée indigène. Cette graine tient une grande place actuellement en Europe parmi les succédanés du café depuis les travaux deM. Heckel.

A côté de tous ces échantillons (feuilles, graines, produits), sont dans les mêmes vitrines, ou dans les vitrines voisines, les collections offertes par la maison Borelli et Mante frères, de Marseille : un régime de palmier oléifère (Elæis guineensis), de l'huile de palme, des bandes de Raphia, des exemplaires de Voand^eia subterranea (l’arachide sauvage) provenant du Dahomey.

M. Bouëry, ingénieur établi en Guinée française, a exposé des

caoutchoucs et des guttas et des troncs et feuilles des Ficus (Sakharér Sakoui, Boro-boron-Khoré) qui les produisent, en même temps que des photographies de ces arbres, dont il poursuit la culture avec un soin et une intelligence louables.

Sur les rayons réservés au Sénégal, sont des arachides de Rufisque et Joal, des caoutchoucs, descires, des riz, de la gommecopal, donnés par M. Bohn, le directeur si éclairé de la Société française de la Côte occidentale d’Afrique.

Hors vitrine, sont des balafons (i), et une série de bois de la Côte d’ivoire, recueillis par M. Pobéguin, administrateur colonial.

* Et à toutes ces collections viennent s’ajouter les documents de toutes sortes, (photographies, plantes, armes, etc.) rapportés en 1894, par le Dr Rançon, d’une mission au Soudan et en Haute Gambie. Le récit de cette mission, organisée par M. Heckel, et dans laquelle M. Rançon a découvert des peuplades nouvelles dans les pays des Bassarés et des Coniagués, et recueilli d’importants renseignements scientifiques et commerciaux, a étépublié durant ledeuxième volume des Annales du Musée Colonial de Marseille ( i8g5 ).

En Guinée, il faut signaler spécialement les graines de Lamy Penladesma butyracea) et de Méné ( Lophira alata) étudiées avec grand soin par M. Heckel et qui promettent, en raison de leur abondance dans ces colonies, de leur rendement en corps gras et de la valeur de leur beurre, de devenir des produits très importants pour la stéarinerie, et même pour l’alimentation.

Au Gabon-Congo , nous retrouvons quelques-uns des produits précédents, mais on peut, entre autres, y signaler en plus :

L’O’Dika ( Irvingia gabonensis )r avec les graines duquel on prépare un pain gras très nutritif, d'une saveur analogue à celle du cacao, et un beurre, moins cher que celui du cacao, qui peut être employé par la pharmacie et par l’industrie de la stéarinerie. Le

(1) Instrument de musique en bois fort remarquable et très en honneur sur toute la côte occidentale d’Afrique et dans le Soudan français. C’est le piano primitif, dont les cordes sont remplacées par des lattes en bois vibrant sous la percussion d’une baguette, armée d’une boule en caoutchouc.

commerce s’en est emparé pour la préparation des chocolats à bon marché depuis les travaux de M. Heckel.

L'Owala ( Pentaclethra macrophylla ), dont les immenses gousses contiennent aussi des graines grasses. La maison Fournier, de Marseille, a fabriqué dernièrement, avec les corps gras de ces graines, des bougies à aspect de porcelaine, présentant l’avantage de fondre à une plus haute température que les bougies ordinaires, et, par suite coulant très peu. Ces bougies, ainsi que des savons et de la glycérine provenant du traitement de toutes ces graines, sont exposées au Musée. Cette graine, étudiée comme l'O’Dika, par M. Heckel, paraît être d’un grand avenir industriel.

Et, envoyés de la même région, citons encore : l’Iboga ( Taber tianthe Iboga) dont les racines sont très recherchées des noirs qui s'en servent pour chasser le sommeil et comme excitant général ; des caoutchoucs, des latex et des fragments de Landolphia qui ont été envoyés du Fernan-Vaz par M. Foret; différentes graines de Muscadier sauvage propres à donner des graines, le Poussah ( Mono dora myristica), graine à parfum suave, les graines et la gutta du N’Javé (Tieghemella africana), etc., tous produits pleins d’avenir.

Comparée aux colonies précédentes, notre grande île de Madagascar , possession nouvelle, est, pour le moment, un peu moins richement représentée. Cependant le visiteur pourra s'arrêter avec intérêt devant les échantillons de cristal de roche, de caoutchoucs, de vanille, provenant de différents donateurs, devant les rabanes de soie et de fibres végétales des maisons Ravel et Servel, devant les noix de Raventsara ( Agatophyllum aromaticum) et les fruits de l’Arbre du voyageur (Ravena/a madagascariensis ) qui laissent entrevoir leurs graines à l’arille d’un beau bleu; et encore devant les régimes d ’Hyphæns et de Sagus, rapportés de Djaoudzi (Mayotte) par M. Castellan, lieutenant de port à Cayenne, dont le dévouement aux choses de la science est bien connu des naturalistes.

Les bois de Madagascar ont été très bien étudiés par M. Jumelle.

On pourra feuilleter aussi les premiers envois de plantes des environs de Majunga, jusqu’aux bords de la Betsiboka, préparées avec soin, sur la demande de M. Heckel, par le regretté M. Prince,

pharmacien des colonies, mort victime de son zèle 1 dans cette colonie.

Quand à l’île voisine de La Réunion , les collections qui s’y rapportent sont, dès aujourd’hui, comme on peut s’y attendre, bien plus nombreuses. Elles sont principalement composées par des plantes en herbier, dons de M. Jacob de Cordemoy et de M. Creuze, et par des échantillons de quinquinas, de sucres, de cafés, de vanille, de paille de sousou ( Sechium edule), de liqueurs, etc.

Les liqueurs (rhum, vin d’orange, vin d’ananas, etc.), sont exposées par la maison Vve Issautier, par le Crédit foncier colonial, par la Chambre de Commerce, etc.

La maison Ch. Issautier et fils a fourni des essences diverses (vétiver, géranium, basilic); la Société de la rivière des Roches, du tapioca et du manioc; la maison Bousquet, de la vanille; la maison Julien Leyritz, des essences de géranium rosat, de citronnelle, de patchouly, etc...

Nous laissons de côté une foule d'autres produits d’origines diverses, dont beaucoup sont à l'étude ; et, de l’Afrique, nous passons à nos colonies américaines : les Antilles françaises et la Guyane française, nos vieilles possessions les mieux connues.

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