‹ L'Institut et le Musée colonial de MarseilleChapitre 3 sur 27 · COLLECTION DES PRODUITS D’AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

COLLECTION DES PRODUITS D’AMÉRIQUE

Dans la section de la Guadeloupe et de la Martinique , il faut citer en premier lieu l'herbier du R. P. Duss, dont la Flore des Antilles françaises a paru dans les Annales du Musée (année 1896) avec annotation du Prof. Heckel sur l'emploi de ces plantes.

Puis, comme échantillons commerciaux, nous remarquons surtout : des textiles, parmi lesquels le bois dentelle (Lagetta lintearia); du henné ( Lawsonia inermis) ; l’indigo de Y Indigofera disperma, produit merveilleux, extrait de cette plante, introduite en 1890 par M. Thierry, alors directeur du Jardin botanique de Saint- Pierre; du cacao en cabosses, de la farine de manioc, des graines de cacao, envois de diverses maisons (Rollin, Lafage, Wertier, Léon Dufour, Saint Wal-Noël, Laméol, etc.), des graines d’ambrette musquée ( Abelmoschus moschiferus) ; du café Habitant de Delahongrais; du café Bonifieur, de la Chambre de Commerce de la

Basse-Terre; d’autres variétés de café en parches et en grains données par la Chambre d’ Agriculture de la Pointe-à-Pître ; des cotons naturels; du sucre de canne de l'usine Souques; du bois de gaïac, du rhum de diverses provenances, adressé par la Chambre d’Agriculture de la Guadeloupe, grâce aux soins de son dévoué secrétaire général, M. Guesde.

A un point de vue plus purement scientifique, l'examen des vitrines de la Guyane française mérite une égale attention. Le Musée en effet, possède les plantes, minéraux et objets divers, rapportés en 1893 par le très regretté pharmacien des colonies Geoffroy, envoyé en mission sur le demande de M. Heckel.

M- Geoffroy, mort prématurément peu de temps après sa rentrée en France, avait exploré le Haut-Maroni, jusqu’au village des Roucouyennes. Il avait reconnu les ressources qu’offre en particulier le pays, au point de vue de l’exploitation de la gutta de Balata ( Mimu sops Balata ); il avait recueilli aussi, chemin faisant, les matériaux d’un travail, qui a paru dans les Annales du Musée, sur le poison du Robinia Nicou, dont les indigènes se servent pour pêcher.

Et, à côté des collections de la mission Geoffroy, sont placés : les collections de bois de la Guyane, de M. Jeanneney; des guttas et des textiles, donnés par M. Hayes; du caoutchouc d ’Hevea guyanensis; des substances économiques et médicinales variées; des corps gras et les graines qui les donnent, objet d’une étude actuelle de M. le Prof. Heckel.

N’oublions pas non plus ici une vingtaine de moulages représentant, en grandeur naturelle les chefs de tribus du Haut-Orénoque, du Rio Negro, du Meta, etc., aux curieuses coiffures, avec leurs attributs et leurs armes. Ces coiffures, ces attributs et ces armes, authentiques, ont été vendus 14,000 francs, autrefois, à la ville de Marseille, qui a obligeamment confié le tout au Musée colonial. Cette collection, d’une haute valeur, fait l’admiration de tous les hommes adonnés à l’étude de l'ethnographie.

Page 1