‹ L'instituteur primaire par l'auteur du Visiteur des écoles i. e. Jacques MatterChapitre 6 sur 9 · acte de vie, elle se souviendra qu'elfe est liée · texte numérisé non relu

acte de vie, elle se souviendra qu'elfe est liée

Après ces scènes qui vous toucheront, vous tracerez sur le tableau noir les premiers signes , ceux des voyelles; car il est bon que l'enfant voie com-

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ment naissent on se forment les lettres, Vous leur en direz les noms ; vous leur ferez remarquer etisuile les mémessignes sur les tableaux imprimés. Je l'ai souvent vu , ce procède qui paraît plus long est deux fois plus court que ceux qui commencent par appliquer l'cnfaut aux tableaux imprimés.

Vous direz peut-être que c'est mettre beaucoup de soins et de raiso.nnemens à apprendre à lire. C'est pourtant bien peu de chose, mais c'est chose d'importance. De cette manière, vous aurez, vous maîtres, agi en hommes raisonnables et raisonnant ; vous aurez su , pas i pas, ce que vous faisiez ; vous vous serez, intéressés à vos procédés, et vous aurez échappé à l'ennui. Vous aurez acquis quelques idées nouvelles ; et vos élèves auront su ce qu'on leur voulait, auront fait essai et acte d'intelligence , se seront aperçus qu'il y a en eux uu peu d'entendement. C'est beaucoup de part et d'autre. Mettre en jeu leur curiosité, leur attention, leur mémoire, leur jugement, c'est faire bien des choses en peu de temps , cl c'est jeter une bonne hase pour tout le cours de. leurs petites études. Menez aussi en ligne de compte le plaisir si pur que vous aureï eu et que vous aurez fait à d'autres, et les procédés d'enseignement vous paraîtront Lien mériter qu'on y réfléehisse.

Quand vous aurez enseigné les signes de l'alphabet, se présentera la question de savoir si vous ferez épeler et assembler les lettres de chaque syllabe , ou bien énoncer les syllabes sans cuellatiou. J'es-

père que vous proscrirez l'épellalion , devenue inutile par le procédé vocal ou renonciation pure du sou propre a chaque lettre. En effet, si vous habitue* vos élèves à prendre les lettres pour ce qu'elles Sont, le B, par exemple , pour un simple mouvement de lèvres, et non pour Bé, et les autres consonnes également, chacunfjia'après sa valeur véritable, vus élèves énonceront sans peine des syllabes enlises. Faites donc bien comprendre que les consonnes ne sonnent pas Bé, Ce, Dé, Effe, Gé, Ji, Ka, Elle, Emme, Enne, Pé, Qu, Erre, Esse, Té, Vé, lue, Zède, mais B , Cou K, D, F, G, J , K, L, M ,N, P, Q, R, S, T, V, X, Z, sans accompagnement de voyelles.

Ces observations donnent un avantage immense pour renseignement de l'orthographe; elles la simplifient, elles débarrassent l'écriture d'une foule de fautes qui se commettent ordinairement par ignorance de la valeur pure du son véritable de chaque lettre.

Dès que vos élèves sauront lire tant soit peu, arrachez-les aus syllabes et aus phrases qui ne signifient rien; donnez-leur des ouvrages qui aient un sens, qui parlent au cœur, à l'imagination, a la raison; ne les promenez plus dans le vague, dans le bizarre , dans l'absurde. On leur donne souvent ce qui tombe sous la main, des phrases capricieuses, des mots baroques, des niaiseries : rien n'est plus coupable de la part du maître que cette absence de

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respect pour les besoins intellectuels et moraux de l'enfance.

J'appliquai mes auditeursàcomposer eux-mêmes des tableaux de lecture, lecture syllabi que , lecture graduée; j'espérais , par ces travaux, les mettre à même de mieux se rendre compte des principes. Ils y attachèrent plus d'importance encore , et bientôt je vis paraître, sur tous les points de l'Académie, des tableaux-et des livres de lecture. J'en eus un peu de joie et beaucoup de confusion : j'avoue du moins en toute humilité que nous fûmes bientôt surpassés par MM. Maître et Dupont.

Les procédés de M. Maître sont admirables de simplicité. La syllabe se distingue en deux élémens: Yélément-consonne (c'est tout ce qui précède la première voyelle ) et X élément-voyelle ( c'est cette

sont distribués en cinq tableaux qui se succèdent dans un ordre tel , que chacun d'eux contient , outre les élémens renfermés dans le précédent , des élémens nouveaux. De celte manière , rien ne s'oublie; tout se répète , se lie , se complète. A la fin de chaque leçon , il y a une suite de questions qui Ja comprennent tout entière. Des essais multipliés (surtout ceux qui eurent lieu dans l'Académie d'Aix sur trois personnes, l'une de dix-sept ans, et les autres do trente-six, et qui ont appris à lire en dix-huit heures de leçons scrupuleusement constatées) ont fait voir l'excellence de ces procédés, et justifié les

fcncouragemcns dont ils ont oie l'objet de la pari de l'autorité universitaire

Quant aux excellens tableaux de lecture de M. Dupont , je crains vraiment d'en parler. Je suis lié avec cet instituteur remarquable. Son travail est d'ailleurs si complet, qu'il n'a besoin que d'être mentionné.

Il y a un autre genre de mérite, et de mérite bien réel, dans les seize tableaux extraits de V Alphabet et premier livre de lecture des Écoles primaires qui viennent de paraître 1 avec l'approbation de l'université: exercices parfaitement gradués, rapprochement des gros caractères et des petits , emploi de mots ayant sens et cours dans la vie à côté des articulations qui ne servent que de théorie , tableau des mots étrangers dont se sert la géographie : tout est à mon gré dans ce travail.

L'écriture, d'après les meilleurs procédés , doit se combiner avec la lecture et marcher avec elle. Ces deux arts s'expliquent, se facilitent mutuellement.

L'écriture est une sorte de dessin. Dans l'origine, on dessinait les objets qu'on avait besoin de faire connaître; on n'écrivait pas les noms des choses. Quand on voulait désigner le soleil, ou le peignait tel qu'il apparaît, avec un disque, et des rayons. Celle écriture , qui étail dessin et peinture à la fois,

' L'ouvrage se eompose de dii tobleaui , de rubans et d'un Manuel. Prix, 5 fr. Chez L. Hacbettt.

' Cbei MM. HachelW et Firmin Didot. Prii des seiio la- MaïUt, I fr. 5o c.

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