INSTRUCTION DES PREMIERS COLONS
But et oonditioii de* premier» ooIoim.— Licur degré d'tnttnictioo d'aprèt les btstoriciM, les registres de l'état civil et les greffes des noUires. — Les colons, veons des diflféreotes provinces de France, tsvakat^ils signer leur nom f — Petite statistique. — Les premiers habitants dn pays eurent-ils A cœur de faire iaatniire leurs enUnts ?
Avant d'entreprendre l*étade de rinstructiou élémentaire au Canada, sous le régime français, il ne sera peut-être pas hors de propos de se demander à quelle classe de citoyens appartenaient les premiers colons venus de France, et quel pouvait être le degré d'instruction dont ils jouissaient
Parmi les premiers habitants du Canada, les gens de haute condition, les grands seigneurs furent Pexception. La plupart des émigrés sortaient du peuple et appait«»
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naient à de bonnes familles plus rccommandables par leurs vertus que par leur nom et leurs hauts faits. C'est donc dans la classe moyenne qu'ils se recrutaient en grande partie K
Le Père Chrétien Leclercq, après avoir constaté qu'il y a peu de familles nobles au Canada, reconnaît « que les chefs de famille passés en Canada étaient en France de bons bourgeois de ville, médiocrement accommodés, ou des artisans de différents métiers, des laboureurs peu aisés, ou des soldats •, et l'auteur ajoute : « quand bien même la disgrâce de la fortune à l'égard d'un petit nombre aurait contribué à leur éloignement, ils ne laissaient pas d'être gens d'honneur dans leur état et dans leur condition l >
Ce témoignage est corroboré par le P. de Charlevoix. • Les premiers habitants du Canada, écrit^l, étaient, ou des ouvriers qui y ont toujours été occupés à des travaux utiles, ou des personnes de bonnes familles qui s'y transportèrent dans la seule vue d'y vivre plus tranquillement et d'y conserver plus sûrement leur religion, qu*on ne pouvait le
I. Il n'entre pas tlant notre sujet de faire voir •«.• a«^^ quel toin te fit le choix lies premier* colons. Nons renvoyons le lecteur aux historiens du Canada qni. pretqnc tous, tant anciens que modemet, se aoot donné la fiche awcx facile da reste tle démontrer que les Canadiens n'ont pas à rougir de leurs origines.
On pourra consulter en particulier sur ce tnjet : Les Retaiwmt éts Jh milis: Boucher: /histoire v^ritabU et nûiurelU dts m^rmrt etc.. 1664 ; Lcdercq : Premier ftabtisstmeiti de ta Foy : Charle\'oix : Histoire dm Camadû, et parmi les auteurs plut récents : Ferlaad : Cotirs étHisêoitii; U. B. Suite : Histoire des ComadiemS'Framfmis ; et surtout M. J.-Bdaond Rov, qui. dans son hean travail sur le haron de Lahontan, fait lionne Jn»tkt d«i calomnies de ce fameux colporteur de nouvelles à 1
• t. Ktêèiisumtêmt de t<Ê Foy, Paria. 1691, vol, It. p. ta.
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faire alors dans plusieurs provinces du royaume, où les Religion naires étaient forts puissants '. •
Ainsi doue, quelques nobles, un certain nombre de boor* geois des villes, mais surtout des laboureurs, des artisans et des soldats, tels furent les premiers habitants dn pays. L*espoir de se procurer une modeste aisance et d*établir leur famille en poussa plusieurs vers la Nouvelle-France.
Ces braves colons, sortis pour la plupart de la campagne V ou de petites villes de provinces, n*étaient ni des intellec* 1 tuels ni des savants. Ils s^étaient contentés de Tinstruction qne Ton donnait à cette époque aux gens du peuple, c*està-dire de la lecture, de Pécriture et du calcul, le tout joint à une forte éducation religieuse. Celle-ci, on peut le dire sans craindre dVxagérer, était presque générale. Quant à Tinstruction proprement dite, elle n'était pas aussi répandue, et plusieurs des émigrants qui nous arrivèrent de France aux XVIl' et XVIII* siècles ne savaient ni lire ni écrire. Prétendre le contraire serait aller à rencontre des faits les mieux établis. Toutefois, ces émigrants, qu*il$ fussent in*«^ struits ou ignorants, possédaient tous ou presque tous, une bonne éducation. Comment eu effet le F. Leclercq aurait* il pu écrire ce qui suit s'il en avait été autrement :
c J*avais peine à comprendre, dit-il, ce que me disait uo jour un grand homme d*esprit . . . que je serais surpris de trouver (en Canada) d'aussi honnestes gens qne j'en trouve* rois; qu'il ne connoissoit pas de Province du Royaume où il y eut à proportion et communément plus de fond d'esprit, de pénétration, de politesse, de luxe même dans les ajuste*