‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 117 sur 233 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

PROGRAlfMBS DES ÉCOLES PRIMAIRES

Des études primaires en France aux XVIIc et XVII !« siècles. — Programmes, livres et méthodes.— Un manuel de pédagogie : VEcoUparoissiaU.^ Ce qu'on enseignait au Canada dans les petites écoles.— Les livres en ussge. — Instruction et éducation dans les couvents.— Que faut-il penter de ce programme des études élémentaires ?

Ce qu'étaient les petites écoles, ce qu'on y enseignait, de quels manuels on se servait dans les classes, voilà autant de questions auxquelles il n'est pas facile de répondre ^'une manière catégorique. Nous pouvons affirmer cependant, qu'en général, on adopta ici pour les écoles primaires, les livres, les méthodes et les programmes suivis en France aux mêmes époques. Comment, en effet, aurait-il pu en être autrement dans un pays où toutes les institutions de la mère patrie étaient en vigueur, où les professeurs, reli. gieux ou laïques, étaient tous ou presque tous des Français, où enfin, faute d'imprimerie \ on ne se servait que de livres publiés en France?

1. Il n'y eut pas d'imprimerie régulière ea Canada tout le régime français. La raotaacaent de 1666 indique bien on imprimeur à l'Itc d'Orw léana, mais, oonme l'a fait remarquer M. Cbapais {Jimn Tmiom,,, p. 109), c'était certainement un imprimeur sans imprimerie, un impri- Bianr bonorain.

8nr la fin de la domination française, M. dt la Galiasoonière soogta à

PROGEAIflCIS ras ACOUB rillMAIEIS %97

Le Séminaire de Québec conserve dans tes archives deux impriméa relatifs à la question de Tenseis^nenieot primaire en France, au XVll* siècle. L*un, de 1676, est intitulé : Règlement pour Us Maîtres ei Màlinssês tTEioU eu Diocèse de Lyon ; l'autre, sans date, mab de la même époque, est une Méthode pour /aire tes Ecotes,

Cette Méthode et ce Règlement que nous ne pouvons donner ici qu*en substance, nous paraissent aussi clairs, anssi sages, aussi pratiques que possible.

Dans les petites écoles en question, les classes, parfotV asses nombreuses, devaient être subdivisées en différents groupes, suivant Tâge et la capacité des enfants; aucun de ces derniers ne pouvait passer à un groupe ou à une classe supérieure à moins qu'il n'en fût jugé capable.

La connaissance de la religion étant la première, la plus importante^ la seule nécessaire, formait la base de l'instruction que l'on donnait dans ces petites écoles ; le catéchisme y était enseigné au moins deux fois la semaine, le mercredi et le samedi. Au reste, tout dans ces classes tendait à donner aux enfants une formation religieuse solide.

établir une imprimerie an Canada, mait il ne pot y rénidr. La mlaiatrt écrivit à M. de la Jonqui^re. le 4 mai 1749 : • M. de la Gali«osaièf« a proposé l'établiaeemetit il'one imprimerie daaa la colonie. diaanC qna cela aérait d'une grande ntilité pour la poblicntion des ocdonnanota. fèglcmcnts de police, cbngéa à donner ans aoldata. etc. . . Le roi ne ji^pt paa A propoi de faire cette dépenae. mais U donnera volontiers nn privilège à l'imprimeur qni voudra faire cetta enliepriae. • {Rmppart éê Ridkmnt, 1899. p. IS3.)

ITaprèa M. Philéaa Oagnon. Mer de Fontbriaad «nait en one ytmm qna Ini avait donnée la Roi de Prum: U 8*cn atrait aervi ponr la pnhil. cation de deux oMadasanta an nMiaa. L'opinion dn aavaat ''"^^^rMIt noua paraît bien fondéa. (Voir: Suai ée BtkUogrûptkiê cmmmékmm. Qa<tKc 189s. pp. sSi ac anivamaa.)

En général, on se contentait d'apprendre aux enfants à lire, à écrire et à compter ; quelques-uns cependant commençaient rétude du latin. C'est dans cette langue que tous apprenaient d'abord à lire, et les maîtres étaient avertis de ne pas mettre les élèves à la lecture du français « sans qu'ils fassent bien versés dans celle du latin » \

Pour l'écriture, le maître pouvait « se servir parfois d'exemples des plus habiles, imprimés ou à la main, les exposant devant chacun à copier «, ensuite, il corrigeait leurs fautes, prenant garde tant à la formation des lettres, leurs liaisons, proportions, distances, qu'à la situation du corps, manière de tenir la plume, etc.

Rien de bien compliqué dans l'enseignement de l'orthographe: ou bien le maître faisait discuter les élèves sur quelques mots, ou bien il leur donnait à copier quelques lignes de la leçon.

Quant aux livres ou manuels, on les variait suivant la capacité des enfants. C'était d'abord le /V/iV Aipkabety puis le Grand Alphabet. Venaient ensuite le Psautier^ les Pensées chrétiennes^ V Introduction à la Vit dévote^ etc. Les pins avancés lisaient dans le Pédagogue^ la Civilité^ les Mamuscrits et les Contrats '.

I. • Aux XVI« et XVIIc tidclet. écrit l'abbé AlUin. c'était on cOBttant dans les petites écoles, d'enseigner d'abord aa« enfants à lire «a latin.. . Le premier peut-être, le Vénérable de la Salle, rompit abao> ltim«Bt avec cet usage. . . Pour justifier cette innovation, les bonacs raisons ne Itti manquaient pas. ■ {L instruction primaire^ etc. pf». 166-167.)

a. C'était la coutume générale, dans les petites écoles de France, d'en- •eigner • les lettres escHtes à la main ». Ba Champagne, par «Btmpla, • la leetnrc des papiers ou des manuscrits oonpiélait TcnstigaMMnl dt 1a lecture ; on allait chtrcbcr dana laa gfcniera et an fond dat de^vteux regiatraa tt daa oontrata pondrans, écrits sonvant an

Pour lunucr ics cmoiits à la bonne tenue et à U modestie dans les rues et snitont à TégUse, on les faisait lire dans la Biêmséatue ei CivUUè chrititmnê ou dans V Insiruttùm de la jeunesse.

Enfin, comme le professeur avait besoin, pour bien faire sa classe, d'une direction journalière, on l'obligeait à avoir en sa possession un ouvrage de pédagogie intitulé : VEcoU paroissiale.

Ce règlement que nous venons de résumer porte le sceau et les armes de l'archevêque de Lyon, et est signé : Demis, directeur des écoles * ; et plus bas, Basset, secrétaire de l'archevêché '.

Dans beaucoup de diocèses de France, les livres et les programmes étaient à peu près les mêmes que dans celui de Lyon. Aiusi, en Bretagne, sur une liste de livres classiques, imprimée par ordre des évéques, on trouve pour 167a : le Catéchisme^ le Syllabaire, la CijnHié chrétienne etc ' ; en Artois, le Pèdaf^ogue chrétieny V Introduction à

impoMÎblcs A lire, et quand rélève panreiuit A le* déchiffrer

ment, le maître n'a\'ait plus rien à lui apprendre •. (AUain. of. nt.,

I. L'abbé Charlea Demia fut an vériuble apôtre d« l'^lncalioa primaire en France. Il éuMit à Lyon denx con Tune pour lea garçont. l'autre pour lea SUea. Il a*( dm maîtres d'école. Dan» U tuile. • il traaaion téminaire où lea ordinandt pauvret éuient raços fratsIlcoMMit po«r p«« qu'Os promissent de travailler à l'instnictioo des enfants •. (Cf. Cbr^ rnpomdamce de tûèU Trûmsûm» vol. I. p. 4*3 : aoMi : Allain. 0^. cit., pp. 247 «t raiv. : et Ifetme ApalogHi^mé, mars 1906.)

a. L'abbé Jean Basset, pfétrt da Séadanirt et QuÊbÊC^ loagtnaps ovi de la PointeHinx-Trembles de QaAie. tt arrivé •■ pajs ta iStS* <naiH. hd MMi. dn diocèse de Lyoa. Btait-il pareat du secrétaire ds fartli^ vé^é? Néas l'ignorons.

S. L'abbé Gnibert : HîU,iêS.JmnSo^HtêÊéelmSmUe,p,X\X.

ajo l'instruction au canada

la Pie dévote; ailleurs encore ce sont : le Psautier de David^ les Pensées chrétiennes^ le Petit office de Notre-Dame^ le Nouveau Testament^ etc. *.

Voilà quelques-uns des livres dont on se servait dans les diocèses de France aux XVII* et XVIII» siècles. Or plusieurs de ces manuels étaient en usage au Canada aux mêmes époques. On peut en voir encore des exemplaires très anciens dans la bibliothèque de TUniversité Laval.

En 1740 et en 1742, les Messieurs de Saint-Sulpice font venir de France àts Alphabets doubles latins, des Psautiers^ des Offices de la Sainte Pierge^ de nombreux exemplaires de V Instruction de la jeunesse et de V Instruction chrétienne pour les jeunes filles etc., etc '.

On trouve même sur la liste de 1742, pour M. Talbot, maitre à la petite école de Saint-Sulpice, « douze exemplaires de V Ecole paroissiale », manuel de pédagogie que nous avons mentionné plus haut. Cet article peut faire supposer qu'il y avait, à cette date, un certain nombre de maîtres d*école dans la région de Montréal, à moins qu'une partie de ces manuels ne fût destinée aux Sœurs de la Congrégation.

C'est ici le lieu de dire quelques mots de ce traité de p^<iagogie, eu grande vogue en France et au Canada durant les XVII» et XVIII» siècles.

Nous avons sous les yeux uu bel exemplaire de la première édition, imprimé à Paris, chex Piene Targa, en 1654'.

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