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V Ecole patoissialty ou ta manihre do bttm imstrmiro Ut enfants dês petites écoles^ tel est le titre de cet ou vraj^ qui est un modèle de clarté dans ses divisions et subdivisions.
Dans sa préface, Tauteur nous indique Tordre qn*il va suivre pour la composition de son livre : • Il est divisé, ditil, en trois Parties : en la première, vous y verrez les qualités d*un bon mattre d*école, les circonstances des lieux et ameublements nécessaires et les conditions des enfants qu*on doit recevoir. La seconde contient les enseignements de Piété; en théorie, dans les catéchismes de diverses espèces et en pratique par Tassistance aux offices divins, Processions et autres prières de l'Ecole. La dernière contient la Méthode de la Science à savoir pour enseigner à lire, écrire, compter, getter et les principes du latin et du grec, qui se conclura par deux chapitres de la Pratique ou journal de TEcole. Ce traité pourra servir aux maîtres des garçons, et aux maîtresses des filles. •
Nous avons parcouru, avec un véritable plaisir les pagtt jaunies de ce vieux recueil, rempli de bons conseils, de sages avis, et où les règles et les méthodes semblent écrites d'hier tant elles sont pleines d*actualité.
L'auteur se préoccupe de tout : du maître et de sa dasae, des élèves et des parents. Il entre parfois dans des détails qui aujourd'hui nous font sourire, mais avec quel bon sens toujours, avec quelle connaissance des huwmrs et des choaea.
Un bon maître d'école doit être: vertueux, car comment pourrait-il enseigner avec quelque chance d'être écouté, ce qu'il ne pratique pas lui-même ; juste, donnant à chacun ce qui lui appartient • se gardant bien de favoriser personne à cause de sa condition, de tes biens ou de sa parenté • (p.
47) ; « prudent, c*e8t-â-dire ne pas trop exiger des élèves. Il doit se contenter d*un chacun de ceux qu'il connaltm faire leur petit pouvoir, quoiqu'ils fassent peu de chose » (p. 16); patient et charitable, aidant « les enfants grossiers doucement, taschant de les polir avec le temps et non pas dans l'impatience • (p. 11), car il faut faire « bonne provision de cette vertu de patience pour être bon maître d'é* cole . (p. 35).
La liste de ces belles qualités serait incomplète si l'instituteur n'y ajoutait la science ou la connaissance parfaite des choses qu'il a à enseigner dans son école, non seulement pour s'en servir pour lui-même mais pour l'enseigner utilement, « comme par exemple dans les écoles ordinaires on doit y enseigner (outre la piété, civilité, bonne mœurs) à lire, écrire, compter, jetter aux gettons et à la plume et les principes du latin et du grec à ceux qui y seront propres, pour les rendre capables d'entrer en quelque bon collège et y être des meilleurs des classes » (p. 16).
Du maître, l'auteur passe à l'école, qu'il veut grande et spacieuse, bien aérée et bien éclairée, avec fenêtres sur trois côtés, et sur les quatre si la chose est possible. Pais il descend aux plus petits détails: cheminée large où les enfants puissent se chaufiFer; images et objets de dévotion; attaches ou porte-manteaux, tablettes, armoires et coffres, etc., etc.
Dans la troisième partie se trouvent expliquées au long les méthodes d'enseignement pour la lecture, l'écriture et le calcul, aussi bien que pour les commencements du latin et du grec.
Nous ne pouvons analyser ici toutes ces règles auxquelles
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iont conMcréet plus de quatre^vÎDgtt pages. Il to£Bni d*ea indiqaer les grandes lignes.
Avant d*entrer dans le vif de son snjet, Tautenr fait la réflexion suivante : 9 Les petites écoles étant les Séminaires da Christianisme, dans lesquelles on doit donner principalement le fondement de la doctrine chrétienne, on se sert de la science ou des principes de la grammaire latine et française comme des moyens pour arriver pins facilement et avec plus de perfection à cette fin, car il est bien plus facile d'instruire un enfant qui sait lire et le perfectionner dans les vertus que ceux qui ne savent rien . . . •
L'auteur commence par dire comment on enseigne aux enfants à connaître leurs lettres, à épeler, etc., puis il éno* mère les livres dont ils doivent se servir : le premier et le second Alphabet^ ensuite le Syllabaire qui sera suivi du Pater^ de VAve^ du Credo^ etc. Le troisième livre de lecture sera choisi entle les Offices de Notre-Dame^ de Sainte- Croix y du Saint-Esprit ou les Psaumes et VOficê des morts. Naturellement, tous ces livres éuient en latin, car, remarque l'auteur, « il faut premièrement que les enfants avant que d'être mis à la lecture française sachent bien lire en latin en toutes sortes de livres • (p. 248).
Une fois que l'élève était bien habitué à la lecture du latin, il passait à celle du français que l'on graduait, comme la première. L'enfant qui pouvait lire couramment dans la Civilité éuit aussitôt mis à l'écritme.
Mais il y a plusieurs sortes d'écritures: « la financière, la bAtarde, l'italienne, la commune, la minute, etc. •, laquelle faut-il enseigner aux enfants? La commune, répond notre manuel, celle qui sert le plus ordinairement Et pour que
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les enfants apprennent à bien écrire il faut qu*on leur montre à tenir le corps, les doigts, la main, dans une posture facile. Les tables, Tencre, la plume, le canif même qui sert à la tailler ne sont pas non plus matières à négliger.
Pour enseigner à compter, il y a deux manières : le jet à la main et le jet à la plume. Le premier se fait au moyen de jetons ou vieux deniers de cuivre qui ne sont plus en usage, car autrement, si les jetons étaient encore bons • cela tenterait les enfants à en acheter quelque chose pour friponer ». Chaque élève devait avoir sa petite bourse avec trente-six jetons. Quand Pélève savait distinguer les carac^ tères et la valeur des sommes, on lui enseignait à s'en servir, ce qui nous parait assez compliqué pour des enfants '. Plus facile était le jet à la plume qui, en somme, n'était rien autre chose que notre manière actuelle de compter.
Nous en avons dit suffisamment pour faire comprendre un peu ce qu'était O Ecole paroissiale et de quelle utilité ce traité pouvait être aux instituteurs et aux institutrices. Nous ne prétendons pas qu'il ait été suivi en toutes ses parties au Canada. On s'en servit du moins, et c'est assez pour nous justifier et nous excuser, s'il en était besoin, d'en avoir parlé si longuement.
M" Hubert disait dans son Rapport sur l'éducation, que