CHAPITRE II
ACOLKS DBS GARÇONS DANS LA VILLE DK QUÉBEC
Pvtite école des Jésaites.— Set ooauBCOcetiictito.— Les prol«
Pères Jésuites, Mesnard, frères oosdjnteiiri.— Martin Boatet. — Nonbre des élèves à U petite école des Jésuites.-» M<r de Lsiral et rinstmction des enfants. — Projet d'une école élémentaire à la hsiSf ▼illc.— Petite école du Séminaire fondée par Merde Saint- Vallier.» Difl&cultés à ce sujet. — Histoire de cette école de 1700 à 1760.
NatureHement, il ne s^agit ici que de Téducation des petits Français ou Canadiens-Français ; il n*entre pas dans notre cadre de dire tous les efforts, le plus souvent infructueux, tentés par les différentes communautés d*homnies ou de femmes, pour instruire t\, franciser les Sauvages.
Jusqu>n 1635, il n'y eut pas à Québec d'école régulière pour les Français, les quelques enfants qui s'y trouvaient ^nt trop jeunes pour suivre les daites. Mais plusieurs familles arrivèrent au pays en 1634 et les Jésuites songèrent à mettre à exécution le projet qu'ils avaient formé depuis quelques années déjà, d'ouvrir un collège â Québec* Ils y furent poussés par les colons eux-mêmes. Le Père Lejeune écrivait au cardinal Richelieu le i** août 1635 *
I. Qiiclqiic*-aas d« chapitres qui vont snlrrtost<lépÉbUéi ta ^ns le BuikHm ém PmrUr FrmHmù, aaaét 1907. ■■■lioi S. 9 «t
• Les familles commencent à s*y multiplier (à Québec) et nous pre>5ent déjà d'ouvrir quelque école pour instruire leurs enfants et que nous commencerons bientôt, Dieu aidant '.• Vers la même date, il écrivait encore dans ce sens au général dtr la Compngrnie de Jésus, et il ajoutait que les habitants de Québec avaient construit une maison d'école prè> du fort '.
• Qiitllr bénédiction, disait-il encore cette année-là, ai nous écrivions Tan prochain qu'on régente en trois ou quatre langues en la Nouvelle-France ! J'espère, si nous pouvons avoir du logement, de voir trois classes à Kébec ; la première de petits Français qui seront peut-être de vingt ou trente écoliers, la stconde de quelques Hurons, la troisième de Montagnais '. »
Au mois d'août, il écrivait au général de la Compagnie : « Pour le collège, bien qu'il ne soit pas encore érigé, si estce que nous commenctrons dès cette année à enseigner quelques enfants. Toutes choses ont leur commencement ; les plus doctes n'ont su autrefois que les premiers éléments de l'alphabet *. > Et un peu plus loin : « Nous enseignons la Doctrine Chrétienne aux enfants, et comme ils vont se
I. Arfà. dt Faris, 9e série, vol. I, p. 70. Copie aux Archives du Sémitui^re de Québec— Pondt Verreau. Cette copie a été faite à Québec probiMcoMiit tor la coUectkm conaervée à U Société Historique de Québec. Nous la citerons toujours sous ce titre.
9. R. P. C. de Rocbenxmteix. S. J. Les Jhmites et im N^mvHU- Frmmee mm XVth tikh, vol. I., p. 909. note. Nous avons puisé dans cet important ouvrage une partie de nos renseignements sur Tinslractlon Unt prioMire que secondaire donnée par les Jésuites an Canada. Non» •tt renvoyons tout le mérite à raiitvur.
y Cilé par Cbauvean. L^instrmetiom ^biifmê, p. $9.
4 kWlatiom Am 1635^ éd. de Québec, p. j.
tCOLlS DBS OAtÇONS X QrlttlC ^S
mtiUipliant par la \Tnue des famillcn, notit leur donnerons bientôt la première teinture des lettres, comme j'ai dit Que si les commencement» sont petits, la fin en peut être grande et bien heureuse '.
Ces citations font bien voir quel intérêt le Père Le Jeune et ses confrères portaient à Tiustruction des enfants; et c'est la raison pour laquelle nou^ les avons multipliées.
L'histoire du Collège de Québ«fc et de sa petite école pourra servir de réjion.seà ceux qui prétendent encore, avec la meilleure foi du monde, nous aimons à le croire, qu'il n'y a pas eu, dans les premiers temps de la colonie, pour les garçons comme pour lr> fille^, des établissements dans le genre de celui que vinrent établir au Canada la Mère Marie de l'Incarnation et ses conipignes.
D'après le contrat de fondation \yassé entre le marquis de Gamache et les Jésuites, ceux-ci n'avaient d'autres obligations que celle dVn>etgner U catéchisun aux petits Canadiens c'est-à dire aux Sauvages '. l.,es Pères ne von lurent pas cependant sVn tetur à la lettre du contrat, et les Français comme les Sauvages furent appelés à bénéficier de leurs leçons.
La petite école des Jésuites s'ouvrit à Tautomne de 1635 ', et l'année suivante, le Père Lejeune écrivait dans la /^r/a* tùm : m Nous avons conintencé à enseigner dès l'année passée. Le Père Lalentant 1 1 puis après, le Père de Quen ont instruit nos petit» français et moi quelques petits sau-
I. RtUHom d« i^ss« M. de Qoébcc. ^ 4* 9. Rochcmootcbi, op. cit„ vol. I, p. aoS.*
y, t<otMtliK>a»à l'soloaMt p1ris9M.lt iSaoèl. I* Fèrt U^ewMéeHvsét qv'U allait ouvnr l'école dès ertltaaaét. i^jésiybiMéjs).
vages. Nous nous étonnons de nous voir environnés de tant de jcuuesse en ces commencements '. »
Bn 1637, le Père de Quen fut remplacé à la petite école par le Père Davost qui enseigna jusqu'en 1642 '.
La maison d'école bâtie par les habitants, et qui servait de pensionnat, disparut en 1640 dans Tincendie qui détruisit le Collège des Jésuites et la chapelle de Notre-Dame-de- Rccouvrance. Les Pères Jésuites se procurèrent un autre logement et continuèrent à faire les classes. Onze années se passèrent avant qu'on ait pu ouvrir un nouveau pensionnat En 1651, le Père Ragueneau écrivait dans la Relation: « On a commencé cette année un Séminaire où les enfants sont en pension sous un honnête homme qui en a pris soin, où ils apprennent à lire et à écrire et où on leur enseigne le plain-chant avec la crainte de Dieu... Sans cela, nos français deviendraient sauvages et auraient moins d'instruction que les sauvages eux-mêmes '. ■
Cet honnête homme dont parle le Père Ragueneau n'était autre que Martin Boutet qui devait, dans la suite, rendre de grands services à la colonie, soit conmie arpenteur, soit comme professeur de mathématiques et d'hydrographie. Sachant bien le plain-chant, chantre lui-même, versé dans la connaissance des cérémonies de l'église, Boutet était un homme précieux dont on ue i>ou\ ait manquer d*iitîlîsêr les talents.
La fabrique de Québec songeait alors à se créer une sorte de maîtrise dans le genre de celles qu'entretenaient les