Rêtmiwms éêsJHmUes, édit Thwktm, vol. LXVI. p. aoS
ajS L*IN8TRT7CnON AU CANADA
Que les Jésuites aient été regardés au X VIP siècle comme les premiers éducateurs de l'époque, la chose ne fait aucun doute. Le célèbre philosophe anglais Bacon écrivait quelque part : « Une société nouvelle a porté les plus heureuses réformes dans 4es écoles ; pourquoi de tels hommes ne sontils pas de toutes les nations? Que ne les avons-nous tous dans nos intérêts? » Et il disait encore dans son traité De dignitate et argumentis scholarum^ publié en 1605: « Pour ce^qui regarde l'instruction de la jeunesse, il n'y a qu'un mot à dire : consultez les classes des Jésuites, car il ne se peut rien de mieux *. ■
Descartes était du même avis, et il regardait comme l'un des plus célèbres de toute l'Europe le Collège de Laflèche « où, disait-il, il devait y avoir de savants hommes s'il y en avait en aucun endroit de la terre » '.
Rien de plus facile que de se renseigner sur cette méthode qui avait placé les Jést^ites au premier rang des éducateurs au XVII* siècle. Elle est encore en vigueur aujourd'hui et bien qu'elle ait quelque peu changé, notamment en 183a, elle n'en est pas moins demeurée, dans ses grandes lignes et sur les points principaux, ce qu'elle était autrefois. On a déjà deviné qu'il s'agit ici du Ratio Studiomm,
• Tout le système d'éducation de la Compagnie (de Jésus), écrit Lantoine, se trouve renfermé dans trois ouvrages qoi ont paru à des époques difiFérentes. • Ce sont : les dmsti-
I. Cité pftr Henri Lantoine : Histoirt dt PEmuignemumt setùmdmirt en France an XVIh siècU H au ééànt dn XViil* sUcU, Paris, Tboria. 1874. p. 67.
t. tkU.
CLAflBIS DS LETTftSS AU COLLfeGI S79
Htiûms^ le HtÊtio Shtdwntm^ et le De rmiiomé éùc4ndi et docendi du Père Jouvcncy *.
Le second surtout devint, apr^ 1603, le code d'enseignement Accepté partout en Europe '.
Qu*est<e donc que ce fameux livre, cette méthode tant vantée?
Le RaHo Shtdiorum^ nous répond le P. Passard, n*est ni nn traité, ni une théorie de Téducation ; c*est sous la forme de règles, un exposé des méthodes et des pratiques en usage dans les collèges de la Compagnie de Jésus pendant trois siècles '.
Le même auteur nous apprend que saint Ignace luimême, dans la quatrième partie des Constitutions^ en poiA le fondement dès Tannée 1558. Plus tard, sous le général de la Compagnie, Aquaviva, une commission fut nommée qui travailla tous les jours pendant neuf mois à élaborer, sur les données de saint Ignace et les résultats de Texpérience, une méthode d'enseignement. Révisé par une seconde commission, ce travail fut imprimé en 1586, et fut envoyé à tous les collèges et universités • pour y subir, comme dit le P. de Rochemonteix, la dure épreuve de Texpérience ■ *.
Treize ans plus tard, en 1599, la commission, après avoir fait Texamen de toutes les observations envoyées à ce tojel,