‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 16 sur 233 · nié · texte numérisé non relu

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7. EoelMaMOteU. Us JHmiUs, etc. an XVIXI* siècle, vol. II. p. sog. Le Père Maqoet dut abandonner la datie vert 1767 paitqu'oii le tfoav« mitaioonairt A Yamaaka dcptiit cette datt jusqu'à 1774.

tCOUtS DKS GARÇONS X QUBBKC 39

Durant toute U domioatiou françaUr, let cIasm» élémentaires teuuea au Collège furent très fréquentées. Dès 1635, le Père Lejeune espérait pourvoir y comptrr vingt à trente élèves. Nous avons vu que Mesnard avait de nombreux écoliers.

Le 6 octobre 1733, Beauharnois et Hocquart écrivaient au ministre que les autorités du Collège entretenaient un Père chargé d*enscigncr la lecture, récriture et le calcul aux enfants qui n^avaient pas de dispositions pour faire un cours classique, et ils ajoutaient : « Cette école est nombreuse ; ils la tiennent gratuitement sans qu'il y ait aucune fondation pour cela *. »

La petite école des Jésuites comptait en effet plus de cent enfanta en 1735 '. C'en est assez pour faire voir que les classes élémentaires inaugurées |>ar les Jé^uite^i à Québec, «u 1635, furent maintenues en bon état jusqu'à la cession du Canada. Elles continuèrent même à être fréquentées sous le régime anglais.

Monseigneur Hubert, qui avait étndié au Collège de Québec, écrivait en 1789: « Les révérends Pères Jésuites de Québec ont toujours tenu ou fait tenir jusqu'en 1776, ime école très bien réglée, où l'on enseignait aux jeunes gens la lecture, l'écriture et l'arithmétique. Cette école était ouverte à tous ceux qui voulaient en profiter. Mais le gouvernement ayant trouvé bon de placer les archi\*es dans

t. Co|>ic à rarcbcvCcbé de QoftfC Voiraafsi; M. r«bbé Ai «kMMUn: U fh'e de BomnHmm»^,^ Uémoktm dt U Société Eoirmle. i* j^nc. vol. I, p. 55.

a. Lcure tia P. Latuoo. ciUc par Kochtmoiitrtii. o^. .r/ ^ •: t. p. 213. tx>lc.

le seul appartement de la maison qui pût recevoir les écoliers, les RR. PP. n'ont pn continuer la bonne œuvre '. •

Pendant de longues années, c'est-à-dire jusque vers la fin du XVir siècle, il ne paraît pas y avoir eu à Québec d'autres écoles élémentaires pour les garçons, que celle des Pères Jésuites. Nous ne parlons ici que des écoles organisées régulièrement.

On nous objectera sans doute que c'était bien peu. Qu'on nous permette de répondre à cela par les quelques chiffres suivants.

D'après le recensement de 1666 \ la colonie ne renfermait en tout, cette année-là, que 3215 âmes. Sur ce nombre, il y avait 416 enfants entre 7 et 15 ans: 207 entre 7 et 11 et 209 entre 11 et 15, tant filles que garçons. Il y avait à Québec, en 1666, 29 enfants entre 7 et 11 ans. Si l'on suppose que les filles étaient à peu près aussi nombreuses que les garçons, on aura, en faisant le partage en faveur du sexe fort, 15 garçons et 14 filles.

Bn admettant même que tous les enfants de Québec, ftgés de 7 à 15 ans, aient fréquenté les écoles, ils n'auraient été encore que 73. Or cette année-là, les Jésuites avaient vingt pensionnaires, et les Ursulines vingt-et-une. Et, comme ces deux institutions admettaient aussi des externes en assez grand nombre, il faudra en conclure ou bien que la plupart des enfants de la ville allaient à l'école, ou bien, ce qui est probable, que plusieurs venaient de la campagne.

t. Leiir§.,. mm Prltiétmi ém ComiM m^mmU pomr tixêcmiiom é'mmt Umivtr$Hi mi,rU ûm Ctnai/a, iH novembre 1789, Mtmdêwtêmti éei Bvi^un de Qmibt€, vol. II. p. 589.

a. Kecrmtfmemt dm Cammdm. 1871. vol. IV. p. a.

ACOUUI DBS GAEÇOM8 À QUteSC 49

Quoi qu*il en soit, les enfants étant relativement pcQ nombreux, les Pères Jésuites avaient pu suffire jusque là à Icttr donner Téducâtion et rinstruction tant élémentaire que Mooiidaire. Mais à partir de 1665, ^^ population ayant considérablement augmenté, il devint nécessaire qu*on les aidât à maintenir et à perfectionner une œuvre qu*ils avaient fondée, et que seuls ils avaient soutenue pendant trente ans, avec un zèle et un désintéressement admirables.

Voyant que les colons n'étaient pas riches et que, laissés à leurs propres ressources, ils ne pouvaient pour le moment fonder et soutenir des écoles ; comprenant, d'un autre côté, que les Pères Jésuites avaient fait plus que leur part, ré> véque de Pétrée voulut s'occuper lui aussi de procurer aux enfants pauvres les moyens de s'instruire. Il commença par en prendre un certain nombre à ses charges et il les plaça en pension au Collège de Québec, en attendant qu'il pût ouvrir un petit séminaire. Au reste, il n*épargna rien de ce qui pouvait aider et encourager l'éducation et Pinstruction de la jeunesse canadienne.

Nous en voyons une première preuve dans la lettre que Louis XIV lui écrivait le 9 avril 1667. « Comme j'ai été informé, disait le roi, du soin continuel que vous apportez pour bien vous acquitter des fonctions épiscopales et maintenir les peuples dans leurs devoirs envers Uieu et envers moi, par la bonne éducation que vous donnes et faites donner aux enfants, je vous écris cette lettre pour vous témoigner le gré que je vous en sais et vous exhorter de coo* tinuer une conduite si bonne et si oéœaaatre '. •

4a l'instruction au canada

De son côté, Colbert lui avait écrit quelques jours auparavant, le 5 avril : « . . . Permettez-moi, Monsieur, de voua supplier, quoique vous fassiez Tune de vos plus importantes occupations de bien faire élever les enfants, d*en user toujours à leur égard avec la même bonté que vous ûv^z fait jusques ici, parce qu*il est certain que c^est le meilleur moyen de bien policer la colonie et d*y former des gens capables de servir Dieu et le prince, dans toutes les professions différentes où ils se trouveront engagés pendant le cours de leur vie K »

Nous dirons plus loin ce que fit Kf de Laval pour l'instruction élémentaire, en dehors de sa ville épiscopale.

La population de Québec qui, en 1665-66, n'était que de 547 âmes, était montée à 1205, en 1685 '. C'était bien suffisant pour justifier rétablissement d'une nouvelle école de garçons. La basse-ville, où se trouvait le gros de la population et qui était un peu éloignée du Collège, semblait le lieu tout désigné pour cette fondation. Les citoyens la désiraient, et, en attendant, bon nombre de familles confièrent à un maître ambulant le soin d'instruire leurs enfants ', que VdgCy une faible santé ou les mauvais chemins de rhiver empêchaient de se rendre aisément au Collège. Bf de Laval voyait tout cela et il songeait peut-être à ouvrir une classe régulière à cet endroit, quand les 1 irconstances vinrent lui faciliter l'exécution de ce projc;

Après rinceudie qui, en 1682, détruisit une partie de la

I. ArtkHm dt tAnèêiéckf ; copie au Séminaire. 1. RtiêmSÊmtni de 1871, vol. IV. pp. > et 16.

3. Ruiwmê dm fmri dé Qmibt€ pour tenir Us pelilti èroUs à U kmstepUk, 1691 . Orifioal à U cttre de Québec.

KCOUKS l»FS GARÇONS X QtTftlBC 43

iMitse-vIlle, le vieux magasin de rancienne Coropafpiie des Cent-Associés n*avait pas été reconstruit. L'emplacement restait donc libre. L*évéque le demanda au gouverneur de la Barrt- nui îr lui accorda par acte du mnh d^octobre 1683»

M" de Laval partant pour la France, Tannée suivante, on ne put commencer les travaux qu'il avait résolu d'y faire exécuter. En 1685, il apprit que M-* de Saint- Val lier, en voyage à Québec, s'était fait concéder de nouveau, mais en son propre nom, le même terrain par M. de Denonville.

Dans une lettre du 15 février 1686, le vieil évêque fait à ce sujet quelques remarques à son grand vicaire et, entre autres choses, il affirme • que cet emplacement lui a été remis pour y faire construire une chapelle succursale et une maison d'accommodement qui s'y doit joindre pour l'instruction de la jeunesse de la basse-ville * '.

Quand fut bâtie cette école ? Peut-être en même temps que la chapelle en 1688 ou un peu après. En tout cas, il en était question en 1700, car le ao mai de cette année, M. Tremblay écrivait de Paris à M. de Bemières au sujet d'nne nouvelle fondation à la haute-ville : • Nos Messieufi croient que vous ne deviez %'ous charger que de celle de la basse-ville ". ■

En 1699, M* de Saint-V'allier voulut fonder une école élémentaire pour la jeunesse de la haute-ville et cela, dit-il Ini-méme dans un Mémoire au Père de La Chaise, à la

t . . \rckivti dm Sèmtmmirt et Qméém. 2. Artkivts dm Sèmtimairf dt QmHtt.

demande des prêtres du Séminaire de Québec. Cette fondation donna lieu à quelques démêlés entre les Pères Jésuites d*une part, et M" de Saint- Vallier et le Séminaire d*autre part.

Le Père de Kochenionteix, après avoir dit que les prêtres du Séminaire demandèrent les petites écoles \ cite cette partie du Mémoire oh Mgr de Saint- Vallier affirme la chose : ■ Les Messieurs du Séminaire de Québec, est-il dit dans le Mémoire de Mgr de Saint- Vallier au P. de la Chaize, m*ayant demandé de mettre chez eux les petites écoles et de les fonder, je leur ai promis par acte public de leur créer une rente sur la maison-de-ville de Paris, de quatre cents livres par année que je leur paie. ■ Puis le P. de Rochemonteix continue : « Les Jésuites tenaient dans leur collège, depuis plus de soixante ans, une petite école très florissante à laquelle un Père enseignait le catéchisme et un frère les éléments du français et du calcul. L*évéque voulut obliger leur supérieur, le P. Bouvart, à fermer à ces enfants les portes de son établissement et à les confier au Séminaire. La mesure était singulièrement arbitraire, Tinjonction déraisonnable. Le P. Bouvart, homme de conciliation et de concessions, aurait cependant cédé, si ses consulteurs n'eussent été d*un avis contraire et ne lui eussent fait obterver qu'une affaire de cette importance, si contraire à Plnstitut et si nuisible à la mission, devait être renvoyée au Général et au Provincial de l'Ordre et soumise à leur décision '. •

î. •Im piêtTM (la Sîémiaairt m tardèmit pas à hil dtwadtr deux cbotM: ka pHiiêi koki et Ict missioms. • (Roch.. ^. di., vol. III. ^SSS).

a. O^. tU„ vol. m. p. ss8.

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Que M*' de Saint- Vallier aii ckttxkè à faire pUnsir aux prêires dt som Séminaire \ qu*il n*avait pas gâléi loiu ce rapport depuis plusieurs années, la chose est possible. Mats que ces prêtres aient demandé les petites écoles comme il Taffirme dans son Mèmcirg^ c*est ce dont nous n'avons po avoir la preuve. Malgré tontes nos recherches, notis n*avoaa rien trouvé qui corrobore ce témoignage.

Si réellement le Séminaire avait demandé les petites écoles, comment l'évéque de Québec, qui prétend n*avoir agi qu*à sa requête, aurait- il pu faire écrire dans le contrat de fondation rédigé, sous sa dictée très probablement: • Le dit seigneur évêque aurait proposé à Messieurs les Supérieur et Directeurs du Séminaire des Missions Etran* gères établi en cette dite ville, ses intentions sur ce sujet, qui de bonne volonté ont bien voulu accepter les dites propositions* ' ?

Il aurait été si facile, ce semble, de dire que cette fondation était faite à la demande du Séminaire.

Le P. de Rochemonteix cite encore sur le même sujet, des lettres des PP. Germain et Silvy. Il n*y est nullement question du Séminaire ; pour eux, c*est Tévêque qui a tout fait. Quelle raison avaient ces bons Pères de tant ménager le Séminaire, si vraiment celui-ci avait été le premier auteur de ces démêlés, et cela au moment où la polémique à pfopos des affaires de Chine • était ardente entre les deux sociétés ••?

I. RocbcmoQteix. o^. CÙ„ vol. III. p. SjfL a. Artkii^t dm Sém, Voir Appendice C 3. Lcc, (ii.

Sans suspecter la bonne foi de M** de Saint- Vallter, il WÊÊM. bien permis de penser que la mémoire lui a fait défaut quand il écrivait que les prêtres du Séminaire lui avaient demandé de mettre chez eux les petites écoles.

Supposons, si l'on veut, pour le besoin de la cause, que l«i Messieurs du Séminaire aient demandé la fondation de nouvelles écoles à Québec. N*avaient-ils pas, en leur qualité de curé, le droit et le devoir de s'occuper eux aussi de rinstruction des enfants de leur paroisse?

Est-ce à dire pour cela qu'ils auraient voulu empêcher les Jésuites de continuer leurs petites écoles? Nous ne le pensons pas. Nous avons sous les yeux une longue lettre de M. de Maizerets à M" de Laval au sujet de ce différend, dans laquelle il expose à Tancien évéque les raisons qui peuvent engager le Séminaire à commencer les {)etites écoles quoique « les Jésuites continuent à les faire » \

Parlant de la crainte que Ton manifestait en certains lieux que ces deux écoles ne fissent quelque division, il dit : • Il me semble que n'ayant pas l'esprit de jalousie ni un empressement d'avoir multitude d'écoliers comme nous ne savons pas, cela n'arriverait pas. On dit que ceux qui ne seront pas contents en une école iraient à l'autre, ce qui me paraît un avantage et non pas un inconvénient dans ces commencements que l'on voudrait régler leurs mœurs. »

• La plus forte (raison) de toutes, ajoute-t-il aussitôt, est le bien de la paix et la bonne intelligence que nous devons garder avec les Pères. . . je crains que nous n'ayons part à cela comme une affaire qui nous regarde. »

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