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LUS SCfBNCBS AU COLLtoS JSI
Les recherches que noos avons pu faire, quelque soin que BOUS y ayons mis, ne sont paa assez complètes pour que nous puissions corroborer en tous points le témoi{çna{^e du Père Germain, mats nous en avons dit assez pour démontrer qu'à Québec on ne s*élois^ pas beaucoup des règles tracées par le HatioShtdwrum et suivies dans les collèges de la Compagnie de Jésus en Europe.
Dans son ensemble, renseignement des Jésuites valait bien celui de TUniversité et de Port-Royal, et il n*était pas inférieur aux besoins de Tépoque. Sans doute, on y trouverait aujourd*hui des parties faibles, certaines méthodes paraîtraient surannées et les programmes démodés; mais on ne doit pas oublier, non plus, qu*on n*était alors qu^iu XVII* ou au XVIII* siècle, et que le temps à marché depuis. Il ne nous appartient pas, nous qui avons profité des méthodes et de rexpéricncc de nos devanciers, de leur jeter la pierre. L*histoire dira peut-être un jour, qu'étant donné répoque, les besoins et les circonstances, le cours classique, au XVII* et au XVIII* siècles, valait bien celui que Ton donnait au XIX* ou au XX*. Des hommes comme Coudé et Villars, Pléchier et Bossuet, Lamoignon et Séguier, Corneille et Molière, ou encore François de Montmorency Laval, quels qu'aient été leurs talents ou leur génie, feront éternellement Thonneur du collège d*où ils sont sortis. Le Collège de Québec n*a pas à citer de pareilles illustrations ; son action, pour avoir été plus modeste et plus effacée que celle des grands collèges de France, n'enta pas été moins profonde ni moins fructueuse. Là se sont formés de saints évéqoes comme les d'£sgly, les Hubert et les Denault ; des prêtres zélés comme MIL Morin, Francheville, Martin, Son-
3aa l'instruction au canada
mande, Boucher, DeVarennes, etc., etc. Là aussi ont étudié JolHet et Gauthier DeVarennes, les Lotbinière et les Repentigny, les Portneuf et les Vaudreuil comme aussi une foule déjeunes gens sortis des rangs du peuple. Former des prêtres et des missionnaires dévoués, une élite de citoyens éclairés, capables d*6tre utiles à la patrie et de donner le bon exemple, telle fut Pœuvre du Collège de Québec, et elle suffit à sa gloire.
CHAPTTRT IV
BlfSBICNRlCHNT THCHNIQUB — MATHÉMATIQUES BT HYDROGRAPHIE
t, en France et «n Canada, on comimt. dèale XVIIc «iècle. l'importâBcc d'oB enieignensent tpédal. — Clatte* de mathématiqvca à Québec.^ Baootv Martin Boutet. — Talon veut fonder une Académie de marine à Qoébcc.— Une école d'hjdrographie.— Les pnrfctacuft laiqnca: Praaqnelia, JoUiet. Deahajres.— Lca Jésuites et l'enaeit de rhjdrofrapbie.— Les professenn.— Le Père de Bonaé-
L'enseignement spécial, dont on fait si grand cas aujourd'hui, et avec raison, n'est pas une invention moderne. Il faut remonter jusqu'au XVII* siècle pour en trouver la première idée. Richelieu écrivait lui-même dans son 7>jtmmêmi politique : m Comme la connaissance des lettres est tout à fait nécessaire à une République, il est certain qu'elles ne doivent pas être enseignées à tout le monde. Ainsi qo'un corps qui aurait des yeux à toutes ses parties seiait monstrueux, de même un Etat le serait-il si tous ses sujets étaient savants. Le commerce des lettres humaines bannirait absolument celui de la marchandise qui comble les Etats de richesses, et ruinerait l'agriculture, vraie nourricière des peuples. C'est par cette considération que les politiques veulent en un état bien réglé, plus de maîtres es
arts mécaniques qae de maîtres es arts libéraux pour enseigner les lettres '. ■
Ces vues pleines de bon sens n'eurent cependant leur parfaite application en France que deux cents ans après, en 1847 '. Ce n'est pas à dire qu'il n'y eut pas, avant cette date, et dès le XVIP siècle même, des collèges et des uni« versités où Ton enseignait quelques-unes des matières aujourd'hui réservées à l'enseignement spécial. Ainsi, par exemple, le mécanique, la navigation, Thydrographie, votre même l'architecture civile et militaire, faisaient alors partie du cours de mathématiques, à la vérité, mais pourraient être rangées aujourd'hui dans la catégorie des études spéciales.
On ne doit pas s'attendre que, sur ce terrain, la Nouvelle- France, ait devancé la mère patrie. Nous ne le prétendons pas non plus. Nous voulons faire voir seulement qu'an Canada, et dès le XVII* siècle, on s'occupa de l'instruction des jeunes gens que la vocation n'appelait pas à l'état ecclésiastique et qui, faute de carrières libérales où ils pussent se jeter, se seraient vus forcés de inener une vie oisive, et par suite inutile au pays.
Les Jésuites, l'intendant Talon et M" de Laval étaient hommes à comprendre tout le bien que l'on pourrait tirer d'un enseignement spécial qui tiendrait le milieu entre les élémentaires et le cours classique. Ils se mirent à
I. Cité par OcUvc GréArd ; Edmcaiiom et Imsirmtiiom — BfueigBOBCBt Mooodairt, I. p. S5-
fl. nié., p. 40. • En 1147. il fot décidé que. dans tout Ict ooUègw d cowwiwn», à partir de l'iaoét Molaire 1847-1848. il y ammit it spécial distinct dt l'castigBtmeat Uttérairc et parallèle à €tt fMtiffiieineat. •
MATHÈMATIQUIS BT HYDRCKiRAPHlB ^2$
roeovre et Ton eut à Québec l'école d*hydrogrsphie, ti i Saint-JoAchim TEcole des ArU et Métiers. Ce chapitre nous fera coooaltre la première de ces écoles.
Dans les collèges de Jésuites, en France, les matîu'matiques étaient en grand honneur *.
« s'// M^en emi pas été mMSt\ disait le Père Croiset, // ru/ wumquè quelque chou à tèducation des élèves, car vous n'ignorez pas, ajoutait*il en s'adressant aux pensionnaires de la Trinité de Lyon, à quelle utilité est cette science : il n'y a que ceux qui ne s'y appliquent point ou qui ne l'entendent pas qui prétendent qu'elle soit peu nécessaire . . . L'arithmétique, la géométrie, l'optique, l'astronomie, la mécanique, l'algèbre, la navigation, l'architecture civile et militaire, la statique, sont les traités de mathématiques qu'on enseigne en philosophie ^ •
Vaste était la matière; aussi employait-on aux mathématiques toute la troisième année de philosophie '.
Au Collège de Québec, avons-nous dit déjà, le cours de philosophie durait deux années seulement. Le cours de mathématiques et d'hydrographie, dont un professeur spécial était chargé, devait se donner à part et comme enseignement particulier, ce qui n'empêchait pas les Jésuites d'enseigner l'arithmétique et certaines branches des mathématiques dans leurs classes.
Il n'est pas douteux que, dès les premiers temps du Collège de Québec, et même avant que le cours classique ne fût au complet, il n'y eût un professeur de mathéma-
I. Cf. Rocbcnoatelx : Um coUège, ... vol. fV. pp. 36 et 115. a. Cité yêx Roch. : !hid., p. 113.