CHAPITRE V
SNSBIGNEMKNT TBCHNIQUB — âCOLB DBS ARTS BT MÊTIBRS
Boole des Arts et Métiers à Saint-Joachim et an Séminaire, à Qnébec. — MfT de Saint- Vallier et M. de Denon ville veulent transfonner l'éoole de Saint-Joachim.— Btabliaaement d'un collège classique an Cap- Tourmente.— Projet de manufactures.— Une lettre de Mf^de Laval. — Fondations de Mrr l'Ancien et de M. Soumande pour l'école de Saint-Joachim.— Travaux des élèves.— Les Arts et Métiers chex les Frères Charon.
Bieu des fois déjà on a parlé de l*Êcole des Arts et Métiers de Saint-Joachim ; nous en avons notis-méme dit un mot dans la première partie de ce travail. On noos pardonnera cependant si nous y revenons, et parce qoe nous voulons la considérer ici comme enseignement spécial, et aussi parce que nous pourrons peut-^tre, sans trop nous répéter, ajouter quelque chose de nouveau à ce que Ton en sait par ailleurs.
L*histoire des premières années de cet établissement n*e8t pas beaucoup connue ; les documents font défaut sur plusieurs points Nos Annales n*en parlent qu'incidemment et ne font qu'indiquer les entrées et les sorties d'un certain nombre d'élèves qui passent du Séminaire de
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Québec à celui de Saint*Jo«chini, et encore, à partir de 1676 seulemeot
Il lemble admis cependant que cette école existait avant cette date« C*est du moins Topinion de feu le cardinal Taachereau qui, croyons-nous, écrivait dans IJAheilU^ le 9 juillet 1849 : • • • .dans le même temps qu*il (M" de Laval) ouvrait à Québec le Petit Séminaire destiné à recruter le clergé, il fondait au pied du Cap-Tourmente une espèce de ferme modèle où les jeunes gens qui paraissaient moins propres aux études classiques, apprenaient à lire, à écrire et à chiffrer, tout en s*appliquant aux travaux de la terre et à différents métiers. •
Cette opinion, pour nous d'un grand poids ', est corroborée jusqu'à un certain point par la lettre de Talon que nous avons déjà citée, et où il est dit que « les jeunes gens se jettent dans les arts et métiers • ^ A quoi cette phrase pourrait-elle se rapporter, sinon à la fondation de M* de Uval?
Au reste, rien n'erapéche que dès i6d8, Tévéque de Pétrée ait inauguré à Saint-Joachim rétablissement en question. A cette date, il était déjà propriétaire, au Cap-Tourmente, de deux fermes considérables : la ferme tten haut^ aujourd'hui la grande ferme, et la ferme <ten àas, ou petite ferme. Il les avait données à bail Tannée précédente à deux braves cultivateurs, Pierre Saint-Denis et Romain Trépagny ',
I. Vol. I. n* 41 —Ptfvocisc B*a été mina mitcifiié, tor ThUtoirc da Séminaire, qam U cardinal Tmchmrmn,
a Lttirt du s norembre. 1671.
;. Ankiwtt ém S^mimëirg
•nr lesquels il pouvait compter. De plus, dans la maison de la grande ferme, maison à deux étages, il était facile de loger un bon nombrr d*enfants. Rien d'étonnant donc que M" de Laval ait compris tout de suite le parti qu'il pouvait tirer de ces avantages, pour le proBt des jeunes gens que leurs goûts et leurs inclinations ne portaient pas vers l'état ecclésiastique.
Cette institution, qui montre bien le sens pratique du grand évéque, devait être tour à tour ou simultanément une école élémentaire et une école latine, une ferme modèle et un établissement pour les arts et les métiers. L'esprit entreprenant de M** de Saint- Vallier et les bonnes dispositions de M. de Denon ville faillirent en faire un collège classique et un centre de manufactures.
Nos anciens historiens, Charlevoix et La Tour, ont reproché aux enfants canadiens de ne s'être pas appliqués à l'étude des sciences, de n'avoir pas été des savants. Ils en donnent pour raison, leur manque de constance et d'as» iiduité et la dissipation dans laquelle on les élevait *, Tons deux sont d'accord cependant pour reconnaître chez ces mêmes enfants une grande aptitude pour les travaux ma* nuels.
• Personne, dit Charlevoix, ne peut leur contester un génie rare pour les Mécaniques : ils n'ont presque pas besoin de maîtres pour y exceller, et on en voit tous les jours qui réuasiftsent dans les métiers sans en avoir fait d'apprentissage *. •
4* Cbaftefcia : JomnuU, . ., ia-it. vol. V, p. •$$•— LaToor: Mémtai^t» turlm Vi* éê Mm âê Lûvl, p. 99.