I. Elmiprtitmt di tEgNu ém Cémëdê, p. to. a. lèmL
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La difficulté était de trouver les ressources nécessaires à cette fondation. Le gouverneur, M. de Denonville, ofiFrit au grand-vicaire de l'aider dans son entreprise.
Le 13 novembre 1685, il écrivit au ministre : « J'ai trouvé ici, dans le séminaire de Tévéché, le commencement de deux établissements qui seraient admirables pour les colonies, si on les pouvait augmenter. Ce sont, M", deux maisons où Ton retire les enfants pour les instruire. Dans Tune on y met ceux auxquels on trouve de la disposition pour les lettres, auxquels on s'attache de les former pour l'église, qui dans la suite peuvent rendre plus de services que les prêtres français, étant plus faits que les autres aux fatigues et aux manières du pays.
« Dans l'autre maison on y met ceux qui ne sont pas propres que d'être artisans, et à ceux-là on apprend des métiers. Je croirais que ce serait là un moyen admirable pour commencer un établissement de manufactures qui sont absolument nécessaires pour le secours de ce pays.
« L'évêque. ajoute-t-il, est charmé de ces établissements et voudrait bien être en état de les soutenir et augmenter'.»
M. de Denonville comprenait bien que tout cela ne pourrait se faire sans de grandes dépenses, soit pour le collège, soit pour les manufactures ; il s'empressa donc de proposer au ministre un moyen qui, dans son idée, devait résondre la question. C'était de donner à l'évêque luimême, et non à l'évêché de Québec, une groase abbajre. • M" de Saint- Vallier, écrit-il, n'est occupé que de faire da bien aux pauvres et d'augmenter la foi et le salut des âmes»
t. Arth, éê PmrU^ s* •éric, vol. IV, p. 439.— Copie an SéaiMirt.
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il ferait nn bon u%age des largCMCS du roi. Il est certain, concluait le gonvernenr, que Sa Majesté aurait le plaisir de voir employer le revenu de ce bénéfice en bonnes et saintes œuvTes, qui feraient iner\xille pour le bien de la colonie, son soutien et son augmentation . . . * •
A cette lettre déjà assez pressante, M. de Denonville dut joindre un mémoire sur rétablissement des manufactures proposées. On conserve aux archives du Séminaire, et nous svons sous les yeux, un document de cette espèce. C'est une copie très ancienne, datée de 1685, et portant pour titre : « Instructions pour Us manufactures, • Quel est l'auteur de ce document? nous ne pouvons le dire positivement. Nous croyons cependant pouvoir l'attribuer à l'intendant de Meulles. Celui qui écrit, en effet, est bien renseigné sur le pays, et parle comme un homme qui y demeure depuis quelques années. On sait du reste, par une lettre du ministre, que de Meulles avait commencé, dès 1685, l'établissement d'une manufacture de toiles, pour laquelle on fit passer au Canada six tisserands '.
Dans ces Instructions^ on commence par poser en principe que pour cet établissement, il faut des lieux et des bAtiments. Tout le monde s'en doutait ; aussi bien, l'auteur se hAte-t-il d'ajouter : « Il se trouve des lieux propres pour cela, savoir dans la paroisse de Saint-Joachim propre pour l'établissement des garçons et il s'en présente un autre pour les filles dans la haute-ville de Québec II ne reste qu'à faire les bâtiments et les meubles. • Le bâtiment pour les
1. Artà, éê Fmris, i« térto, vol. IV, p. 439. s. Rapport d* RLkard tSqo. p. 164.
garçons devait avoir cent pieds de long et être à deux étages^ L'étage d*en haut servirait de dortoir, celui d'en bas serait consacré à faire des salles pour les manufactures. Deux bonnes cheminées, à vingt-cinq pieds des bouts, permettraient de mettre des poêles pour la saison d'hiver. Comme ce bâtiment n'était qu'un commencement, on y laissexmit des pierres d'attente pour pouvoir construire trois autres corps de logis de la même grandeur, pour multiplier les manufactures.
Le projet ne manquait pas d'importance. Quatre cents pieds de bâtiments, à deux étages, et aux frais de l'État, c'était certes une belle perspective pour le pays en général, et pour Saint-Joachim en particulier. Malheureusement, la grande partie de ces constructions ne se fit jamais. L'allonge de cent pieds que l'on commença en 1685 était surtout destinée au collège classique. S'il y eût jamais des manufactures subventionnées par l'État au Cap-Tourmente, c'est là qu'elles fonctionnèrent
Mais quelles étaient ces manufactures dont on se proposait ainsi de doter le pays? Notre vieux papier répond: • Les manufactures que l'on peut établir sont de toiles, saxges, cardeurs, fileurs de laine, chapeliers, courdonniers. >
L'auteur du mémoire ne s'arrête pas là. Il propose de compléter l'établissement déjà existant à Saint-Joachim. • L'on y établira aussi, dit-il, des métiers pour les faire apprendre aux enfants du pays, et l'on y enseigne actuellement la menuiserie, la sculpture, la peinture, la dorure, pour l'ornement des églises, la maçonne et la charpente. Il y a de plus tailleurs, cordonniers, taillandiers, serruriers, couvreurs qui apprennent ces métiers aux enfants du pays,
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mais ce qui ne peut pas se maltiplter faute de los^ment mais se pourra faire à la sotte à proportion des bâtiments que Ton y fera. •
Le tout se terminait par la note suivante. « Il n*est pas néocasaire d'envoyer des maîtres (pour ces métiers), mais des ouvriers pour la construction des Mtiment^ •
Tel est, dans tes grandes lignes, ce document que noua supposons avoir été envoyé au ministre par le gouverneur ou rintendant, â Tautomne de 1685.
Il ne restait qu^une chose à faire, semble-t-il : attendre la réponse du ministre. Mais cette réponse ne devait venir qu'au printemps, et il fallait battre le fer pendant qu'il était chaud. M. de Denon ville promit donc de donner quatre iomgès^ ce qui représentait une somme de 4000 livres, pour aider le nouvel établissement. Port de cette promesse, M*^ de Saint- Vallier mit son projet de collège à exécution, dès le mois de novembre 1685. M. Soumande fut continué dans sa charge de directeur, et M. Denys dans celle de préfet des enfants ^
M* de Laval était alors en France; son grand-vicaire voulut tout de suite l'informer de l'entreprise qu'il venait de faire. Dans sa lettre, que nous n'avons pu retrouver, mais qu'il est facile de reconstituer, en partie du moins, par la réponse de M" de Laval, il annonçait à celui-ci que le Séminaire de Saint- Joachim allait subir une transformation,
I T^rmmacripim.^Xi y a mi pta dt coafatioa dans les soles de V[, BédArd. Il fMirto de cet éubliwift eoauM teat le premier à Sdat- Joediim. Il lalMt aoiri qot MM. flci— tarte et Deajt fnreot sommet à leort thargtt rmptctivvt à cette deU. Or toot deu étoiest à Stla^
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et il lui disait aussi comment, le gouverneur ayant promis quatre congés^ on avait décidé de commencer immédiatement une allonge de cent pieds, etc.
Le vieil évéque, qui s'intéressait pourtant beaucoup à cette fondation de Saint-Joachim qui était sienne, ne s'enthousiasma pas si facilement que son grand-vicaire des promesses du gouverneur, et il ne lui cacha pas ses craintes.
«Je conviens, lui écrivait-il, le 15 février 1686, que cette bonne volonté, que nous a fait paraître M. Denon ville de vouloir contribuer à ces bonnes œuvres par le moyen des congés, est un motif assez grand pour nous obliger d'y donner quelque commencement, mais il fallait faire en sorte qu'il ne nous fût point à charge et avoir cette contribution de congés par avance... La précipitation avec laquelle on est obligé d'entreprendre un bâtiment de cent pieds de long au Cap-Tourmente engage à une grande dépense. Nous avons une grande expérience au Canada, et par noosméme à St-Michel \ que les bâtiments de bois ne valent rien, sont très incommodes et de plus grandes dépenses que m on les avait faits en pierre. Si j'avais été sur les lieux, je n'aurais pu consentir. Il valait mieux, si tant est que l'on dût bâtir, de le faire en deux ans et de le faire en pierre, mais l'empressement que l'on a eu de le voir tout d'un coup sur pied, a engagé à cette entreprise qui engage notablement chez les marchands '. •
Cette lettre renfermait à l'adresse du futur éx-êque de
I. MAiMO de Gâmpftgiic à SiUery. oà 1m élèves dn SémiMire allaiMit pâiMT Itiirt oongét.
a. Artkivêt du Séminaire,
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Québec une leçon de prudence, dont il aurait peut-être tenu compte si elle était arrivée à tempa. Mais il était trop tard. Le collège était ouvert depuis plus de six mois quand M*' de Saint-Vallier reçut cette lettre, et dès le mois de novembre 1685, on y comptait trente élèves.
On s*aperçut bientôt combien M" de Laval avait eu raison de croire qu*on ne devait pas aller trop vite, et de dire qn*il fallait avoir la contribution des congés par avance. . .
En effet, un an après, le 10 novembre 1686, M. de Denon- \'ille écrivait au ministre : • A Tégard des enfanta que nous aurions dessein d*élcver dans un lieu pour éprouver leur vocation et leur faire apprendre des métiers, n*ayant pas cette année de congés à donner pour contribuer à leur pension, M. notre évéque n*est pas assez riche, non plus que notre Séminaire, pour soutenir ces écoles qui avaient bien commencé, et qui finiront par manquer de fonds *. ■
Ce fut là, probablement, la fin du collège classique de Saint-Joachim.
« Vo>'ant, lisons-nous dans le manuscrit déjà cité ^ que le soutien de ce petit séminaire était de grande dépense, que M. le marquis de Denonville ne donnait plus de congés, à cause de la guerre, et la grande difficulté d'élever des enfants d*étude à la campagne, avec des enfants de travail, on résolut de détruire entièrement le dit séminaire et de conserver à Québec ceux que l'on jugea plus propres pour les études, savoir : I^ Chenaye, la Durantaye et les deux La Bonteillerie: les autres ont été renvoyés chez leurs parents. •