‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 190 sur 233 · Cf : AmmmmirÊ de yHtgmmHé, per RagwC->Lftloor · texte numérisé non relu

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autre à Montréal, dirigée par les Jésuites. Il t'en fallut de peu qu*elle ne devint collège classique.

Le aa août zôça, M** de Sain^Vallier avait permis aux Pères Jésuites de fonder en cette ville une Résidence • où ite exerceraient auprès des Français, les diverses fonctions de leur ordre •. Ces mots comprenaient renseignement de la jeunesse auquel ils ne Urdèrent pas à se livrer.

Le 2o septembre 1694, le Père de la Chauchetière écri* vait de Villemarie : • Je suis demeuré ici où nous avons une espèce de collège qui n*est point fondé... J'ai des élèves qui sont bons cinquièmes. » Quelques jours auparavant, il avait écrit que ses élèves étaient au nombre de douze à quinze, sans compter les officiers qui suivaient son cours de mathématiques, et qui • avaient la barbe au menton *.

Cette espèce de collège, .suivant Texpression du Père, n'était pas fondé, c'est-à-dire que les Jésuites n'ayant pas pour cela de subvention du gouvernement, en faisaient seuls tous les frais. Dans de telles circonstances, il était impossible que le cours classique se développât rapidement Les habitants de Montréal se contentèrent donc, durant plusieurs années, de cet embr>'on de collège et continuèrent à envoyer leurs enfants faire ou continuer leurs classes à Québec.

Mais la population s'accroissant d'année en année, les Montréal istes, comme on disait alors, voulurent, eux aussi, avoir leur collège classique. Jugeant que les Pères Jésuites étaient tout désignés pour en prendre la direction, ils s'adressèrent en ce sens au gouverneur. Leur requête, aases longue et bien motivée, est de 1727.

Ou nous permettra, à cause de son importance, d*en citer certaines parties :

• Tout ce qu*il y a, disent-ils, dans retendue du gouvernement de la ville de Montréal, d^officiers de guerre et de justice, de bourgeois, de marchands et d^habitants, touchés très sensiblement de Tignorance et de Toisiveté de leurs enfants qui donnent occasion à des désordres qui les font gémir, ont recours à vous pour vous supplier très humblement et très instamment de seconder leurs bonnes intentions en leur procurant ce qu^il y a de plus capable de maintenir la jeunesse dans Tordre et de lui inspirer les sentiments de soumission nécessaires pour rendre leurs enfants de bons serviteurs du Roi en même temps quMls les rendent bons serviteurs de Dieu *. »

Après ce préambule assez suggestif, les requérants proposent la fondation d^un collège qui, seul, pourrait permettre à leurs enfants « de prendre le parti le plus convenable à leurs dispositions naturelles, à leur condition et encore plus à leur salut étemel ». Ils ne veulent pas insister davantage, confiants qu^ils sont en la bonté du gouver* neur qui en sait plus long qu*eux-mêmes sur ce sujet lia continuent toutefois : « Nous sommes convaincus que vous trouverez bon que nous vous témoignions Tinclination très juste que nous avons de confier l'éducation de nos enfants aux Révérends Pères de la Compagnie de Jésus qui ont déjà un petit établissement en cette ville, parce que vous oonnaiiiex encore mieux que nous les talents particuliers que Dieu leur a donnés et qui sont connus partout, particu-

t. ^rrà. éê FlÊTÙ dIJA citéct.» Copie an Séminairt.

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lièrement en France, ce qui attire dans leurs collèges toute la jeunesse la plus florissante et la plus disting:uée du royaume. •

Jusque là, tout était bien, mais rinstniction ne va pas sans de grandes dépenses, et les habitants, avec tonte leur bonne volonté, avaient-ils le moyen de fonder et de maintenir un collège ? Malgré Tassistance que pouvaient leur donner les Jésuites, ils ne se senuient pas capables d'entreprendre une pareille tâche. Ost pourquoi ils ajoutent aussitôt : « Mais que pou vous- nous faire de nous-mêmes, M", si votre grand crédit auprès de Sa Majesté ne vient à notre secours? Les fonds que les Révérends Pères Jésuites nous demandent pour un établissement si utile, nous paraissent à la vérité très modiques, mais quelque modiques qu'ils .^ient, vous savez combien peu nous sommes en état de les fournir nous-mêmes. •

Enfin, en gens habiles, les requérants veulent bien reconnaître que Sa Majesté fait déjà beaucoup pour un pays qui ne lui rapporte rien, mais ils osent affirmer quand même, qu'aucune œuvre n*est plus utile que celle qu'ils proposent U leur semble qu'il serait aisé de fonder ce collège sans augmenter les fonds destinés pour le Canada. Par quels moyens? Ils ne jugent pas à propos de les suggérer.

M. de Beauharnois accueillit favorablement cette requête et la transmit au ministre, le 28 octobre. Il annonçait en même temps que M. Dupuy joindrait à la lettre commune on mémoire des Pères Jésuites sur le même sujet

L'inteudant ne crut pas devoir envoyer ce mémoire, mais il écrivit au ministre trois jours après : « On n'aura pas manqué. M", de vous envoyer un mémoire pour l'établis-

sèment d*un collège à Montréal. Cette vue est si louable en elle-même qu'elle frappe au premier coup par son utilité d'autant plus qu'il est véritable que les pensions des jeunes enfants sont fort chères à Québec. Mais comme tontes les classes ne sont pas encore établies à Québec, ne vaudrait-il pas mieux les y parfaire et rendre d'abord complet le Collège de Québec, avant d'en établir un autre à Montréal, ce qui ferait sans nécessité deux collèges imparfaits? A moins que vous n'ordonniez les choses de telle façon que les classes qui manquent à Québec fussent établies à Montréal, ce qui donnerait lieu à la jeunesse de voir toute la colonie et d'y prendre des liaisons, ceux de Montréal venant à Québec pour y commencer leurs études et ceux de Québec (allant à Montréal) pour les y finir, ou zn'ce versa^ si le contraire était plus expédient ^ •

L'idée de promener les élèves d'un collège à Tautre, sous prétexte de leur faire voir toute la colonie et d*augmenter ainsi le nombre de leur amis et de leurs connaissances, ne manquait pas d'originalité; mais il nous semble qu'avec l'humeur voyageuse qu'on leur connaît, les Canadiens de ce temps-là n'avaient pas besoin qu'on organisât ce s>'stème pour leur apprendre à connaître le pays.

L'intendant n'était donc pas en faveur du projet, et le ministre partagea ses vues d'autant plus volontiers qu'il ne tenait pas, pour le moment, à grever davantage le budget de la colonie. Maurepas écrivit donc au gouverneur, le i8 mai 1728, • qu'il ne fallait pas penser à établir un collège à Montréal parce qu'il serait trop onéreux au roi •. Dnpuy

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