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LES teoun LATims 381
Après bien des réflexioos sur cette matière, notss avons jugé qu*il ne fallait plus s'attendre que la France fournit à ce pays les prêtres qui lui sont nécessaires, ni croire que le petit nombre de jeunes gens qu*on élève aujourd'hui dans cette vue puisse suffire.
« Il faut nécicsMiirement les multiplier en donnant aux parents plus de facilité de faire étudier leurs enfants et sartOQt à ceux de la campagne K Nous ne voyons pas de moyens plus sûrs pour réussir que de vous engager, Mes Très Chers Frères, à enseigner le latin et à élever dans la piété les jeunes gens de vos paroisses en qui vous remarquez des dispositions à Tétat ecclésiastique et de Touverture pour les sciences. Lorsque vous les aurez mis en état d'entrer au Séminaire, nous contribuerons autant que nos facultés nous le permettent à leur entretien ou à payer leurs pensions.
■ Nous vous exhortons, Mes Très Chers Frères, à embrasser cette excellente œuvre avec le zèle qu'elle demande. Votre patrie a le droic de l'attendre de vous, et Nous Nous flattons que l'amour de la gloire de Dieu et du salut des Ames sont des motifs plus que suffisants pour vous y porter '.•
« Cette lettre pastorale, écrit M. Joseph-Edmond Roy, mérite d'être conservée. C'est un des plus généreux efforts qui fut tenté pour former un clergé national et recruter dans les rangs des colons, des sujets pour la prêtrise. Le curé de paroisse y était appelé à jouer le rôle d'éducateur et à faire de son presbytère comme un petit séminaire. Que
1. Dttt te ttztc on • imfrtmi Is Com^ÊfmU, mait c'est probablcacot me cffrar &n coplitt.
2, Mamdemêmit éts Ewê§mêi éê Ott^étt, vol. I, p. 543.
38a L'INSTRUCTION AU CANADA
de sujets brillants sont ainsi sortis de ces ruches paroissiales î On manquait d^écoles. Le prêtre rassemble autour de lui les petits campagnards et leur donne renseignement. A la Baie-Saint- Paul, aux £bouIements, un peu partout on retrouve de ces pépinières d'élèves *. »
Le mandement de Nf Dosquet n'arrivait pas trop tôt. Depuis quelques années le nombre des élèves était diminué sensiblement, au Collège et au Séminaire. En 1733, il n*y avait au Collège qu'une trentaine de pensionnaires et peutêtre un peu plus d'externes. Au Séminaire, les entrées des élèves avaient été bien peu nombreuses, durant ces dix dernières années. Ainsi par exemple, en 1723, il n'entra que deux élèves; en 1724, cinq; même nombre en 1725: un seulement en 1726 et deux en 1727. « Cette année, ajoute TAnnaliste après avoir inscrit ces deux élèves, le Petit Séminaire se trouva réduit au nombre de douze séminaristes. »
L*appel de l'évèque à ses curés, fut-il entendu? Noos avons raison de le croire, bien que le résultat ne se soit pas fait sentir immédiatement. Les premières années qui suivirent la publication de cette lettre n'indiquent pas, sans doute, un grand changement ; au Séminaire, l'on n'inscrit encore que six ou sept nouveaux élèves, chaque automne. Mais en 1739, on en compte treize, en 1743, vingt, en X 750, vingt-cinq. Ce nombre, sans être extraordinaire, était, du moins, plus satisfaisant. Au Collège comme au Séminaire, il y eut probablement augmentation des élèves à cette époque, mais nous n'avons rien pour le prouver.