‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 196 sur 233 · I.r 'V^'-^ '^f'MINAIRB DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

I.r 'V^'-^ '^f'MINAIRB DE QUÉBEC

'• CoBcile de Trente.— MfT de I^val fonde c bec.— Premier» élèves.— Développement de o«tt« ÙMtttatton. — Inlérét que lui porte le fondateur. — Bprenw et difteoltét: incendies, gmnde pauvreté, etc.— Les demièrtt année* Êoa» U domination françnite.— Directeurs et maître de dlidpUne.— Qoelqnet noms d'élèves.

Il ne peut être question de faire ici riiistoire complète du Petit Séminaire de Québec ; ce serait sortir des bornes que nous nous sommes prescrites. Nous ne pouvons, toutefois, terminer ce travail, consacré à Tinstruction et à Téducation des enfants sous le régime français, sans donner un aperçu historique de cette institution qui, pour n*avoir pas donné renseignement classique, n'en a pas moins joué un rôle important dans la colonie.

On a peine à comprendre parfois qu'il n'y ait pas eu, aoiis le régime français, d'enseignement classique proprement dit au Séminaire de Québec La chose est pourtant facile à expliquer. Les petits séminaires, en ce temps-lâ, étaient exclusivement destinés à l'éducation des enfants que l'on croyait appelés à l'état ecclésiastique. Les collèges, au contraire, s'ouvraient indistinctement à tous ceux qui désiraient étudier, soit pour le sacerdoce, soit pour 1^

carrières libérales. Les petits séminaires ne comportaient donc pas nécessairement renseignement classique que les * enfants pouvaient aller puiser ailleurs. Ce que Ton y donnait plus particulièrement, c*était la formation morale et religieuse à laquelle on joignait des leçons de chant, de cérémonies, etc. Tel fut, sous le régime français, le Petit Séminaire de Québec. Durant près d*un siècle, ses élèves allèrent chez les Jésuites, chercher renseignement classique ^

M"' de Laval, qui souhaitait former un clergé national pour desservir les cures et parcourir les missions de son vicariat apostolique, comprit tout de suite que, pour arriver à ce bnt, la fondation d'un séminaire était urgente. Au reste, en agissant ainsi, il ne ferait que se rendre aux vœux on plutôt aux ordonnances du saint Concile de Trente qui avait décrété ' qu*à côté de chaque église cathédrale, il y aurait un lieu où Ton élèverait chrétiennement les jeunes gens • dont le caractère et la volonté donneraient de Pespé* rance qu'ils se consacreraient un jour au saint ministère •, et que Ton enseignerait à ces jeunes gens : « la grammaire, le chant, le corn put ecclésiastique, les homélies des saints, la manière d*administrer les sacrements et les cérémonies.»

Le 26 mars 1663, moins de quatre ans après son arrivée à Québec, révéque de Pétrée publiait à Paris le mande* ment par lequel il établissait un grand séminaire à Québec. • On y élèvera et formera, disait-il, les jeunes clercs qui

I. Attjoonl'Uui, pratiquement, dans notre payt dn moins, on ne fait pins de distinction <lc cette lorte entre petits séminaires et collèges. t. Session XXIII'. chap. XVllIe.

paraîtront propcca an aervioe de Dieti et auxquels, à cette fin, Ton enseignera la numièrc de bien administrer les sacremcnts, la méthode de catéchiser et prêcher apostoliquement, la théologie morale, les cérémonies, le plain-chant grégorien et autres choses appartenant aux devoirs d*un bon ccclésîastiqne *.•

A première vue, il semblerait que M** de Laval aurait dû commencer par la fondation d*un petit séminaire, puisque le grand est censé n*étre que la continuation et comme le complément du petit. Mais à son arrivée, le vicaire-apostolique avait trouvé à la paroisse une espèce de maîtrise qui pouvait suffire aux besoins les plus pressants. D'ailleurs, le Collège des Jésuites était déjà organisé et prêt à fournir un certain nombre de sujets au grand séminaire.

M*' de Laval se serait peut-être contenté de cet état de choses si, en 1668, une lettre de Colbcrt n'était venue hâter rétablissement du petit séminaire. Il s'agissait de franciur les sauvages, et le ministre conjurait M^ de Laval de travailler lui-même à cette bonne œuvre afin de donner par là l'exemple à tous les ecclésiastiques, prêtres et religieux.

Le prélat n'hésita pas à se rendre aux désirs de la Cour, et comme il fallait, pour /ramdser les sauvages, les mettre en rapport avec les Français, il fonda tout de suite pour les uns et pour les autres son petit séminaire dont il fit l'ouverture solennelle, le 9 octobre 1668, jour de Saint- Denys.

Dans la petite et vieille maison que M** de Laval avait

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