‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 197 sur 233 · Mmmétmumtt des Ev/^mt 4ê QmiéêC, voL I, p. 4S · texte numérisé non relu

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achetée deux ans auparavant de Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard, se réunirent treize enfants: sept Français et six sauvages, dont voici les noms: Pierre et Claude Volant, frères jumeaux, Michel Poulin, Pierre Pèlerin, Jean Pinguet, Paul Vachon, J.-B. Hasley, Joseph Haondecheté, Joseph Honhateron, Joseph Hande8atiri, Joseph Dok8chiandes, Jean A8troubret et Nicolas Arsaretta >.

Sur ces six sauvages, un seul, Joseph Dokbchiandes, fit un séjour un peu long au Séminaire, c*est*à-dire cinq ans ; les autres n'y firent que passer. L'expérience ne tarda pas à démontrer que la francisation des sauvages était une utopie. La vie de grande liberté à laquelle étaient habitués ces enfants des bois, et plus encore peut-être l'amour exagéré que leur portaient les parents, furent les deux obstacles contre lesquels vinrent buter la bonne volonté et les efforts de tous ceux qui entreprirent cette tâche.

Au moment où M*" de Laval jetait les fondations de ce nouvel établissement, sept ou huit prêtres formaient déjà le Grand Séminaire fondé en 1663. M. de Bernières était alors supérieur; MM. Morel, Fillon, Morin et Pommier étaient occupés dans les missions, et M. Dudouyt remplissait Toffice de procureur. M. de Maizerets, seul, paraît avoir été libre. Ce fut probablement lui qui fut chargé de la direction des élèves. Sa notice biographique nous le représente comme ayant pris un intérêt tout particulier à Tœuvre du Petit Séminaire. « Tout le Canada, y est-il dit, lui a des obligations pour l'éducation de la jeunesse, à

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quoi il a été appliqué pendant pièa de cinquante ans ; Dieu a donné bénédiction à set travaux par le gvànd nombre de prêtres et d*antres qui ont pris parti dans le monde, selon leur naissance et qui se sont comportés en bons chrétiens, tons sortant du Petit Séminaire qu*il a institué et soutenu, malgré les contradictions, jusqu'au jour de sa mort, avec un zèle et une affection toute particulière, ayant eu pour tous les enfants une tendresse de mère. . . ' •

Pour Taider dans ces fonctions aussi délicates que fati* gantes, on lui donna un maître ou préfet de discipline^ étudiant en philosophie ou en théologie.

Quel fut ce premier surveillant? Nous n*en savons rien. Charles- A mador Martin, Pierre de Franchcvillc, Pierre- Paul Gagnon, tonsurés depuis un an, et Louis Soumande, tonsuré depuis le mois de juin précédent, bien qu'il ne fût encore que dans les classes de lettres, pouvaient bien remplir cette charge. En tout cas, ce dernier parait Tavoir occupée en 167 1, car nos AnnaUs rapportent que cette année-lâ, m les élèves étant allés à la pèche au Sault Montmorency, sous la conduite de M. Soumande, Raphaël Gagnon s*y noya '.

Sans trop affirmer, nous croyons que M. Soumande resta préfet des enfants jusqu'à Tannée de son ordination, en 1677. Il fut alors envoyé à Saint-Joachim, où, tout en se livrant au ministère et à la direction des fermes du Sémi*

I Cctit aoHee pécfoiogique a été publiée en entier dans L*AUiiU, vol. 1. ■* 15 : on la dit empruntée à un vieux manuscrit : c'cat exaet« nais œ viras maontcHt n'est Ini-nême qu'une oopie d'un article inscrH m Bromiltûféàê 1714 à 17», p, 185, et qui est de laplumcdc U. De Vaalortprocomrda

naire, il se dévoua à Téducation de la jeunesse de TEcoIe des Arts et Métiers dont il fut le bienfaiteur et le directeur durant plusieurs années. Nous n'avons pas besoin de redire ici ce qu'il fît pour l'établissement du Cap-Tourmente où il dépensa, sans compter, son temps, sa santé et son patrimoine. Il mourut à l'Hôtel-Dieu, le 19 avril 1706k

Lors de Touverture du Petit Séminaire, les élèves n'étaient que treize; en 1675-76, on en comptait trente-deux K Ces enfants étaient bien à l'étroit dans la petite maison de Madame Couillard, et il fallut songer à leur donner un logement plus convenable. Le 24 avril 1675, M'' de Laval avait échangé avec M. Berthelot, l'île d'Orléans pour l'île Jésus, et il avait reçu en retour la somme de 25,000 francs. C'était suffisant pour assurer la construction qu'il avait en vue et qu'il fit commencer immédiatement. Les travaux furent poussés avec tant d'activité et si bien conduits, qu'à la fin de l'année 1677, ^^ maison était prête à recevoir les élèves. Elle était située à angle droit avec la cathédrale et attenante au chevet de l'église -; on la nomma • le petit Séminaire du nouveau bâtiment » ".

La bénédiction solennelle en fut faite le 7 décembre 1677 por^ M** de Laval lui-même qui voulut encore donner aux élèves le sermon de circonstance. « Le lendemain^ fête de la Conception Immaculée de la S** Vierge, les enfants da Séminaire, après avoir fait leur rénovation ^ s'être confessés

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4. Il «'agit ici du vcro dit de rimnaculée Conoeplioo que Ton vtUit chaque aattée, le 8 décembre.

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et avoir communié, commencèrent à t*y ]og;er *. • Ils étaient au nombre de quinae. Noa livres de comptes pour 1677-1678, indiquent bien, il est vrai, vingt et un écolier», mais justement, ce jour-U, 8 décembre, sept d>ntre eux passaient du Petit au Grand Séminaire '.

Monsieur de Maizerets remplissait toujours, croyons-nous, les fonctions de directeur des élèves. M. Soumande, ordonné prêtre le a i décembre 1677, fut remplacé comme maître de discipline par Mathieu D*Amours à qui on venait de donner la soutane. Trois ans plus tard, celui-ci ne se reconnaissant pas de vocation pour Tétat ecclésiastique, rentra dans le monde '. • Il avait été préfet du petit Séminaire •, disent les Annales.

• JusquVn 1680, le Séminaire n*eut d*autres ressources certaines que de faibles rentes, quelques terres achetées depuis peu, le désintéressement de ses membres et la bienveillance de son charitable bienfaiteur ^ •

Le 12 avril de cette année, M" de Laval, qui voulait compléter cette œuvre et en assurer Texistence, donna tous set biens au Séminaire; il s*en réserva cependant l'usufruit jusqu'à sa mort, avec entente que le donataire ne serait tenn aux charges qu'à la même époque.

Parmi les obligations stipulées au contrat, il en était une qui concernait spécialement le Petit Séminaire: M** de Laval qui, dès les commencements, avait payé la pension

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