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€S l'instruction ao canada
Ce chiffre paraîtra bien faible à plusieurs, mais il ne faut paa oublier que les parents ne dirigeaient ordinairement vers le Séminaire, que ceux de leurs enfants qui montraient quelques dispositions pour Tétat ecclésiastique, rappelant les autres à la maison lorsqu'ils avaient appris à lire, à écrire et à compter. Ces dernier5 formaient, à n'en point douter, la grande majorité dans Técole de Tabbé Boucher, car autrement, comment M. Bédard aurait-il pu dire qu'elle éuit fréquentée *.
La bonne renommée de cette école semble avoir été bien établie; il y venait des élèves de tous les coins du pays; de Québec, des Trois-Rivières et même de Montréal. Les enfants y faisaient des progrès assez rapides, puisqu'on en rencontre, âgés de lo ans et même de 9 ans, sachant non seulement lire et écrire, mais ayant commencé le latin. On y trouve aussi des fruits secs, comme ce Jacques Saint- Paul, français de LaRochelle qui, après un séjour de quelques années chez le curé Boucher, entra au Séminaire sachant un peu lire seulement, ce qui faisait dire à M. Bédard: • Quelque considération qu'ait méritée en son temps l'école du cnréde la Pointe*de-Lévy, on ne peut transcrire sans peine Particle de Jacques Saint- Paul qui y passa plusieurs années pour savoir un peu lire, > Et le copiste qui venait de voir dans son vieux manuscrit que ce même élève était sorti du Séminaire en 1704, déjà avancé dans ses études, ajoutait:
I. Il ne tcrm pM iontilc de faire remarquer id que aoa AmmmUt^ bim qttt le vieux registre «opié par M. Bédard. ont été tenus par différente» peraonnca; laa tatréaaaoot pinaou moins détAiUéea. suivant le goût de chacun : pour qutlqQM-uns. une ligne suffit. C'est dire que souvent on ne prend pas la peine de n«stioaMrd*oà venaient lenélèrâ
tCOlMB DBS GARÇONS, K^ION DK QCtlIC 69
• Bt cependant il avait des dispositions pour les scteooes. • Les faits de ce genre éUient-ils si rares an temps de M. Bédard, et le bon abbé devait-il tant s*en étonner? De nos jours encore, combien d*enfants dont les débuts sont lents et difficiles finissent pourtant par faire un cours solide sinon brillant?
L*abbé Boucher tint-il son école ouverte jusqu'à sa mort, arrivée en 1721? Nous Tignorons. Mais ce que noua pouvons dire avec assez de certitude, c*est que plusieurs prêtres ou citoyens distingués lui durent les commencements de leur éducation. M. Boucher fut sans doute Tun de ces curés dont parle TintenJant Raudot, • lesquels se retranchant une partie de ce qu'ils tiraient de If ur cure, le consa* craient à l'éducation > K
Bel exemple qui eut des imitateurs sur plusieurs points du pays et qui seul suffirait à expliquer comment, malgré le manque d'écoles régulières, un bon nombre de garçons ont pu échapper à l'ignorance complète dans laquelle les auraient retenus des circonstances de temps, de lieux et surtout de fortune *.
1, Lettre du 10 nov. 1707. —Copte au Sém. de Qaâwc s. L*abbé Philippe Itoocher éuit filt de Pierre Boucher, gouveraeor des Troi*-Rivière«. où il fut btptiaé le so déc. 1665. Ordonné prêtre le a6 mart 1689. il deMcr\-it d'ahord le Cap-Stint-Ignaee en 1689-1690. Bn 1690, il fat placé à la PointesSe-Lévy dont il fnt nommé curé en titre le 18 sept 1691. C*e«t là qn'il monrat leSavril 1721. Le même jour, le procnrenr do Séminaire. M. j.-llte DeV'arennee. ton neven. écrivait an Brouillard: • Le 8 de ce mois d'arril 17JI. M. Philippe BoocIm canadien, cnré de Saint-Joaeph de la côte de Lanaon. cal déeédé aacranenu de rBgliae. aprêa ncnf Jonn de ■nlndie daa Aèirraa n est mort avec nne parfaite réaigMitloa â In volonté de Dien. •entimenta d'an piédcatiné ; il a été mgretté de loot le monde. partkn> liêrement de tea paméaaiena qui ont dooaé «Im prru\r« Av Irur Atiachn et de lenr estime. R. I. P. •
Oatre les écoles de c^uuujuawiiiii, du Château-Richer et de la Pointe-de-Lévy, il y en avait d'autres dans la région de Québec
Aintii malgré Tabsence de documents positifs, nous sommes fermement convaincu qu'il y eut, de bonne heure, une école française à Sillery. On ne peut supposer en effet que les Pères Jésuites, desservants de cette mission, composée non seulement de sauvages mais aussi de Français, aient pu laisser, sans moyens d'instruction, un groupe de colons qui, en 1667, comptait déjà 366 âmes et une cinquantaine d'enfants en âge de fréquenter les écoles *.
Le 13 novembre 1681, l'intendant Duchesneau, écrivant au ministre au sujet des missions sauvages, disait qu'à Sillery et à Lorette on avait commencé à montrer à lire et à écrire aux garçons '.
Comment croire que les Pères n'auraient pas fait autant pour les Français que pour les sauvages?
La mission de Notre-Dame-de-Foy avait du moins son école avant 1673. Laissons le P. Dablon nous dire comment on y maintenait la discipline :
■ Cette année, écrit-il, nos hurons ayant vu que dans l'école qui se tient dans le bourg de Notre-Dame de foy pour les petits français, on châtie souvent ceux qui manquent à leur devoir, ont jugé que pour bien dresser leurs enfants, il fallait les châtier de leurs fautes comme Ton fait des petits français. C'est pourquoi le capitaine a pris la coutume de faire de temps en temps le tour du village.
t. M. rahbé H.-A. Scott. NùtrfDmmê'dê^Fay S57.
j. r«iUon. fit de U Sarmr BourgêO)
éCOLKS DBS GARÇONS, R^CION' DK OUf^BKi I
criant à haute voix que les pères ci lo mcrca ùcvidiciu un père Héchon * le» fautes de leurs enfants à ce qu*il fasse punir du fouet les garçons par le maître d*école des français et les filles par une bonne matrone. . .
• L'exemple des écoliers français qui tous les soirs en sortant de classe vont chanter au salut dans la chapelle de Notre-Dame de foy a opéré ce bien que les petits sauvages pour les imiter ont appris à chanter en leur langue '. •
La mission de Notre-Dame-de-Foy ne fuf ouverte qu'en 1668. Dès 1673 ^^ ^ Torigine problablement, elle possédait une école de garçons. Est-ce assez tôt ?
Passons maintenant à Tile d'Orléans. Là aussi, on eut de bonne heure une école pour les garçons. Nous avions pensé d'abord que les Sœurs de la Congrégation s'en étaient chargées vers 1686, mais des documents nouveaux nous ont démontré que plusieurs années avant cette date, on s'était occupé de l'instruction des petits insulaires.
L'ile d'Orléans avait été achetée par M*' de Laval. De 1661 à 167 1 elle fut desservie par M. Morel qui fut en même temps missionnaire à la côte de Beaupré jusqu'en 166S. Les premiers registres de l'île d'Orléans datent de
Le nombre des colons ayant augmenté à l'Ile, on y mit deux prêtres en 1674, et probablement aussi un maître d'é-
I. Hécboa était le nom Mnvage dn P. de Brébeuf ; apfê* m mort, %m indigèoec appeUicnt ainti le P. ChaïUDOïkiL (Voir Carijoa : AmiMê Xra^kUém P. Ckaumomct, p. 41)
a. KêUiion de 1673. édition Ttiwaitcs, vol. LVII, p. 6a Le demWr paragraphe «e trouve dans Téditioa Dooaiol. 1, p. i6j. Cette reUtioa est attritméc par l'éditeur ao P. Cbaomooot (p. 150) .
Noos devoat à M. l'abbé Scott U cooaaiataaœ de cette école.
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cole, s'il n'y en avait pas déjà un. Le 13 août 1673, François Labernade dit Laprairie était à Sainte-Famille où il figure comme parrain. Or. on retrouve plus tard ce Labernade, mattre d'école à Champlain et à la Prairie-de-la-Madeleine. Pourquoi n'aurait-il pas rempli la même fonction à l'Ile d'Orléans en 1673 *?
En tout cas, il y avait un instituteur à cet endroit au commencement de l'année 1676. On voit par nos livres de comptes que le 5 octobre de cette année, M. Dudouyt, sur le point de partir pour la France, paye à Abel Turcault \ trente livres pour le blanchissage des deux ecclésiastiques ' et du maître d"" école. On ne peut dire plus clairement qu'il y avait un instituteur à l'île d'Orléans et qu'il était à la charge du Séminaire ou plutôt de M" de Laval.
Le 24 avril 1675, l'évéque de Québec échangeait avec M. Berthelot, Pîle d'Orléans pour Tîle Jésus.
M. Berthelot était un ami de l'éducation et nous aimons A croire qu'il continua à l'île d'Orléans l'œuvre de son prédécesseur. M" de Saint- Vallier nous le représente comme bien • connu dans le Canada par son zèle pour la décoration des églises et par l'établissement des petites écoles pour les enfants » K
I M Duplein qui avait nne très beUe écriture, fait pourtant inacrirt •c» octet au registre par un tcribe. en 1671-72. Ce acribe. dont récriture était trét belle, ne temit-il pat le mattre d'école?
a. Abel Turcanlt. meunier, était an service de Mgr de Laval depuis if.70 au inoins. {Artk, du .Vm.).
«leux ecclésiastiques étaient, m v :\. MM. B. Dnplein et Frs Un>j ; en if.7f>. IHe était de«ser\ie par M. M. Uroy et C.-A. Martin; en 1674. par MM Duplein et <;abriel (initier ; ce dernier n'est pas mattionné par l'abbé Tan^tuy. (Voir les Reg. de Sainte- PamiUe. I. O.)