Elut prixtnl r|r p
ÉCOLHS DS8 GAIÇOMS, RÉGION Dl QOÈtOC 7J
Il n'est pas impossible que le comte de Sstnt-Lsareot sit éri^é entre 1675 et 1685, d'antres écoles de garçons que celles qui existaient déjà quand il fît son échange avec M" de Laval, à moins que ces lignes de M" de Saint- Vallier ne se rapportent â rétablissement des Sœurs de la Congfégation (1686) pour lequel M. Berthelot se montra généreux, comme on le dira plus loin.
Ce couvent de la Sainte-Pamille, l'un des premiers qui aient été érigés dans les campagnes, les habitants de Tlle d*Orléans en étaient redevables en grande partie à la générosité de leur curé, M. Lamy. Aussi bien, l'un de ses succesKnrs, M. Gagnon, pouvait-il écrire avec vérité cette note élogieuse aux registres: > Un des plus grands biens qu*il ait faits dans la paroisse, c'est sans doute d'y avoir établi récoles des Sœurs. . . un véritable avantage qu'il a procuré à toutes les personnes des deux sexes ^ •
Qu'on veuille bien remarquer ces mots : à toutes les personnes des deux sexes. C'est donc que les Sœurs de la Congrégation se chargeaient parfois de l'enseignement des garçons, là sans doute où il n'y avait pas pour eux d'écoles spéciales. La Sœur Bourgeoys, du reste, avait été la première à donner l'exemple et lorsque, le 25 novembre 1657, elle ouvrit son école à Montréal, elle tâcha • de recorder (sic) le peu de filles et de garçons capables d'apprendre • ».
Voir l'enseignement des garçons confié aux Sœurs, à la Sainte- Famille en 1686, ne nous surprendrait pas trop; une seule école devait suffire pour cette paroiise. M. Ber-
I. Rmpporîdes Arckivti, OtUtni. 1905. vol. II. p. ^p. a. Puilloo. Vie ée U Strmr Bomrgeoys, vol. I. ^p. 9i-9i-
thelot pouvait encore exercer son zèle et sa générosité pour rinstruction des garçons en d'autres endroits de Tlle d*Orléans, comme Saint-Pierre. Saint-Paul (Saint-Laurent), Saint-Jean, Saint-François, où se trouvaient déjà des groupes de colons aisez considérables.
Toutes les écoles primaires dont nous avons parlé dans ces deux chapitres existaient au XVII' siècle. Elles ne se sont peut-être pas toutes maintenues, mais elles servent â prouver quand même, qu*à une époque assez reculée de notre histoire, les campagnes elles-mêmes n'étaient pas dépourvues de tout moyen d'éducation. Plus tard, lorsque la population sera devenue plus nombreuse, des maîtres d'école s'établiront ici et là et, pour un modique salaire, iront de paroisse en paroisse, quelquefois de maison en maison, distribuant aux petits le pain de la science. Et •c'est ainsi que les habitants de Sainte-Anne-de- Beaupré, de Beauport, de Notre-Dame-de-Foy, etc., ont pu, à certaines époques, prêter aux paroisses voisines le secours de leurs propres instituteurs.
Nous dirons dans un autre chapitre ce qu'il faut penser •de ces maîtres d'école de campagne et de leur nombre. En attendant, les pages qui précèdent nous permettent d'affirmer que, sous le régime français, l'instruction primaire des ipurçons, sans être universellement répandue dans Québec et tes environs, n'y faisait pas absolument défaut. Sans parler de la ville elle-même, presque tous les groupes importants de colons dans ce di5trict, avaient leur école. Les éUblissemenU de Saint-Joachim, du Chàieau-Richer, de la Potnte-de-Lévy, de Sainte-Foy, de l'Ile d'Orléans, sont là pour le prouver. Il n'y manque, à vrai dire, que Beauport
ECOLFS DES OAttCOKS, Rp.GlO\ I»k CiVpmEC 75
^t Charlesbourj^. Iv^t-cc a uirc qu ii ii y av«iJt pas uc itctitcs» écoles en ces endroits et dès le XVI T siècle? Nous oc pouvons le croire, et malgré Tabience de documents, nous aimons à penser que ces paroisses ne restèrent pas en arrière de leurs voisines sous le rapport de Tinstruction primaire.
On a pu constater aussi que le clergé, bien loin de se désintéresser de Téducation élémentaire, en fit seul presque tous les frais.
L*école gratuite des Pères Jésuites, les fondations de M* de Laval et de M" de Saint- Vallier, aussi bien que celles de M. Souniande, attestent que nous n*exagérons rien.
Les noms de MM. Philippe et Nicolas Boucher, Guillaume Gaultier et François Lamy, méritent aussi de passer à la postérité. Ces prêtres zélés doivent être comptés parmi les premiers bienfaiteurs de la jeunesse canadienne. Il serait souverainement injuste de ne pas reconnaître le rôle, souvent effacé, mais toujours important, qu*ont joué ces éducateurs de la première heure, et de ne pas leur accorder un peu de cette admiration reconnaissante que nos ancêtres ne leur ménageaient pas.
En terminant ce chapitre, nous nous reprocherions de ne pas dire un mot encore de la générosité de M" de Lax-al pour les œuvres d'instruction primaire ; vouloir en fournir toutes les preuves serait beaucoup trop long. Qu*on noos permette seulement d*en citer un exemple topique qui fait bien voir tout Tintérêt que Tévêque portait à ses censitaires et quels moyens il prenait, à Toccasion, pour procurer à leurs enfants le bienfait de Téducation.
Ehirant les dernières années du XVII* siècle, M" de Laval avait concédé, près de la rivière Sainte-Anne, une terre de
90 arpents à un nommé Moulineaux qui, peu après, la remit à Jean LeMercier. Celui-ci étant mort sans avoir pu remplir les conditions de vente ou de cession, la terre revenait, de par la loi, an seigneur, premier propriétaire. M^ de Laval ne voulut pas se prévaloir de ses droits. Par contrat du 31 mars 1701, il fit don pur et simple de toute la propriété à la veuve LeMercier à la seule condition qu'elle enverrait ses deux filles chez les Sœurs de la Congrégfation, au Château-Richer, et ses deux garçons, Jean et Julien, à Técole de Saint-Joachim, pendant dix-huit mois et cela aussitôt que ces enfants auraient atteint Tâge de dix ou onze ans \
Il était difficile, ce semble, de se montrer plus généreux et plus pratique, et nous voulons croire que ces conditions acceptées par la veuve furent fidèlement remplies.