‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 5 sur 233 · Ihid, pp. 74 à · texte numérisé non relu

Ihid, pp. 74 à

«. Cité par AlUia. p. tos.

recteurs et curés reinonstreront à leurs paroissiens que s*il ii*y a pas d*écoles, la jeunesse nourrie en oisiveté, apprend Tétude de mal faire, d^elle-mesine poussée par le bransle de sa propre corruption . . . > De plus, on exhorte les curés à contribuer à rétablissement d'écoles quvertes à totis, riches et pauvres, par toutes les paroisses '.

D'après MM. Gaultier ', de MotUy et Léon Maître ', le département des Côtes-du-Nord et le comté de Nantais renfermaient des écoles assez nombreuses. A propos du comté de Nantais, M. Léon Maître fait remarquer que les parents et les écoliers ne montraient pas un grand zèle pour l'instruction, et il ajoute : » Ce qui nuisait aussi au développement de l'instruction dans l'Ouest, ce qui lui fait obstacle encore maintenant, ce n'est pas tant l'indifférence que la dispersion de la population dans des villages souvent très éloignés du clocher et de la maison d'école. Les populations rurales ainsi disséminées seront toujours moins instruites que dans les pays où les habitations sont agglomérées. ■

Cette très juste remarque est bonne à retenir, car ce qui était vrai pour la France ne l'était pas moins pour le Canada.

On le voit donc par les quelques notes que nous venons de donner, bien peu parmi les anciennes provinces de France, étaient totalement dépourvues de moyens d'instruction. C'est pourquoi l'abbé Allain crut pouvoir conclure acm travail eu disant : • dans un grand nombre de provinces,

I. Maggiolo. cité par M. l'abbé Guibert. Vie iU S.J^-B.éê USmiU, a. AlUio. p. 110.

y thiJ f» 10^

IKTEOOtTTIOX 15

la plupart des paroisses avaient leurs écoles, dans les aotraa, les villes, les bourgs, les gros villages, en éuient pourvus. Ces résultats sont parfaitement d*accord avec les ténioi* gnages des contemporains ^ •

Taine avait donc raison lui aussi d^écrire dans les (higinês de la France contemporaine ' : « Avant la Révolntioo, les petites écoles étaient innombrables; dans la Normandie, la Picardie, l'Artois, la Flandre française, etc . . . on en comptait presque autant que de paroisses, en tout probablement 20,000 à 25,000 pour les 37,000 paroisses de France et fréquentées, efficaces, car eu 1789, 47 hommes sur 100 et 26 filles ou femmes sur 100 savaient lire et pouvaient écrire ou du moins signer leur nom. •

Nous sommes prêts à admettre avec les auteurs cités plus haut qu'en plusieurs endroits, les écoles étaient pins nombreuses et plus fréquentées à l'époque de la Révolution qu'au XVII* siècle par exemple, et cela est tout naturel, puisque l'éducation avait suivi une marche ascendante; mais, encore une fois, il reste acquis que dès le XVII* siècle, les moyens d*apprendre à lire et à écrire ne manquaient pas à la plupart de ceux qui voulaient en profiter.

La gratuité absolue de Tinstruction est une utopie parce que toujours, d'une façon ou d*une autre, les charges qu'elle suppose finiront par retomber sur le peuple, et le pau\Te comme le riche devront payer. C*est la gratuité prônée par les hommes de 1789 et leurs descendants.

Mais il y a une autre gratuité, gratuite celleoU et non

Page 1