‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 50 sur 233 · I06 L'INSTRUCTION AU CANADA · texte numérisé non relu

I06 L'INSTRUCTION AU CANADA

chelle, école qtii serait comme un noviciat d*où Ton pourrait tirer des maîtres pour le Canada.

La requête qu'il présenta au roi, à ce sujet, est si importante qu*on nous pennettra de la citer en entier, malgré sa longueur :

« Etienne Charon * représente humblement à Votre Majesté que Louis XIV, par ses lettres patentes du 15 avril 1694, a établi dans Pile de Montréal sous la conduite d*une communauté de maîtres d*école un hôpital pour Teutretien et le soulagement des pauvres infirmes, vieillards, estropiés, pour y élever et instruire des jeunes garçons dans la religion et leur apprendre des métiers et que V. M. ayant été informée des avantages que la colonie du Canada retirait de cet établissement et des grands biens que les Sœurs de la Congrégation au nombre de près de ceht, font dans les paroisses de la campagne, pour l'instruction des jeunes filles ; V. M. aurait confirmé par lettres patentes du mois de février 17 18, celles de Louis XIV ... et afin de multiplier les maîtres d'école qui en ont soin et les mettre en état d'instruire les jeunes garçons de la campagne dans notre sainte religion, les détourner de se joindre aux sauvages» les policer et les rendre plus propres au service de la colonie, elle a assigné en faveur des maîtres d'école, 3000 livres payables tous les ans par les fermiers de votre domaine d'Occident. Mais le suppliant étant pleinement instniit que les bonnes vues que Sa Majesté se propose par ses lettres patentes n'auront jamais leur exécution que les maîtres d'école du Canada n'aient un éublissement en

I. L« Prèft Cbarcm ic nomnuiit poartant jMii-l'niiiçoit : Ktienne Mfmit-il ton aooi dt rtlIgloB ?

ACOLKS DIS PRinUUI CiiAicuN 107

France où les pertonnes qu'on y trouve pour cette bonne œuvre puissent fl*afferniir pendant une espèce de noviciat dauâ leur vocation et se former à Tinstmction des jeones enfants et sachant que ceux qu*on fait en Canada sans cette épienve avec des frais considérables pour les voyages et les embarquements, se trouvent souvent peu propres lorsqu'ib se trouvent sur les lieux, à instruire la jeunesse et abandonnent quelquefois avec scandale leur premier dessein . . .

• Le suppliant offre de donner une maison valant neuf mille livres et une somme de huit mille livres qui, joint à ce que pourrait encore donner la maison-de-ville de LaRo> chelle, comme elle donnait autrefois pour les écoles de chanté pour les garçons, suffiraient pour établir une communauté des Frères d'école du Canada à La Rochelle où ils seraient à portée de sVmbarquer dans le besoin, où ils feraient leur noviciat, instruisant à LaRochelle IcspauvTes enfants des nouveau-convertis dans les principes de la Religion Catholique, Apostolique et Romaine et pourraient apprendre les premiers éléments de la grammaire aux enfants qne les parents destinent à étudier au collège de la ville >. -

Voilà le projet du Frère Charon : établir une école normale pour le Canada à LaRochelle. Après tout, cette idée n'était pas si mau\*aise et plusieurs bonnes raisons militaient en sa faveur. Le Frère Charon ne nous dit pas quelle com* munauté se serait chargée de la maison de I^aRochelle, mais nous avons la preuve que son choix était tombé sur les Frères des Ecoles Chrétiennes.

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