Mi</.. vol. VII. p. 83, <k. Mil/., p
7. Coatrat de mariage dcHit aoos vtom coifliÊ, giiec à l'obHgwBce 4m M. J.-Hdiaoaa Roy.
12$ t'îN'^TP'-'^'TION AL" LA ' ' •
On voit aussi par VJ/istoiredu CafhJ^yanU- ', qu il y avait un maître d*écoIe dans cette paroisse en 1749.
Et combien d*autres noms nous ont échappe malgré toutes nos recherches.
Une autre catégorie de professeurs, la plupart improvisés sans doute, mérite d*étre mentionnée. Nous voulons parler de ces fils de famille que leurs parents exilaient au Canada et qui, faute de vouloir ou de pouvoir faire autre chose, se livraient à renseignement dans les paroisses de la campagne. Claude Lebeau qui rapporte le fait -, prétend que ces maîtres d^école, disséminés dans les côtes, y faisaient plus de mal que de bien. Nous verrons pourtant que les autorités civiles ne souffraient pas cet état de choses, quand il était connu.
Le plus bel exemple de cet étrange recrutement est de 1729. Cette année-là, sur « dix-huit fils de famille arrivés en Canada, deux seulement consentirent à s^engager, les seize autres aimèrent mieux aller dans les côtes pour servir de maîtres d*école»'... Combien les avaient précédés, combien les ont suivis? voilà ce qu'il serait intéressant de connaître. Quoi qu'il en soit de leur nombre et de leurs qualités, ces maîtres d'école ne sauraient être passés sous silence dans l'histoire de l'instruction au Canada.
Lorsque ces fils de familles ou autres instituteurs se con-
I. Catien. Histoire dm Cm^-Samii, conUnnéc pu* M. VMbi B. I^Miii. l»99. P.S9.
t. Avtnimrtsdm Sr C LêBeam, avocat, etc. à Amttenlam. 1738. vol. 1.^77.
S. nid. Cf. anad le très iotéreMaat travail de M. J.-Bd. Roj : Dfs JUt de FmmUU êmvoyés •« Cûmmdm. (Ménoirea de la SodM Eoyalr. aérle lU . vol. VU. p. 7)
teOLBS DB CAMPAGNK AU XVin* ftifeCLE 1 39
dntsaient mal et, qu*au lieu de donner le bon exemple, ilâ devenaient un sujet de scandale dans les paroJMM, Tautorité civile y mettait ordre au plus tôt Un exemple topique d*une exécution de ce genre nous est fourni par le registre des Ordonnances des Intendants. Le cas vaut la peine qu*on s*y arrête, d'autant plus qu*il donna lieu à un règlement important au sujet de la nomination des maîtres d*é* cole.
En 1727, un nommé LeChevalier parcourait certaines campagnes pour apprendre aux enfants à lire et à écrire. Sa conduite laissant fort à désirer, les habitants s*en plai* gnirent à Tintendant Dupuy. Celui-ci, on le sait, avait la main ferme. Il fit venir Taccusé et, après l'avoir admonesté de la meilleure façon, il lui fit défense de faire la classe à l'avenir.
Voici comment l'intendant lui-même nous peint, au physique et au moral, l'individu en question :
• Sur les plaintes qui nous ont été faites contre le nommé LeChevalier, garçon âgé d'environ vingt-huit ans, de moyenne taille, cheveux châtains, brun de visage, les yeux ronds et un peu égarés, le nez long, qui au lieu de choisir un métier et profession dans la colonie, il s*ingère d'aller montrer à lire dans les paroisses de la campagne et qu'à ce sujet et autre, il a pris querelle avec quelques habiUnts, ce jeune homme étant d*un naturel emporté et dans Phabitude de tenir des propoa. . . peu honnêtes ce qui, dénotant un caractère vicieux et tenant à de grandes conséquences dans un homme qui se mêle d'instruire la jeonciae, nous Taurions fait venir devant nous pour savoir coounent et depuis qnel
ijo l'instruction au canada
temps il est venu dans la colonie et ce qnMl y faisait depuis qu'il était arrivé. . .
Aux questions de l'intendant, LeChevalier répondit qu*il était breton, natif de Lamballe, évéché de Saint-Brieuc, et qu'il était venu en qualité d'écrivain, sur la Gentille^ vais- •eau parti de Saint-Malo pour faire la pèche à Gaspé. Il ajouta que le capitaine ayant voulu le faire travailler à la grave ', bien qu'il ne fût engagé que comme écrivain, il avait quitté son poste, montant de Gaspé à Québec dans la chaloupe du Sieur LaCoudraye.
Cette histoire parut louche à Dupuy, qui resta convaincu qu'il avait affaire à un vagabond, peut-être à un matelot déserteur. Aussi, en attendant plus amples informations, il lui enjoignit de choisir un métier dans la colonie ou de prendre service sur quelque bâtiment dans le cas où il serait matelot classé. « Et cependant, conclut l'intendant, lui avons fait défense sous peine de punition corporelle de s'ingérer de montrer à lire et à écrire aux jeunes gens de la colonie. »
Après avoir ainsi réglé le compte de ce particulier, Dupuy crut de son devoir de passer une ordonnance générale au sujet des maîtres d'école, et pour rassurer les colons et pour prévenir tout accident du genre de celui dont nous venons de parler.
Voici cette ordonnance ; elle est courte mais très claire ' :
« Défendons à toutes personnes de quelque état et con-
I. La gT»T« ctl le Hvagc où les pêchcnra font ttchtr U s. OréÊmm—tn en tmiendmnit, Rtg . ta a. fol. 93 «t taiv
6COL1C8 DU CAHFAGHB AU XVIII* ftlkCLB IJI
dition qu'elles soient, autres que ceux déjà établis à cet
effet, de s*ingérer à montrer à lire et à écrire aux jeuntm
gens de la ville et de la campagne et de tenir école de
garçons ou filles sans notre participation et sans en avoir
la permission et approbation, par écrit, de Monsieur TEvéque
de Québec ou du Sieur de Lotbinière, Conseiller au Conseil
Snpérieur de Québec et Archidiacre de ce diocèse, à Texa-
men desquels ils seront soumis, tant pour recevoir d*eux
leur mission que depuis Ta voir reçue dans le cours de leurs
visites, et tenus de rendre compte de leur conduite aux
curés des paroisses où ils enseigneront, sans qu*aucun
homme puisse tenir école de filles ni aucune femme tenir
école pour les garçons à moins que ce ne soient gens mariés
et qui en aient par écrit permission de TEvéque de Québec
on de M. de Lotbinière Archidiacre. Mandons aux juges
de justice ordinaire etc., de tenir la main et faire publier. . .
à Tissu de la messe paroissiale et de nous donner avis et
connaissance de tous ceux qui se mêlent d*enseigner dans
les campagnes.
« (Signé) Dupov.
« 4 juin 1727. ■
On le voit, Tintendant ne fait que conârmer les règlements passés par M** de Saint- Vallier. Seulement, à Tantorité de révéque, il ajoute U sienne. C'est PBtat qot vient an secours de TEglise.
Ce document prouve encore qn*il y avait des maîtres d'école dans les campagnes, puisque Dupny prend soin de dire que sa défense ne regarde pas ctnx qni sont déjà éUblis à cet effet
L'ordonnance de l'intendant ent-elle son application?
13a L'iKSTRrCTION a
Oui, et la paroisse de Charlesbourg fut p<:ut-^tre la première â en profiter.
Le 16 décembre 1727, Dupuy accordait à un nommé Junceria permission de tenir école en cette paroîase '. Elle est conçue en ces termes ' : « Veu la permission cy- -dessus du Sieur de Lotbinière Archidiacre de ce diocèse et le certificat de Sieur Boulanger curé de la paroisse de Charlesbourg, Nous, en conséquence, avons permis et permettons au nommé Raymond Bertrand Junceria natif de Danmazant etc, d'enseigner en qualité de M* d'école dans rétendue de la dite paroisse de Charlesbourg seulement. Enjoignons au dit Raymond Bertrand de rendre compte de sa conduite au dit curé de la paroisse et de ne tenir chez lui qu'une école de garçons seulement, confonnément à notre ordonnance du 4 juin dernier et la permission accordée par le S' de Lotbinière, en foy de quoy nous avons signé ces présentes, icelles fait contresigner par l'un de nos secrétaires et apposé le cachet de nos armes.
• Fait et donné en notre hôtel le 16 décembre 1727.
« (Signé) Dupov. •
A la suite de ce document, fourni à M. l'abbé Tnidelle par M. T.-P. Bédard, ce dernier déclarait, sous sa signature, que c'était là la première mention qu'il eût vue, dans toutes les archives examinées par lui, d'une école particulière établie dans une paroisse '. C'est assez dire combien sont rares les documents touchant cette question.
I. CI. rabbé TnidtUe. Nisiair* de CàûrUtèomrw, p. 75. C* twatinamot aoot a été indiqué par M. Tabbé D. OoaaaUa, cm de cette pa-
a. OréûimMiué dés imUndamis, vol. ta B, fol. 17. S- HîtUh*i dé CàarUsàomrg, p. 76.
tCOLRS r- '' \ *f TAGIIK AO XVllI* SIIBCLK 1 33
Les successeurs île M" de Saint- Vallier et de rintendant Dupuy, tinrent à Texécution de Tordonnance du 4 juin 1727. M" Dosquet nous en fournit la preuve dans un mandement du 24 février 1735: • Nous voulons, disait-il, que les curés n*admettent dans leur paroîiK aucun maître d*école qui n*ait une permission par écrit de nos grand»» vicaires ; qu*ils ne souffrent point qu*ils enseignent les personnes de différents sexes et qu*ils refusent les sacrements à ceux qui en étant avertis ne voudraient (pas) se soumettre à cette règle '. »
Ue nombre des instituteurs dans les campagnes dut augmenter avec le développement du pays et Taccroissement de la population.
Kalm, qui visita la Nouvelle-France en 1749. disait en faisant la description des paroisses : « Chaque église est entourée d*un petit village,, mais il est formé principalement du presbytère, d'une école pour les garçons et pour les filles '. •
Dans chaque paroisse ? mais alors Tinstruction avait fait de grands progrès ! Peut-être aussi le bon Suédois exagèret-il un peu. Ce témoignage, toutefois, est bon à noter, Tauteur étant généralement assez bien renseigné.
Peut-on conclure de tous ces documents que rinstruction primaire des garçons était très répandue dans les campagnes? Très répandue, non ; mais nous pouvons affirmer qn*il y avait des écoles, ou du moins des maîtres d^école, dans les paroisses, au XVII* et au XVIII* siècle, et en bien plus grand nombre qu*on ne Ta cru pendant longtemps.