CHAPITRE VIII
INSTRUCTION DE.s rii.LhS. — LES UR^Lùi^KS ET L* HÔPITAL-GÉNÉRAL
Lti filles étaient-elles plus iastruites que les hommes? — Ktude il'aprè» les registres de l'Btat civil. — Les Ursnlines de Québec et l'instruction des jeunes filles. — Nombre des élèves.— Pension et eatreticn.— Influence des élèves des Ursulines dans les (amilles. — Les Ursolines des Trois-Rivières. — Pensionnat de l' Hôpital-Général.
La plupart de nos historiens ont vanté, et avec raison, le zèle, la générosité, le dévouement de Madame de la Peltrie, de la Mère de Tlncarnation et de ses compagnes ; ils n'ont pas manqué, non plus, de faire voir Tutilité d*une congrégation comme celle de la Sœur Bourgeoys, pour Pinstmction des filles dans les campagnes. « Ces écoles dans lesquelles on enseigne à lire et à écrire, dit Thistorien Garneau ^ ont fait plus de bien dans leur humble sphère qu'on n'eut pu en attendre de fondations beaucoup plus ambitieuses. •
Et l'auteur qui va écrire à la page suivante qu'il n'y eut jamais dans les paroisses, d'écoles publiques pour les garçons, ajoute : t II est à jamab regrettable qu'une institution
t. Nisioire dm Cêmmdm, éd. de 1845. vol. I, p. 361.
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de cette nature n*ait pas été formée dans le temps, pour réducation des garçons. «
D*aiitîcs après lui ont dit ou laissé entendre que Tédncation des filles était très soignée sous la domination française, et même qu*elle était plus répandue que celle des garçons.
• Rien n*est mieux constaté par nos anciens registres, liton dans l^s i-rsulints de Québec^ que le zèle des parents pour réducation de leurs filles, fait qui est aussi glorieux à notre sainte religion qu'honorable â la population entière du pays *. •
L'auteur de l'ouvrage intitulé : Les Urmiinet des Trois» Rivières est encore plus catégorique et affirme que • tons les historiens s'accordent à dire que ce fut un fait digne de remarque que, sous la domination française, les femmes étaient plus instruites que les hommes. Cela était dû aux Ursulines et aux Sœurs de la Congrégation qui se livraient avec succès à Tinstniction des jeunes filles • '.
Si tous les historiens s'accordent sur cette question, on Uouvera peut-être que c'est témérité de notre part d'aller à rencontre de tant et de si respecUbles autorités. Cependant, la vérité historique nous force à dire que nous doutons un peu de l'exactitude absolue de ces affirmations et, ponr rendre toute notre pensée, il nous paraît qu'on a exagéré la part faite aux filles dans l'instruction de la jeunesse canadienne sous le régime français.
Dans les villes, surtout à Québec et à Montréal, il est