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certain qu'il y avait autant d'écoles pour les garçons que pour les filles. Si vraiment les femmes étaient généralement plus instruites que les hommes, il faut que cette difFérence provienne de l'établissement des couvents de la Congrégation Notre-Dame dans les campagnes. Or, on ne connait que neuf * de ces couvents de campagne durant toute la domination française, et dans chacune de ces maisons, il n'y avait généralement que deux religieuses, et encore, il n'est pas prouvé que toutes deux fissent la classe. Mais, supposons si l'on veut, que toutes et chacune de ces Sœurs missionnaires aient été occupées à l'in* struction des enfants, le nombre de ces maîtresses d'école ne dépassa jamais dix-huit ou vingt, et cela au XVIII* siècle seulement '. Qui oserait soutenir, aujourd'hui, qu'il n'y eut pas, aux mêmes époques, autant ou presque autant de maîtres sédentaires ou ambulants répandus dans les campagnes?
Pourquoi donc les parents, qui devaient s'intéresser à tous leurs enfants, auraient-ils montré cette préférence â l'égard de leurs filles? A cette question, nous ne voyons qu'une réponse : la nécessité de bien préparer ces dernières à la première communion. Car si, malgré l'éloignement, la difficulté des chemins et la rigueur des saisons, la plupart des garçons pouvaient se rendre en un même lieu pour y suivre les leçons de catéchisme, il n'en était pas de même
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fl. Cioqd«ew COQ venu furcot fondés an XVII* dède; IciratrMdattBt dn XVI II*. Celni de Saint-Lanreat, pfèt Moatféal, at fnt oowt qn*t»
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pour les filles que l'on devait envoyer su pensioonst le plus voisin quand la chose était posfible.
Bst<e à dire pour cela que Tinstruction des filles était plus répandue que celle des garçons ? Nous ne le pensons
Si rinstruction des filles fut vraiment ce que Ton dit, toutes les femmes, ou presque toutes, devaient savoir signer leur nom. C*est par là, en effet, que Ton juge généra* lement de Tinstruction des hommes. Pourquoi cette méthode ne pourrait-elle pas s'appliquer aux femmes?
Sur ce raisonnement, nous avons consulté les registres de quelques paroisses à des époques différentes, mais toujours dans un temps où des couvents de la Congrégation Notre- Dame étaient établis depuis plusieurs années, soit dans la paroisse même, soit dans les environs.
On sait qu*au Château-Richer, dès avant 1695, il y avait des Sœurs institutrices. Nous avons repassé, de 1708 à 17 18, tous les actes de baptêmes et de mariages, où des filles et des femmes apparaissent, soit comme marraines, soit comme épouses. Durant cette période, on compte 226 actes de baptêmes ou de mariages, et par suite 226 marraines ou épouses parmi lesquelles quelques-unes reviennent à deux ou trois reprises, en sorte que ces 226 actes ne contiennent en réalité que les noms de 148 femmes ou filles. Or, sur ce nombre, 35 signaient et 113 déclaraient ne savoir écrire ni signer, « de ce enquis suivant Tordonnance •.
A L* Ange-Gardien, paroisse voisine, le résultat n*est pat plus satisfaisant Nous avons compulsé les registres poor la période qui va de 1727 à 1737. Sur à peu près 205 actes de baptêmes ou de mariages, où Ton rencontre par consé-
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quent 205 marraines ou épouses, 30 signent leur nom et 90 déclarent, quelques-unes à plusieurs reprisés, ne savoir signer. Et sur le même registre et pour la même période on trouve au delà de icx> signatures d'hommes, quelquesuns de ces derniers signant comme témoins aux sépultures.
A Saint-François, Rivière-du-Sud, de 1765 à 1775, 24 filles ou femmes signent leur nom, plus de 130 ne le peuvent.
A Sainte-Foy, à Contrecœur, au Cap-de-la-Madeleine ', même résultat: toujours, les signatures des hommes sont plus nombreuses que celles des femmes. On nous dira peut-être que les curés ne prenaient pas soin de faire signer les femmes. C'est possible, mais alors pourquoi faire signer le marié ou le parrain et se donner la peine d'écrire dans l'acte « le parrain a signé avec nous et la marraine a déclaré ne savoir écrire, etc. ■ '^.
1. A Sainte-Poy, de 1704 à 1714 : 95 tignatarct d'hommes et ao de femmes.
A Contrecœur, de 1730 à 1730 : 193 tignatares d'hommes et 58 de fem-
Au Cap, de 1700 à X7io,moins 1703-1704 : 35 signatures d'hommes et 18 de femmes.— Plusieurs de ces signatures se répètent, tant pour les hommes que pour les femmes.
3. On nous a fait remarquer que. par timidité, les femmes déclarent parfois ne savoir signer, quand, en réalité, elles penvent le faire. Noos le concédons, mais il arrive anssi que des hommes qni savent écrire font la mène déclaration, sinon par timidité, du moins par honte ; noos l'avoat coattaté nons-même et d*autres anssi. Il en ooAte ^o^)o^fB na pas à nn homme qui n*a pas souvent l'occasion d'écrire, et fkxit la main eat alourdie par le travaU manuel, de montrer son peu d'expéricDce daat rastreice de la plnme. An rrtte, nom a'avoos Jamais m qne. dans d*Mi> trss paya, o& l'on ta appclla à des slatiatiqMa dt ca ftora pour pronvar le degré d'instruction chca le peuple, on ait apporté un scmhlahle argo> flMSt an f avenr dca f ammta.
I K*; i'»»;f»i ivKft vr i *iiAi.iTAi.r;toiÉRAL 149
Il €51 eviucni que noii5 uc pouvous urer une conclmioii Sfénérale des quelques faits que nous venons de signaler, mais cette statistique, tout incomplète qu*elle soit, n*en est pas moins curieuse, et il était de notre devoir de la produire ici. Pour notre part, nons sommes convaincu que l'instruction primaire était aussi répandue chez les pirçons que chez les filles, surtout au XVIII* siècle. Mais alors, dira-t-on, comment expliquer qu^on ait cru le contraire pendant si longtemps?
D'abord parce que les écoles primaires des garçons sont restées ignorées, tandis que celles des filles étaient connues et vantées de tout le monde.
Les écrits de la Mère de l'Incarnation, par exemple, ne tarissent pas d'éloges, et sur le zèle des parents, et sur le nombre des filles qui, > toutes, dit-elle quelque part, nous passent par les mains •.
De plus, quand les Sœurs de la Congrégation commencèrent à s'établir dans les campagnes, ce fut un enthousiasme général. Le gouverneur, les intendants, les particuliers ne cessent, dans leurs lettres, de faire voir l'utilité des établissements de ce genre. La fondation d'un couvent, dût-on n'y mettre que deux religieuses, fera toujours plus d'impression sur le peuple que l'érection d'une école quelconque, ou le passage plus ou moins régulier d'un maître ambulant.
Il n'y eut à la vérité que neuf de ces couvents dans les campagnes sous le régime français ; c'était peut-être suffisant pour la population, et tel colon qui n'aurait pu envo>-er set enfants dans un pensionnat de ville trouvait les mo>*ens de les placer dans le couvent de la paroisse ou dr la régîoo
qa*il habitait. Nous ne pouvons dire jusqu'à quel point les habitants profitèrent de ces avantages.
Quant aux filles qui n'allaient pas au pensionnat, et nous ne croyons pas nous tromper beaucoup en disant que c'était la majorité, elles n'avaient pas plus d'avantages que les garçons. Bien au contraire ; ceux-ci seront toujours plus en état que celles-là de surmonter les obstacles provenant de l'éloignement, de la difficulté des chemins ou de la rigueur des saisons.
Quoi qu'il en soit du degré d'instruction de nos mères, cela ne rabaisse en rien le mérite des institutrices qui se dévouèrent à l'éducation des filles en ces temps difficiles. Leur zèle, leur activité, leur désintéressement sont connus, et si, dans les pages qui vont suivre, nous en parlons un peu longuement, ce n'est pas tant pour confirmer une réputation déjà bien établie, que pour contribuer, suivant uos moyens, à payer la dette de reconnaissance que leur doit le pays tout entier.
Ce n'est pas ici le lieu de refaire l'histoire plus ou moins complète des diverses congrégations enseignantes qui ont existé au Canada, sous le régime français. Le lecteur qui voudra se renseigner sur la fondation, le développement et la vie intime de ces communautés, pourra consulter avec profit les ouvrages publiés par elles ou avec leur agrément^ comme par exemple : Lês Ursulines de Québec depuis Umr èiabUuement jusqu* à nos jours */ Les Ursulines des Trois^ Rixnkres depuis leur fondation jusqu^ à nos jours '/ Afi^ 4$