I. Ua Tolume. Qnfbcc, tSIiu
a. Denx volume*, Villemaric. 1855.
lité qui désirait fonder à Québec une maison de Religieuses destinées à instruire les filles sauvages et les françaises, concédait à la future communauté une certaine étendue de terre à Québec et aux environs « *.
Cette personne de qualité, que Pacte ne nomme pas, était Madeleine de Chauvigny de la Peltrie, que les Ursulines de Québec reconnaissent comme leur fondatrice.
A cause de difficultés sur lesquelles il serait trop long de s'arrêter, ce ne fut que deux ans plus tard que le projet put être mis à exécution.
Madame de la Peltrie, Marie de l'Incarnation et ses deux compagnes arrivèrent à Québec le i** août 1639.
Ce fut une grande joie dans toute la petite colonie. Les familles françaises, qui depuis quatre ans faisaient déjà instruire leurs garçons chez les Pères Jésuites, allaient pouvoir procurer le même avantage à leurs filles en les envoyant aux Ursulines. Aussi, à peine les Mères étaient-elles installées dans leur pauvre maison de la basse- vil le, que « quelques petites filles françaises commencèrent de les aller voir pour être instruites ■ '.
La Mère de l'Incarnation écrivait en 1652 : « Dès le lendemain de notre arrivée à Québec, on nous amena toutes les filles, tant françaises que sauvages, qui purent se rencontrer, pour les instruire dans la piété et les bonnes mœors *. »
Faute de logement, les Ursulines ne reçurent d'abord que des externes, ce qui, du reste, n'allait pas à rencontre des Constitutions, puisque d'après l'annaliste de la corn-
I. Lê$ Ursuiimisdê QmHit, vol. I, p. 59* t. RêUtiom dt 1639, éd. de Québec, p. 9. S. LtUrtt^ éd. RkbandMn, vol. II, p. SoS*
LES URSUUlfKS IT L^lldPITAlXïâNlERAl. 15J
munauté, « dans Tlnstittit des Religieuses Ursultnes, une école gratuite on externat est regardée comme ansss indispensable qu*un pensionnat, afin que les enfants pauvres aussi bien que les riches puissent participer au bienfait de réducation • K
Lorsque les Ursulines furent entrées dans leur premier monastère, en 164a ^ elles ouvrirent un pensionnat La liste des premières élèves nous a été conservée, au moins en partie *. Voici leurs noms : Elizabeth, fille de Guillaume Couillard et de Guillemette Hébert et qui devint, en 164a, Madame Jean Guyou du Buisson ; Geneviève, fille de Jean Juchereau de Maure, laquelle épousa plus tard Charles Legardeur de Tilly ; Marie Marsolet que Mathieu D'Amours prit pour femme en 1642 ; Marie Couillard qui, en 1648, unissait son sort à François Bissot de la Rivière. Citons encore: Marie-Madeleine et Catherine de Repentigny; Marie-Madeleine Hertel et Marie de la Poterie ; Geneviè\'c Bourdon et Jeanne Godefroy, ces deux dernières, futures Ursulines.
Le pensionnat commençait â prospérer, lorsqu'un incendie vint réduire en cendres le monastère des Ursulines. C'était le 30 décembre 1650. Les Mères se réfugièrent à l'Hôtel- Dieu et y demeurèrent trois semaines, après quoi, elles se logèrent tant bien que mal dans la petite maison de Madame de la Peltrie, que le feu avait épargnée. On ne pouvait songer à rouvrir le pensionnat pour le moment On se contenu donc de recevoir les extemcti et la tradition noM
I. lés Ur$uiim€S de Qmibtt. vol. I. pp. ItS-lS^ a. ai novembre 164a. (/M</.. p. 89.) 3. /^i4/., pp. 113 et B41.
X54 l'instruction au canada
rq)résente la Mère de Tlncarnation, au printemps de 1651, occupée à instruire les sauvagesses sous le vieux frêne, tandis que la Mère Saint-Athanase, installée sous le vieux noyer, faisait la classe aux petites filles françaises '.
Le malheur qui venait de frapper les Ursulines fut vivement senti par toute la population qui s'ingénia à les soulager et à les aider ^ Craignait-on que la communauté ne fût obligée d'abandonner son œuvre et de repasser en France ? C'eût été un trop g^and malheur, et le Père Ragueneau exprimait le sentiment de toute la colonie quand il disait, dans la Relation de 1651 : « Tout le pays a intérêt à leur établissement, principalement à cause de leur Séminaire ; car l'expérience nous apprend que les filles qui ont été aux Ursulines s'en ressentent pour toute leur vie, et que dans leur ménage, la crainte de Dieu y règne davantage et qu'elles y élèvent bien mieux leurs enfants *. »
L'année suivante, la Mère de l'Incarnation, écrivant à son fils \ est encore plus catégorique : « Si une seule communauté quittait, dit-elle, cela serait capable de décourager la plus grande partie des Français qui n'ont soutenu (lutté contre le découragement) qu'en considération des maisons religieuses et par leur moyen. De plus, les filles françaises seraient de vraies brutes, sans l'éducation qu'elles reçoivent de nous et de laquelle elles ont encore plus besoin que les sauvages. »
Lorsque la vénérable Mère écrivait ces lignes, le monas-
t. Lês Ur$uiin4S de Qmèbêc^ vol. I, p. 173.
s. Lit UniUim4S de Qmèb4€, I, p. 169.
a. Bd. d« Qoébcc, p. 3.