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le prélat avait engagé le curé de Québec à établir les Soeurs à la basse-ville et, par suite, il dut les décharger du soin de Thôpital. Quoi qu*il en soit, le 2 octobre 169 1, Ursule Gariépy, supérieure de la maison de La Providence achetait de François du Carreau, maçon, un emplacement situé à la basse-ville « proche la fontaine Champlain, ayant cent soixante pieds de front sur le fleuve Saint- Laurent et, de profondeur, jusque sur le haut du coteau, avec la maison et la charpente d*une autre maison, avec une étable étant dessus •. Le tout pour la somme de 2300 livres tournois dont 1300 livres payables dans trois semaines, c'est-à-dire le 20 ou 23 octobre, et le reste, le i" mai 1692 \
Comme il fallait payer une assez forte somme dans un court délai, on décida de vendre la maison de Denys Roberge. Le 7 octobre 1691, par contrat passé devant Génaple ', les Sœurs Ursule Gariépy, supérieure, et Elizabeth Guyon cédaient à Charles Normand, pour la somme de 250» livres, payable eu trois termes, « la maison dite de La Providence à deux étages, avec cave et grenier et un apenti en arrière, l'emplacement clos de pieux en coulisse mesurant cent vingt pieds sur quarante >.
Dans Tacte, la supérieure déclare que « cette maison, ne s'étant pas trouvée avantageusement placée pour la commodité de la communauté ni de celle des pauvres filles quelles y ont et peuvent avoir dans la suite à instruire et apprendre à gagner leur vie, elles ont décidé, sur les cou-
1. Ragtol, not C«t acte et plotieuni •ntrcs, nomoDt été indiqQét par M. Ph. Gagoon ; sont n'avons en qn'à In coomilter.
a. Cet acte est la propriété de M. Ph. Gagnon, qoi noot a permit d*«i laift dct extraits.
LA CONGRÉGATION NOTRK-DAMK 185
seils et à la soUictUtion de la Sœur Bonrgeoyt, de chercher à la bafse-ville un lieu plus convenable • '. Elle rappelle ensuite Pachat quVlles ont fait cinq jours auparavant, de François du Carreau.
Nous verrons plus loin que les Sœurs faisaient déjà la clasae à la baase-ville à cette date. Avaient-elles déjà quitté la haute-ville? C*est probable, car vers le même temps, le procureur du Séminaire, après avoir noté le dèlogememt de i6go, ajoute plus bas, mais sans date, « et enviion autant et plus, (c'est-à-dire vingt journées de harnois) pour le» autres remue-ménage •.
Quoi qu*il en soit, les Sœurs ne paraissent pas avoir eu la main heureuse dans leur transaction. Nous ne savons pourquoi, elles furent obligées de quitter la maison qu'elles avaient achetée (probablement celle de du Carreau), et de se loger dans une étable avec quelques pensionnaires '. Combien de temps demeurèrent-elles dans ce taudis ? Noos rignorons. Mais au printemps de 1693, la Sœur Boor* geoys étant venue à Québec, François Hazeur, marchand de la basse-ville, lui offrit de choisir entre deux emplacements situés en cet endroit. La fondatnce opta pour celui de la plate-forme, et, le 11 juin 1692, Frs Haxeur cédait aux Sœurs, représentées par Marguerite Bourgeo)*», Ursule Gariépy, Catherine Charly et Elizabeth Guyon, • une maison et emplacement, sis et situés sur la rue Saint-
I. D'après Fftilloti. VU de la S*rmr Bomrgmft^ I, pw Jja. It SéaUaaift mmlt acbeté pour les îkntr* ttac ni*i«m à la kasl^vilte. Htm» •'•irooa pa retrooTcr cet acte d'achat. Ftat«étrt VtÛùké *-t-ll eoafnMio tt écrit la haalv-vUlc pour la baaac-WUt.
s. PaUloa. I. p. 33a.
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Pierre, joignant par devant la Rue Saint Pierre et par derrière à la grève et rade, d'un côté à la rue qui descend du carefour de la rue Notre-Dame au bord de la grève et de l'autre à une petite rue qui sépare la maison de la V* Saint- Amant de la dite maison, etc. *, pour en jouir les dites Sœurs de l'agrément et conseil de M. François Dupré, curé de Québec et de son consentement >, pour le prix et somme de 7500 livres.
Le propriétaire s'était montré généreux. Non seulement il avait vendu à bonnes conditions pour les Sœurs, mais il ne voulut pas même exiger les «épingles» à la passation du contrat \
Touchée de tant de désintéressement, la communauté pensa à laisser un témoignage public de gratitude à ce bon bourgeois et, par acte passé le 14 juin 1692 ', elle s'engageait à prier et à faire prier à perpétuité pour lui et pour toute sa famille. Bien plus, reconnaissant qu'il avait agi en véritable bienfaiteur, les Sœurs n'avaient pas cru aller trop loin en lui en conférant le titre. Mais elles avaient compté sans l'originalité et l'humilité de François Hazeur. Celui-ci, en effet, par acte du 12 août *, déclara qu'il ne voulait point que ni lui ni ses descendants fussent qualifiés
I. Chftmbsloo. not. C'est Teiuplacemeiit occupé anjoard'hui par U maifon McCaU et Shehyn.
s. D'aprèa Morcri. « les ffin/^Us étaient un prêtent qu'on faitait aux fillca on ans femmes lonqu'ellet rendaient quelque service on qu'oa achetait quelque chose où elles avaient part, pour leur tenir lien de w 4fÊt l'on appelle entre les hoouncs pot-dê^vim. Quand on achetait quel* 4|ne chose du mari, on stipulait que la femme aurait tant pour aaa épingles •. (J*-B> Itoy. Histoire dé im Seigneurie êi LmuMom, I. p. 371.)