‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 93 sur 233 · iM · texte numérisé non relu

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du titre de bienfaiteurs, mais qti*il se contentait des prières de la communauté et d*avoir part au bien qui s*y faisait.

Lorsque les Sœurs de la Congrégation achetèrent la maison de François Hazeur, elles faisaient d^ la classe à la basse-ville.

Depuis plusieurs années, les citoyens de ce quartier se plaignaient de n*avoir pas de maîtresses d*école et d*étre obligés dVnvoyer leurs filles, en tout temps, au couvent des Ursulines, que Ton trouvait un peu éloigné. Il faut bien reconnaître que le trajet n'était pas toujours facile pour de jeunes enfants, surtout en hiver, lorsque la neige encombrait les rues. Force était donc aux parents de garder à la maison leurs jeunes filles qui perdaient ainsi un temps précieux.

Dans leur embarras, les citoyens s'étaient adressés an curé et Pavaient prié de leur procurer des maltresses d*école. Malheureusement, le curé était dans l'impossibilité d'accéder à leur demande. Il est vrai que M* de Laval, en achetant l'emplacement du vieux magasin, avait manifesté l'intention d'y faire construire une maison d'école, à c^é de la chapelle succursale; mais son départ pour la France, en 1684, avait ajourné indéfiniment la mise à exécution de ce projet

Les citoyens, ne pouvant se résoudre à laisser leurs filles grandir dans l'ignorance, s'adressèrent à une femme mariée qui consentit, pour rendre service, à aller de maison en maison, faire la classe aux petites filles. Mais cette bra\*e mère de famille avait de nombreux enfants auxquels elle se devait tout d'abord, et elle se déclara bientôt incapable de suffire à toutes les demaodcs. Faute de mieux, les cito>*ens engagèrent alors un jenoe homme qui, lui aussi, se mit à

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parcourir les rues de la basse-ville, allant de demeure en demeure pour enseigner à lire et à écrire aux filles et aux garçons. On avait oublié que cette pratique pouvait avoir de graves inconvénients. Au reste, elle était en contravention directe avec les ordonnances de Tévéque qui défendait .aux hommes de faire Técole aux filles.

Le curé de Québec, alors M. François Du pré ', était le premier à gémir de cet état de choses. M" de Saint- Vallier lui-même désirait fournir à la population de la basse-ville un moyen plus facile de faire instruire les filles. En 1691, les circonstances parurent favorables. La maison de La Providence était sur le point de fermer ses j ortes, si ce n'était déjà fait, et la maison de charité allait bient^ être remplacée par PHÔpital-Général, en sorte que Ks Sœurs de la Congrégation seraient libres de se vouer à l'enseignement, but premier de leur institut. En conséquence, avant de partir pour la France, au printemps de 1691, l'évéquede Québec autorisa le curé à établir les Sœurs à la basse-ville.

Les classes commencèrent, ou du moins les Sœurs se rendirent à leur poste, au mois de juin 1691. C'est ce qu'affirme M. Glandelet dans le catalogue dont nous avons déjà parlé. Au reste, dans un document dont nous avons extrait les détails qui précèdent et qui est daté de 1691, le curé de Québec dit que les Sœurs font la classe à la ville depuis quatre mois '.

I. M. François Dapré, prêtre da Séminaire, fnt curé de Québec de 1667 à 1707.

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Le document en question avait été r^tgé par M. Dupré lui-m^mc, tant pour faire voir Tutilité de cet établiaie» ment que pour dissiper les craintes qu*on pouvait avoir à ce sujet, en certains lieux.

Les Dames Ursulines, en effet, n*avaient pas vn sans appréhension ces petites écoles s*ouvrir à la basse-ville. Leur institut n*en souffrirait-il pas? Ne verraient elles pas le nombre de leurs élèves diminuer ? Mais le curé de Québec ne partageait pas ces craintes, et, après avoir démontré Tim* possibilité où étaient plusieurs enfants de la basse-ville d*aller aux écoles de la haute-ville, il faisait remarquer que depuis quatre mois que les classes étaient ouvertes à la bssse-ville, les Dames Ursulines n'avaient perdu que trois élèves.

Les bonnes Mères ne tardèrent pas à comprendre qu'elles n'auraient pas beaucoup à souffrir de la nouvelle fondation.

Le bien opéré par la Congrégation Notre-Dame dans cette partie de la ville fut si considérable que plusieurs curés des environs de Québec demandèrent des Sœurs pour leurs paroisses. Ce fut là Tune des raisons qui donna à M" de Saint- Vallier l'idée d'établir à Québec, une maison de la Congrégation, distincte de celle de Villemarie.

Dans un voyage à Montréal, il s'en était ouvert à M. Glandelet, son grand-vicaire. Celui-ci ne parut pas tout d'abord favorable au projet, mais quelque temps après, ayant entendu de toutes parts les bonnes raisons que l'on donnait en faveur d'un établissement de ce genre, il changea d'opi*

l'obligaancc de Mf t P.-X. Pagny. curé de Qnélwc, de pooroir docament tiii|x>runt en appendice P.

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