‹ L'instruction civique a l'écoleChapitre 22 sur 105 · SOYONS FIERS DE NOS GRANDS HOMMES. — LA PATRIE EST LA GRANDE FAMILLE · texte numérisé non relu

SOYONS FIERS DE NOS GRANDS HOMMES. — LA PATRIE EST LA GRANDE FAMILLE

Mais ce n’est pas tout, ce n’est pas le principal. Nous avons ensemble étudié déjà un peu d’histoire de France et je vous ai montré tout ce que nos pères avaient souffert pour nous procurer le bien-être et la liberté dont

nous jouissons. Ils ont vaincu les tyrannies, repoussé les invasions, traversé les guerres, les massacres, les pestes*, souffert de grandes misères, où les hommes périssaient ou s’entretuaient, où le pain d’herbe était du luxe, et c’est avec tout cela, oui, c'est avec leurs l'armes, avec leur sang qu'ils ont édifié et cimenté la Patrie.

Ce n’est pas tout encore. Tu es fier, et tu as raison, de la croix d’honneur* méritée par ton grand-père sur le champ de bataille de Champaubert*, en défendant la France, et elle est pendue à votre cheminée. Thomas, que voilà, est fier aussi, et il a raison, de ce que son frère aîné vient d’avoir un prix d’honneur au lycée. Eh bien! de même, vous devez être tous fiers de tous les hommes de génie, de tous les hommes de bien qui ont illustré la grande famille française, c’est-à-dire la Patrie, de tous les héros qui sont morts pour elle.

Retiens bien ceci, ami Simon : quiconque insulte ta Patrie, insulte ta mère. Et si l’on insultait ta mère, tu serais comme un petit lion, je te connais bien. Quiconque te prend un concitoyen par la force des armes te vole un frère, et ton devoir est de tout préparer pour sa délivrance, si tu n’es pas assez fort pour le défendre. Il y a plus : de même que ta famille tout entière te doit être plus chère qu’un seul de ses membres, de même tu dois chérir ta Patrie, qui est ta grande famille , plus que ta famille elle-même. Et la loi militaire a raison de t’enlever à ta mère pour te donner à ta Patrie. Ta mère pleure, et nul ne pourrait l’en blâmer; mais elle doit reconnaître que le sacrifice est juste.

On dit quelquefois : un tel est Bourguignon, un tel est Breton, un tel Alsacien, un tel Gascon, etc. Cela n’est pas mal. Mais il faut surtout dire qu’ils sont tous Français. Ces populations ont toutes mis du leur pour constituer la grande nation ; aujourd’hui, elles y sont confondues. Aussi, quiconque attaque l'une, attaque la France tout entière. Si l’ennemi envahit la Provence, les gens de Bretagne ou de Flandre ne diront pas : Cela

30 l'instruction civique a l’école

est tropioin , cela ne nous regarde pas. C’est comme si, quand quelque chose te blesse le pied, ta main disait : Gela êst tropioin, cela ne me regarde pas. Non ; ils sentiront l’injure, et ils se lèveront pour défendre leurs frères, comme ta main pour protéger ton pied blessé.

doüziêMè Leçon

c’est un honneur de servir son pays.

Page 1