TOUT LE MONDE PROFITE DE L'IMPÔT
— A côté des routes, il y a les canaux ; et si vous alliez dans les grandes villes de nos côtes, au Havre, à Marseille, vous y verriez d’immenses ports, avec des
l’instruction civique a l’école
quais, des jetées*, des phares*, qui ont coûté bien cher à construire, et que l’on agrandit continuellement. Qui doit payer tout cela?... Ah! voilà Pierre qui veut répondre.
— Monsieur, ce sont les gens de Marseille et du Havre. Nous autres, qui sommes loin de la mer, nous n’avons pas besoin de ports.
— Tous croyez cela? Voyons, raisonnons, un peu*
Qu’est-ce que vous avez mangé ce matin, avant de venir à l’École?
— Du café au lait, monsieur.
— Bon ; et avec quoi est faite la blouse que vous avez sur le dos?
— Avec du coton, monsieur.
— Et d’où viennent le café, le coton, et le chocolat, et le quinquina, et le poivre, et l’acajou?
— Monsieur, vous nous l’avez dit en faisant des leçons de choses : presque tout cela vient de l’Amérique, de l’Inde, et des colonies.
— Bien. Autre chose. Je demandais justement il y a deux jours à votre père à qui il vendait les vins qu’il
l’impôt
achète aux vignerons de ce pays-ci ; et il me répondait que, depuis quelques années, il en envoie beaucoup en Angleterre.
Eh bien ! maître Pierre, par où passent le coton qui arrive d’Amérique et le vin qui s’en va en Angleterre? Par les ports, n’est-ce pas? Et s’il n’y avait pas de ports, nous n’aurions pas de coton et nous vendrions moins bien notre vin. Vous voyez bien que nous avons intérêt, au moins autant que les gens de Marseille et du Havre, à ce que leur port soit bien entretenu, et qu’il est juste que nous payions tous pour cela quelque petite somme, quelque impôt.
Voyez-vous, mes enfants, c’est comme cela partout, dans un pays bien organisé. On a intérêt atout, et le plus souvent on ne s’en doute pas.
CINQUIÈME LEÇON
l’impôt sert aussi a construire des monuments utiles,