TELS QUE LES ÉCOLES, ETC
— On a construit à Paris et dans quelques autres points de la France, de grands bâtiments où des savants passent leurs jours et leurs nuits à regarder dans le ciel avec des lunettes. Cela coûte gros à bâtir et à entretenir. C’est l’impôt qui paie, et il y a des gens qui, s’ils savaient cela, diraient comme Pierre tout à l’heure : il n’est pas juste que nous payions pour tous ces savants, qui ne nous servent à rien.
Eh bien, l’année dernière, au printemps, vous vous rappelez bien la grande inondation ? Il y a eu beaucoup de dégâts, mais personne n’a péri, et l’on a sauvé les bestiaux. C’est que, la veille, monsieur le préfet nous avait envoyé une dépêche du général de Nansouty, un vieux brave, qui, après s’être bien battu contre les Prussiens, passe sa vie dans la neige à 2,800 mètres en l’air, au Pic du Midi*, à observer le ciel ; et le général lui annonçait qu’il allait y avoir une grande fonte de neige
l’instruction civique a l’école
dans la montagne, et que tous les torrents allaient déborder. Alors on a pris ses précautions.
Yoilà à quoi sert l’impôt, et à bien d’autres choses utiles. Essayez de ne plus payer l’impôt pour les gendarmes, les prisons et les juges, et vous verrez si l’on serait tranquille : il faudrait toujours avoir le fusil au poing.
Et l’impôt pour les écoles ! Et l’impôt pour les postes! Et tous les autres !
Si l’on supprimait d’un coup tous les impôts et tous les services qu’ils rendent, ce serait une destruction de toutes choses et une désolation universelle. On se dépêcherait de les rétablir. Voyez-vous, il n’y a que les sauvages qui ne paient pas d’impôts : aussi ils vont tout nus, couchent en plein air, sont à moitié idiots, mangent quand ils peuvent, et le plus fort assomme les autres, sans se soucier des réclamations. Mais une réunion de braves gens, travailleurs, intelligents et économes, une société civilisée, comme on dit, ne peut exister sans impôts .
SIXIÈME LEÇON
TOUT LE MONDE DOIT PAYER L’iMPÔT. — LES CONTRIBUTIONS DIRECTES.
— Maintenant, qui paiera l’impôt ? Tout le monde, je vous l’ai dit. Mais tout le monde également? Ce ne serait pas juste. Un ouvrier qui n’a que ses bras pour nourrir lui et sa famille ne doit pas payer autant qu’un commerçant ou qu’un propriétaire. Gela tombe sous le bon sens.
La justice, c'est que chacun paie en proportion de sa fortune. Celui qui n’a rien du tout ne paiera rien; celui qui est deux fois plus riche qu’un autre, paiera deux fois plus que lui.
Mais c’est ici que le difficile commence. Par quel moyen connaître la fortune des gens?
l’impôt
On a commencé par le plus facile, par la terre, les 3rés, les bois, les vignes, etc. On a estimé toutes les paicelles, dans un immense travail appelé le cadastre , et on a dit aux propriétaires de ces parcelles : votre propriété vaut tant , vous paierez tant tous les ans. Puis on s’est adressé à la propriété bâtie, aux maisons, et 1 on a fait le même raisonnement.
On a ainsi obtenu ce qu’on appelle la contribution foncière» C’est la plus facile à comprendre et aussi à établir.
C’est cette contribution-là que monsieur le Percepteur va venir toucher demain, et aussi d autres qu il serait trop long de vous expliquer aujourd’hui, et qu’on appelle contributions des portes et fenêtres , contributions 'personnelle et mobilière , contributions des patentes .
On appelle ces quatre contributions contributions directes, et c’est un mot que vous entendrez souvent prononcer dans le cours de votre vie. Moi, je les appelle contributions visibles. Et savez-vous pourquoi?
C’est parce qu’on les voit, c’est-à-dire que chacun sait ce qu’il paie pour elles, parce que cela est écrit sur un papier que vous envoie à l’avance le percepteur, de sorte qu’on peut faire ses réclamations s’il y a quelque erreur.
SEPTIÈME LEÇON