‹ L'instruction civique a l'écoleChapitre 50 sur 105 · RÉPUBLIQUE. — MONARCHIE · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE. — MONARCHIE

— Monsieur, vous ne nous parlez ni de roi, ni d'empereur ; il n’y en a donc pas en république?

— Allons, grands garçons, ne riez pas, et ne vous moquez pas de cet enfant. Vous auriez tort, d’ailleurs, car je pourrais vous montrer des pièces de monnaie sur lesquelles il y a écrit : République française, Napoléon I r , empereur . Mais c’était un mensonge de plus.

Non, mon petit Paul, il n’y a pas d’empereur ni de roi en République; qu’y feraient-ils, et à quoi serviraient-ils ? C’est le peuple qui décide ce qu’il faut faire, et cela marche très bien ; or, eux, ils ont la prétention de savoir tout mieux que le peuple et d’avoir le droit de lui commander, comme s’ils étaient faits d’une autre pâte que lui.

Alors, vous comprenez, ou bien ils font ce que le peuple demande, ou bien ils refusent. Quand ils refusent, le peuple se fâche, et il y a des émeutes, des révolutions, du sang versé.

Quand ils obéissent, ils ne servent à rien du tout , et il vaut bien mieux avoir un Président de la République, qui s’en va d’ailleurs tons les sept ans; tandis que le roi ou l’empereur a la prétention de rester là toute sa vie et même d'être remplacé par son fils, quand ce serait le dernier des imbéciles.

Et puis cela coûte terriblement cher , un roi ou un empereur. Généralement y on les paye une trentaine de millions par an. Savez-vous ce que cela fait, trente millions par an? Non, vous ne vous en faites pas une idée. Eh bien, tenez, regardez-moi ; je tâte mon pouls, comme font les médecins, et je le sens battre: une, deux, trois, etc., 60 fois par minute. Si, à chaque coup, il tombait une pièce de vingt sous devant moi, cela ferait un joli tas au bout de la journée, n’est-ce pas ? Eh bien, retenez ceci : nous sommes aujourd’hui le 19 octobre; s’il tombait ainsi devant moi, à chaque battement démon pouls, une pièce de vingt sons, le 19 octobre prochain, au bout d’un an, cela ferait 31 millions et demi, à peu près la solde annuelle d’un empereur.

Non, un peuple libre, qui sait ce qu’il veut, et qui a le suffrage universel, n’a pas besoin de roi ni d’empereur. C’est sa volonté qui fait la loi, comme c’est justice.

Yoilà, mes enfants, des choses bien sérieuses et un peu difficiles. Mais il n’y a rien de plus important. Et rappe-

l’instruction CIVIQUE, a l’école

Je/- vous bien ceci : Tout le monde, depuis le Président de la République jusqu'au simple citoyen , doit obéir à la loi issue du suffrage universel, parce quelle est la volonté de la £ rance.

ONZIÈME LEÇON

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