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LA COMMUNE. — LE CONSEIL MUNICIPAL

— Chaque commune est administrée par un Conseil municipal, nommé, lui aussi, par le suffrage universel. Les conseillers sont élus pour trois an* ; leur nombre varie suivant la population de la commune ; dans les plus petites, ils sont dix; ily en a quatre-vingts à P iris.

l’instruction civique a l’école

Le Conseil municipal discute et décide sur toutes les questions intéressant la commune. Il vote les fonds nécessaires pour l’entretien des rues, des chemins, pour l’acquisition, la construction et l’entretien des édifices communaux, comme la mairie, les écoles, les églises, les cimetières, les lavoirs, pour l’embellissement de la ville, l’éclairage, les eaux, etc. Il peut pour cela établir un impôt indirect qu’on appelle l’octroi, et par lequel on fait payer une certaine somme aux marchandises et aux denrées qui entrent dans la commune. Vous ne vous étonnerez pas, quand vous irez à la ville, que remployé de la barrière demande s'il n'y a rien à déclarer dans la voiture. Il peut aussi, à la façon du Conseil général, établir des centimes communaux sur les impôts directs. Tenez, voici le papier, ou, romme on dit, le bordereau de contributions que le percepteur m'a envoyé pour les biens que je possède dans cette commune. Je paye en tout, vous le voyez, 58 francs de contributions; et vous lisez dans ces trois colonnes que là-dessus il y en a : 32 pour l’État; 6 pour le département, et 20 pour la commune. C’est ce qui correspond aux centimes départementaux et aux centimes communaux.

Il se trouve que l’oncle de François qui habite la commune d’à côté paie aussi 58 francs de contributions : je lui ai demandé son bordereau pour vous le montrer. Vous voyez que là-dessus il ne paie que lu francs à l’État, et 3 au département, mais qu’il en paie 39 pour la commune. C’est parce que cette commune était en retard, n’avait ni chemins, ni maison d’école, et qu’il a fallu beaucoup dépenser ces années dernières, et emprunter de l’argent pour payer. Les 39 francs sont pour l’intérêt de cet argent. C’est le Conseil municipal qui a décidé ces travaux et cet emprunt.

Ainsi, vous le voyez, l’impôt communal, l’impôt départemental, et l’impôt d’Etat qui doit servir à entretenir l’armée et les grands travaux publics, sont toujours votés par des élus du suffrage universel.

Pour veiller à l’exécution de ses décisions, le Conseil municipal nomme un maire et un ou plusieurs adjoints, selon l’importance de la commune.

Le maire est un officier de l’état civil, c’està-dire qu’il tient les registres où sont inscrits , les naissances, les mariages et les décès. C’est de- : vant lui qu’on se marie.

Il n’y a pas de conseil de canton. Il y a bien un Conseil d’arrondissement, nommé au suffrage univer- | sel; mais il ne peut émettre que des vœux, ne vote au*

: cun impôt et n’a par conséquent pas grande importance.

A côté du préfet, se trouve un Conseil de préfecture, sorte de tribunal qui juge les contestations entre l’État et les particuliers, et spécialement les réclamations en matière d’impôts.

On va en appel des conseils de préfecture au Conseil d’État, qui siège à Paris, et qui joue, en beaucoup de matières, un rôle très important.

Outre les préfets et sous-préfets, le ministre de l’intérieur a sous sa direction l’Assistance publique, c’est-à-dire les hôpitaux de malades, les hospices de vieillards ou d’aliénés, la police, les prisons et quantité d’autres services.

QUATRIÈME LEÇON

LE MINISTÈRE DE x’iNSTRUCTION PUBLIQUE.

— Le Ministre de l’instruction publique

dirige les trois ordres de renseignement public. Car il y a trois ordres d’enseignement. D’abord l’enseignement primaire, comprenant les écoles maternelles , les écoles primeur es, les écoles primaires supérieures , les écoles normales primaires. Puis renseignement secondaire, qui se donne dans les collèges communaux , dans les lycées , et aussi dans certaines institutions libres. Enfin renseignement supérieur, qu’on donne dans les Facultés des lettres) des sciences , de médecine et de droit .

l’instruction civique a l'école

A la fin des classes de l’enseignement primaire, on peut obtenir, après un examen auquel je ne saurais trop vous engager à vous présenter, le certificat d’é*tudes primaires.

De même, les élèves de l’enseignement secondaire essayent d’être admis aux examens des baccalauréats.

L’examen du certificat d’études primaires.

Enfin les Facultés, où l’on ne peut être élève que si l’on est déjà bachelier, donnent les grades de la licence et du doctorat; c’est ainsi qu’il y a, par exemple, des bacheliers ès lettres , des licenciés es lettres et des docteurs ès lettres ; comme il y a également des bacheliers ès sciences) des licenciés ès sciences et des docteurs ès sciences .

Tous ces grades sont très utiles dans la vie , il y a bien des professions où l’on ne peut entrer, des fonctions qu’on ne peut occuper, si on ne les possède pas. Mais le principal c’est l’instruction primaire ; sans elle on n’est que la moitié d’un homme et d’un citoyen. Estce un citoyen tout entier, celui qui ne peut même pas lire

la profession de foi d’un candidat, ni inscrire son nom sur un bulletin de vote? Est-ce un homme tout entier, celui qui, s’il est commerçant ou industriel, ne peut tenir delivres de comptes, ni, s’il est agriculteur, lire le prix des denrées dans le journal? qui, s’il tombe malade, ou pendant le mauvais temps et les longues soirées

L’examen du doctorat ès sciences.

d’hiver, ne sait comment employer son temps, ne sait pas se distraire et ne peut pas s’instruire. L’instruction primaire que je vous donne ici, à l’école, n’est pas tout, tant s’en faut, mais c’est un commencement; elle vous donne envie d’aller plus loin, et vous permet de devenir de vrais citoyens.

Aussi, le gouvernement de la République, qui à intérêt à avoir des citoyens instruits et capables , tandis que les rois n’ont intérêt à avoir que des sujets obéissants, a décidé , en 1881, que l’instruction primaire serait gratuite, dans toutes les écoles publiques de France , et en 1882 quelle serait obligatoire pour tous les petits Français . C’est un grand bienfait et c’est justice.

l’instruction civique a l’école

CINQUIÈME LEÇON

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