MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
— Enfin, le Ministre des affaires étrangères
veille sur nos relations avec tous les peuples du monde. Si nos compatriotes ont des difficultés dans les pays étranger?,il prend leur défense.
Pour être renseigné, il a sous ses ordres des agents diplomatiques qui habitent la capitale des nations étrangères. On les appelle ambassadeurs quand il s’agit d’une grande nation comme l’Angleterre, l’Italie, les États-Unis, la Russie, etc., ou ministres plénipotentiaires, quand le pays est moins important.
Sous leurs ordres se trouvent des consuls, qui résident dans presque toutes les villes importantes du pays, et veillent particulièrement aux intérêts de nos nationaux*.
Naturellement, chaque nation, a, à son tour, un représentant, ambassadeur ou chargé d’affaires, qui habile Paris, et des consuls dans les villes où résident un certain nombre de gens du pays.
Supposons qu’il arrive une difficulté, et que., par exemple, un Français soit maltraité ou pillé au Brésil, notre ambassadeur à Rio-de-J aneiro va trouver le ministre des affaires étrangères Brésilien, lui expose les faits, et il obtient satisfaction le plus souvent. Sinon, il avertit notre Ministre des affaires étrangères, qui intervient auprès de son collègue du Brésil, et dans l’immense majorité des cas l’affaire s’arrange et justice est faite. Mais si le gouvernement étranger se montre tout à fait déraisonnable, alor on se fâche et il peut arriver que la guerre soit déclarée. Ainsi, en 1831, l’amiral Roussin, à la tête d’une flottille de guerre, est allé menacer de bombarder Lis-
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bonne, parce que le gouvernement Portugais n’avait pas voulu indemniser des Français qui avaient été maltraités dans ce pays-là.
Quand c’est l’agent diplomatique qui est insulté, la chose est bien plus grave encore, comme vous pensez. En 1827, le dey d’Alger a donné un coup d’éventail à notre consul ; cela a fini par la prise d’Alger, où nos soldats entrèrent en 1830.
En 1827, le dey d’Alger a donné un coup d’éventail à notre consul.
Et cela est justice. Quiconque insulte le représentant "de la France, ou refuse de rendre justice à un Français après ravoir maltraité, insulte la France . C’est comme êi l’ on arrachait le drapeau d’un régiment pour le traîner dans la boue. Cela ne peut pas se passer tranquillement. Autrement il n’y aurait à l’étranger aucune sûreté pour nos compatriotes, et tout le monde se moquerait de nous et nous insulterait.
Naturellement, nous devons chez nous, aux étrangers, le respect et la justice que nous exigeons , chez eux , pour les Français .
ÉTAT. — COMMUNES. — DÉPARTEMENTS. — ADMINISTRATION i05
Si vous allez dans les grandes villes et surtout dans les ports, vous y verrez des drapeaux étrangers sur des maisons où il est écrit: Consulat d’Espagne, Consulat de Belgique, etc.
Ces maisons doivent être sacrées pour tout le monde; y toucher, c’est risquer d’avoir la guerre avec ces nations, et une guerre injuste de notre coté. De même, à l’étranger, la maison sur laquelle flotte le drapeau tricolore est terre de France. Les Français sont là chez eux, et personne ne se permettrait de les y poursuivre et de les y maltraiter.
TREIZIÈME LEÇON
LES TROIS ESPÈCES DADMINISTRATIONS. — COMMUNES. — - DÉPARTEMENTS. — ÉTAT.
— Vous voyez, mes enfants, qu’il y a, en définitive, trois espèces d’administrations; la Commune, administrée par le Conseil municipal dont le Maire exécute les volontés; le Département, administré par le Conseil général, dont le Préfet exécute les volontés ; l’État, administré par le Parlement, dont le Gouvernement exécute les volontés:
Le Conseil municipal, le Conseil général, le Parlement sont nommés par le suffrage universel ; cela est vrai même pour le Sénat, puisque les électeurs sénatoriaux sont déjà des élus du suffrage universel. Chacun de ces corps peut voter des impôts, et eux seuls le peuvent.
Le Conseil municipal décide, nous l’avons vu, ce qui touche aux intérêts de la commune. Mais il n’est pas souverain; il a paru dangereux de laisser pleins pouvoirs à une assemblée qui, dans les petites communes, n’est pas toujours composée de gens assez instruits.
Aussi les délibérations du conseil municipal doivent, dans beaucoup de cas, être approuvées par le préfet, et quelques-unes même, par le Parlement.
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Le Conseil général a plus d’autorité et décide souverainement sur la plupart des questions d’intérêt départemental. Cependant ses délibérations peuvent, si elles sont contraires à la loi, être annulées par le Conseil d’État; et pour les grosses dépenses il faut l’autorisatio-n du Parlement.
Mais le Parlement est souverain, car per-
sonne n’est au-dessus de lui. Il y a cependant des choses qu'il ne peut pas faire. Ainsi, quand les tribunaux ont donné raison à quelqu’un, le Parlement ne pourrait pas lui donner tort. De même, le Parlement ne pourrait pas se refuser à payer les traitements ou les retraites des employés, ou les dettes de l’État.
Je ne saurais trop insister sur ces trois degrés: Commune, Département, État ; chacun a son rôle et son pouvoir.
Je vous ai dit ceux de la commune et ceux du département. A l’État, les grands intérêts généraux du pays : l'instruction publique, qui forme les citoyens; l’armée qui protège les frontières; la justice qui est la sauvegarde des intérêts de tous et de la tranquillité publique; les grands travaux publics qui sont une source de fortune pour le pays, les relations avec les nations étrangères qui garantissent la paix et l’honneur de la patrie ; les finances qui donnent le moyen de subvenir à toutes les dépenses.
J’espère que vous avez bien compris. Tâchez de retenir tous ces détails, qui sont assez nombreux, mais que tout citoyen doit nécessairement connaître. Nous allons maintenant passer à des choses plus intéressantes.
RÉSUMÉ
t . Il y a autant de ministères que de grands services publics ; rappelez-vous le nom de chacun : Intérieur, Instruction publique, Cultes, Justice, Guerre, Marine, Finances, Postes et télégraphes, Travaux publics, Agriculture,
Commerce, Colonies , Beaux-arts, Affaires étrangères.