‹ L'instruction civique a l'écoleChapitre 76 sur 105 · LA DIFFÉRENCE DE FORTUNE N’EMPÊCHE PAS L’ÉGALITÉ DANS LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

LA DIFFÉRENCE DE FORTUNE N’EMPÊCHE PAS L’ÉGALITÉ DANS LA SOCIÉTÉ

— Et il y en a qui ont eu la sottise de prêcher le partage des biens, pour arriver à l’égalité. Mais les malheureux ne comprenaient donc pas que si, par impossible, la loi établissait un jour cette égalité-là, elle serait tout de suite détruite, parce que le fainéant resterait pauvre, sur sa part de terre ? tandis que le travailleur s'y enrichirait .

Il y en a d’autres qui se fâchent parce que l’enfant du riche vient au monde riche, et l’enfant du pauvre, pauvre; parce qu’il y a des gens qui sont toujours obligés de travailler pour vivre, tandis qu'il y en a d’autres qui peuvent ne faire que tourner leurs pouces. Ils voudraient que tous les enfants fussent traités de même et qu’il n’y eût pas d’héritage *□

C’est encore une maladie de cervelle; car un père de famille qui travaille et économise pense à ses enfants encore plus qu’à lui-même. Et on aurait beau vouloir l’empêcher de bien élever ses enfants avec ses économies, de les faire instruire, de les aider dans la vie, de leur laisser après sa mort ce qui lui restera de biens et d’argent, vous pensez bien que cela serait impossible. 11 tombe sous le bon sens qu’on doit pouvoir faire ce qu’on veut de ce qu’on a gagné. Et chacun préférera le laisser à ses enfants, surtout s’ils se conduisent bien, plutôt qu’à des étrangers.

Il est tout aussi naturel qu’il y ait des enfants riches et des enfants pauvres qu’il est naturel qu’il y en ait do grands et de petits, de forts et de maladifs, de bêtes et de spirituels. Cela n’empêche pas l’égalité dans la société.

Car il y a égalité quand tous ces enfants peuvent arriver à la situation qu’ils méritent d’avoir, par leur travail, leur conduite, leur intelligence, leur instruction.

Et c’est ce qui existe chez nous, comme je viens de vous le démontrer.

Sans doute, tout n’est pas parfait. L’égalité devant l’impôt est un peu faussée par les impôts indirects, invisibles, comme je vous l’ai dit. Sans doute, l'homme üiche a plus de chances que le pauvre d’être nommé député, et son fils a plus de facilités que le fils du pauvre pour devenir ingénieur, général ou millionnaire. Mais tout cela n’est pas grand’ehose : avec le temps, on y trouvera remède.

SEPTIÈME LEÇON

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