Eug. Pelletan, Décadence de la monarchie , p
« peine de mort contre quiconque composait, imprimait , « colportait des écrits tendant à attaquer la religion ca- « tholique1. »
Est-ce la liberté individuelle?
D’abord il y avait les serfs, qui ne pouvaient quitter le sol, ni se marier, sans la permission du maître. Mais les gens libres eux-mêmes se voyaient tout à coup, sans
Les Dragonnades*.
savoir pourquoi, arrêtés, jetés en prison, et détenus parfois indéfiniment dans quelque bastille * en vertu d’un ordre du roi, d’une lettre de cachet.
Et croyez-vous que cette lettre d’où dépendait la liberté d'un homme, sa fortune, son honneur, ne fût délivrée qu’avec grand soin, comme font aujourd’hui nos magistrats pour le mandat d’arrêt *? Tant s’en faut! Le roi signait les lettres de cachet en blanc* , et ses ministres les donnaient ou les vendaient à leur fantaisie. Un seul ministre de Louis XV, Saint-Florentin, en a donné 50,000; les laquais du ministre en taisaient commercre. En 1770, un grand personnage, M. de Malesherbes,