Bonnemère, Histoire des paysans, t. LL, p
LA B-ÉVOLCXIiGN
Partout, oane remc outrait que mendiants par bandes L Pais, de temps en temps, oa tes ramassait par milliers, et Ton envoyait ramer aux galères tons ceux qui étaient valides, « encore qu'ils ne fussent prévenus d’aucun crime mi délit1 2 » .
Sans doute, la charité s’exercait : il y a toujours eu de braves coeurs, dans .tous les temps, dans tous les rangs, dans tous les partis. Il y avait bien des hôpitaux, dus le plus souvent à des fondations généreuses ; mais quels hôpitaux ! A l’Hôtel-Dieu de Paris, les malades couchaient huit dans le même lit, quatre par quatre, la tête aux pieds, et quand il en mourait un, les autres passaient la nuit à côté. « A Bicêtre, dit le premier ministre « Necker, j’ai trouvé dans un même lit neuf vieillards « enveloppés dans leurs linges corrompus. » Aussi les juges condamnaient quelquefois à tant d’années d’hôpital, eomme à de la prison.
Eh bien ! avais-je raison ? Tout ce dont nous jouissons aujourd’hui me nous vient-il pas de la Révolution ?
Allez, mes enfants., rappelez-vous-le bien, la Révolution,, pour nous autres, qui étions du pauvre peuple . c’a été la grand* bienfaitrice et la grande libératrice. Est-ce votre avis maintenant, ami Jules ?
— Oh! oui, monsieur. Mais...
QUINZIÈME LEÇON
QUI SÈME LE VENT RÉCOLTE LA TEMPÊTE. — LA RÉVOLUTION NOUS A DONNÉ LA LIBERTÉ, L’ÉGALITÉ, LA FRATERNITÉ.
— Mais quoi ?
— Mais, monsieur, M. de Du pont ville racontait que, sous la Révolution, on est allé brûler le château de M. de Saimt-Yriex, même qu’il n’en reste plus qu’une tour pleine de chouettes, et qu’à Paris on guillotinait beaucoup de monde tous les jours. Ce n’était p.as heau, tout de même.
1. En 1177, on comptait an France 1 20.0 000 mendiants. (Monte!!, Histoire des Frcmçaâs, t. X.