‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 104 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

raient présents. Si l'on rencontre dans l'égliso quelqu'un qu'on n'ait pas vu depuis longtemps, on ne s'arrêtera pas pour le saluer ni l'embrasser; mais on attendra pour cela d'être sorti. Si l'on est prié d'aider à chanter la messe ou les vêpres, il ne faut point être difficile à rendre ce service au curé; au contraire, on doit l'accepter comme un honneur, et s'y prêter de bonne grâce, pour favoriser les rapports de charité qui doivent exister entre les ecclésiastiques et les religieux. Lorsqu'il y a sermon ou bénédiction, ou .quelque exercice de piété en grand honneur dans le pays, il faut y assister quand on le peut, et s'informer d'avance des heures; si on ne l'a pu, on s'en excusera en montrant le regret qu'on en éprouve.

Lorsqu'on dit V Angélus, étant en compagnie, il faut le réciter posément, la tête découverte, à genoux ou debout, selon l'usage de l'Église, ou selon la pratique de ceux qui sont avec nous. On peut le dire même en marchant le long des chemins, ayant soin, si c'est possible, de se découvrir.

Pour ce qui regarde la nourriture, on doit, à moins d'une dispense, faire maigre dans les cas prévus par nos saintes constitutions. Les séculiers et même d'autres religieux nous presseront souvent de faire gras comme eux, disant que d'autres en ont fait autant ; que nous en avons besoin ; qu'ils n'ont pas autre chose de convenable à nous donner; que notre règle n'oblige point hors du couvent. Il faut les remercier poliment, leur remontrant que si quelques-uns de nos frères ont fait ainsi, c'est apparemment parce que, quoiqu'ils parusleft-^extériBurement se bien porter, leur ministère et leur santé leur en faisaient une nécessité, et qu'ils avaient sans doute une permission, ou même un ordre des supérieurs; que grâce à Dieu on ne se trouve pas dans la même nécessité, et qu'on se contentera aisément de ce que la charité voudra bien nous offrir, etc. La fidélité à ce point d'observance sera plus facile chez les personnes de qualité, car, étant intelligentes, gracieuses et complaisantes, elles ne veulent gêner personne à leur table; et après qu'elles ont offert plusieurs fois du gras au religieux,

elles se font un point d'honneur de lui laisser sa liberté et de louer sa vertu et sa régularité.

Si, pendant la récréation, on nous propose de faire une partie au jeu, il ne faut point généralement accepter cette offre , quand même on nous citerait des ecclésiastiques ou dos religieux qui ont jugé pouvoir faire autrement. Il y a pourtant certains jeux inoffensifs qu'on permet à ces derniers, sinon dans leur cloître austère, au moins à la campagne, pourvu que ceux devant qui on joue ne s'en scandalisent pas.

En se distrayant et en montrant sa complaisance, on observera d'avoir alors une humeur douce et tranquille; et si celui avec qui on joue est d'un caractère difflcile, au lieu de relever les paroles fâcheuses qu'il peut dire, on les prendra en bonne part; autrement le jeu ne serait plus un délassement ni un moyen de récréer ses forces et de glorifier Dieu. Qu'on prenne garde aussi de ne pas transformer la complaisance en passion, et de ne pas y employer des heures entières, au grand détriment de ses occupations et de ses exercices spirituels; on doit aussi éviter d'y prendre des postures ridicules, grotesques ou trop libres. Si , dans la société, certaines personnes jouent aux cartes, ou à d'autres jeux de ce genre, il ne faut point les suivre avec une sorte d'attachement; mais se tenir à l'écart et s'entretenir avec quelque autre groupe, ou se retirer dans sa chambre pour réciter des prières, ou aller faire quelques tours de jardin.

Un religieux ne doit jamais chanter que des hymnes d'église ou des cantiques sur la solitude, le mépris du monde, la vanité des honneurs, l'inconstance des plaisirs, ou^^3. motels pieux, mais jamais des airs d'opéra, des romances et des morceaux empreints d'un sentimentalisme profane. Si malheureusement on savait de ces sortes d'airs avant d'être religieux , il faudrait les ensevelir dans un éternel oubli.

Lorsqu'on est en conipagnie, on ne doit pas y parler dans une langue que tout le monde n'entend pas. Lorsque des personnes s'entretiennent en particulier, quand même elles seraient de notre connaissance, on ne doit

Page 1