‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 106 sur 361 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

soi-môriie, à moins d'une nécessité véritable; car, si c'était nécessaire, oh pourrait représenter avec respect et soumission ses raisons aux supérieurs, mais ensuite il faudrait attendre avec une parfaite résignation leur voloiité, et l'exécuter sans réplique.

Lorsque les supérieurs imposent quelque voyage par obéissance, il faut l'exécuter comme étant l'ordre de Dieu, à l'exemple du patriarche Abraham , lorsqu'il partit pour une terre étrangère au premier mot du Seigneur. Nous n'avons point de cité permanente sur celte terre d'exil, et nous cherchons celle que nous habiterons un jour, qui est la céleste Jérusalem. Un véritable religieux n'aspire que vers Dieu en ce monde, et comme Dieu est partout, il le trouve en quelque maison que les supérieurs l'envoient, pourvu qu'il y aille par obéissance et cherche le Seigneur seul, comme Abraham, dont la foi a été tant louée par saint Paul.

Avant dé commencer le voyage, on doit l'animer par des intentions surnaturelles, afin qu'il contribue à notre sanctification et non à notre dissipation. Pour cela, il faut l'offrir à Dieu, par amour et dans un esprit de pénitence, en acceptant d'avance, pour l'expiation de nos péchés et de ceux du prochain, toutes les peines et les fatigues inséparables d'une manière de voyager pauvre comme là nôtre. On doit aussi unir ses voyages à ceux que Jésus et Marie ont faits sur la terre, afin que par cette union ils soient plus méritoires.

On pensera chaque matin, et plusieurs fois par jour, à renouveler son intention, en disant souvent du fond du cœur: « Mon Dieu, je vous offre ce voyage pour votre amour, pour .fajra-^nitence de mes péchés, et je l'unis aux voyages de votre fils, liotre Sauveur Jésus-Ghrist. »

Le jour ou la veille du départ, il faut avoir soin de se confesser et de communier coinme en viatique; car pendant la longueur d'un voyage OU est si souvent exposé à de grands accidents, soit pour le corps, soit pour l'âme, qu'il est sage de se pi-émunir contre tout ce qui peut arriver. Quand on est sur le point de partir, on demande la bénédiction du supérieur, et s'il oublie de doiiner celle qui est marquée

pour les itinérants, on l'en fait ressouvenir. C'est au Prélat ou à un autre Père de la donner, selon les cérémonies prescrites.

On prendra garde de ne pas oublier son obédience, signée par le supérieur du couvent d'où l'on part, avec la date du jour qu'elle a été intimée, afin delà présenter aux supérieurs des couvents par où Ton passe, et de celui où l'on va demeurer. On se contentera pour la route de ce que le supérieur voudra bien nous accorder, et on le recevra avec reconnaissance, comme un pauvre de Jésus - Christ. Se plaindre serait perdre le mérite de la pauvreté ; ce viatique, du reste , fût-il insuffisant, la Providence né nous abandonnerait pas si nous avions confiance. Notre Père saint Dominique et les premiers religieux de notre Ordre, qui faisaient leurs voyages à pied, d'un bout de l'Europe à l'autre, sans aucune ressource, ont toujours éprouvé cette assistance de la divine bonté, et souvent d'une manière miraculeuse.

On ne doit porter avec soi que ce qui est absolument nécessaire : comme le bréviaire, les écrits utiles pour le ministère, quelques objets de vestiaire, etc. Avant do partir, on ira saluer le très saint Sacrement, pour offrir et recommander à Notre-Seigneur Jésus-Christ le voyage qu'on va entreprendre. En sortant du couvent, on dira l'antienne et l'oraison des saints anges, afin de les prier, surtout notre saint ange gardien, de nous préserver de tout fâcheux accident. Cette confiance est fondée sur nos traditions , car notre Père saint Dominique et plusieurs autres pieux religieux ont été assistés dans leurs courses apostoliques par les anges qui prenaient une forme visible pour les conduire. ^ ^

A peine en dehors de la ville, le premier soin sera de dire les prières de l'itinéraire. Tous les matins, après avoir fait son oraison , et être sorti du couvent ou de la maison où l'on a passé la nuit, il faut réciter les heures canoniales, y ajouter, si on le peut, celles du petit office, et ensuite faire quelque méditation en s' entretenant intérieurement de Dieu , de la passion de Jésus-Christ, ou de quelque autre sujet édifiant. Après cette méditation, on peut, pour se mettre en avance, dire un tiers du

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