‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 110 sur 361 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

chemin plus commode mon l. Si l'on est dans un couvent de l'Ordre, ou dans quelque autre qui veuille avoir la charité de nous souffrir, il est bon d'y resler tout le jour de la fêle, afin de l'employer à faire des lectures spirituelles, des prières particulières et d'autres œuvres de piété.

Lorsqu'on s'approche du lieu de son assignation , aussitôt qu'on peut l'apercevoir, il faut dire le cantique Te Deum laudamus, etc., avec l'oraison de la sainte Trinité, pour remercier Dieu de ce qu'il nous a conduit sans accident à l'endroit où il veut que nous travaillions à notre perfection. On peut ajouter le psaume Miserere mei Deus, avec l'oraison Deus cui proprium est misereri, etc., pour demander pardon à Notre- Seigneur des fautes qu'on a commises pendant le voyage ; et les litanies de la sainte Vierge, avec l'oraison Protège nos famulos, etc., pour la remercier de sa protection. Étant arrivé au couvent , il faut donner son obédience au supérieur, et recevoir, dès que cela sera possible , la bénédiction des itinérants.

On doit aussi aller à l'église le plus tôt qu'on le peut, afin d'y adorer notre sauveur Jésus-Christ, et réfléchir sur les paroles du psalmiste : Hœc requies mea, pensant que ce lieu de notre assignation sera peut-être le terme de notre pèlerinage dans ce monde; et que, par conséquent, nous devons prendre une ferme résolution d'y travailler efficacement à notre sanctification , par une exacte observance de nos vœux et de nos constitutions, jusqu'à la mort. Dès qu'on peut voir le Père Maître ou le Révérend Père Prieur en particulier, on lui remet le reste du viatique, si l'on a eu besoin de s'en munir, et toutes les lettres qu'on porte pour lui ou pour d'autres. On se contentera de la cellule qui nous a été destinée, sans en-ôhoisir ni en demander une autre, quoiqu'elle nous paraisse plus agréable ou plus commode. La cellule que le supérieur nous donne est le lieu que Dieu nous a marqué pour aller de là au ciel : E cella ad cœlum. (S. Bern.)

Une des grandes maximes qu'on doit observer et avoir toujours devant les yeux, quand on arrive au couvent auquel on est assigné , ou dans les autres couvents qu'on rencontre sur sa route, c'est celle des constitutions: ne parlez jamais des ab-

senis qu'en bonne part. Aussi quand on nous demande des nouvelles des religieux du monastère d'où nous venons, ou de ceux par où nous sommes passés, il faut en dire loul le bien que nous en savons, et taire tout le mal qui aurait pu j nous frapper. Si quelqu'un est assez imprudent et assez peu / charitable pour chercher à nous faire parler sur quelque imperfection ou quelque défaut qu'il sait ou croit exister dans un religieux, il faut tâcher d'excuser ce dernier. Malheureux ceux qui, sans aucun scrupule, blessent grièvement la charité par leurs médisances, et se moquent de presque tous les frères dont on leur demande des nouvelles. Outre qu'ils s'exposent au péché mortel, ils se rendent par là plus méprisables que ceux qu'ils déprécient. Il faudrait n'avoir ni honneur, ni éducation, ni bon sens, ni vertu pour se plaindre des couvents d'où l'on vient, et murmurer contre les supérieurs ou les autres religieux qu'on y a vus. Afin donc de ne pas perdre, à peine arrivé au lieu de sa résidence, le fruit et le mérite des fatigues de son voyage , on dira du bien de tout le monde, excepté de soi-même; et on s'appliquera à accomplir dans la perfection tous ses devoirs dès les premiers jours. C'est là ce qui importe; car c'est ce que nous avons promis à notre Dieu , qui veut être le terme bienheureux de noire exil et de notre pèlerinage en ce monde.

Ainsi soit-il.

ARTICLE V

Manière dont les novices doivent se comporter dans les repas qu'ils sont obligés de prendre avec les séculiers.

La défense de manger hors du couvent dans ie-pa-ys-eà-'' nous en avons un , est un des points de notre constitution les plus importants à maintenir. Car les repas chez les séculiers sont une grande occasion de dissipation pour les religieux, de mépris pour leur ordre, et de scandale pour le monde. En effet, quelle estime peut- on avoir pour un religieux dont la sensualité est prise sur le fait ? Si ce religieux veut faire l'enjoué à table, comme il n'arrive que trop sou-

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